<p>(SDH/LPI)</p>
L'économiste du groupe, Olivier Eluere, a publié hier sa note de conjoncture sur le marché immobilier français.
Les signaux ne sont pas encore tous au vert pour le marché immobilier français. L'économiste du groupe Crédit Agricole, Olivier Eluere, a publié hier sa traditionnelle étude trimestrielle sur le marché immobilier français. Si il prend acte au sein de celle-ci de signaux positifs, il reste toutefois prudent pour les mois à venir.
Il évoque une lettre reprise du marché de l’immobilier neuf, favorisé par une série de dispositifs: un PTZ élargi, et bien sûr le dispositif Pinel. Mais pour lui, il semble prématuré de parler d’une reprise durable du marché. “L’immobilier résidentiel reste affecté par des facteurs conjoncturels négatifs (croissance faible, chômage élevé, impact des mesures fiscales de 2012-2013, prix élevés et encore surévalués), même s’il bénéficie de fondamentaux favorables (démographie, effet retraite, valeur refuge, modèle de crédit prudent, bas niveau des créances douteuses)” indique l’économiste du Crédit Agricole.
Rebond plutôt que reprise
Aussi suggère-t-il de changer de sémantique. Au lieu de parler de reprise, il évoque plutôt un rebond. Il pense ainsi qu'une stabilisation, voire même qu'une petite baisse du marché pourrait se faire jour en 2016. Les volumes seront, pour lui, en baisse légère l'année prochaine. Pour l'année en cours, il pense que le marché devrait enregistrer une hausse des transactions de l'ordre de 10%.
L'un des facteurs ayant permis au marché de rebondir cette année a été le niveau des taux, extrêmement bas. Mais l'économiste ne voit pas cette situation durer ad vitam eternam. “Les taux de crédit devraient remonter peu à peu au cours des prochains trimestres, ce qui pourrait entraîner un certain attentisme et un tassement des ventes dans l’ancien” précise l’expert.
Il distingue en outre la tendance du marché immobilier neuf et celle du marché immobilier ancien. Dans le neuf, il table sur une remontée des volumes de 17% en 2015 et de 8% en 2016. Dans l'ancien, il table sur une remontée de 10% des volumes cette année, et sur une baisse de 1% des prix par an.
Taux bas
L'économiste indique que deux facteurs expliquent la remontée du marché cette année: les taux de crédit habitat proche de leur plancher et le plan de soutien significatif annoncé l'année dernière pour le logement neuf. Mais les autres facteurs sont plus mitigés: la croissance économique reste faible et le chômage élevé. Les effets des mesures fiscales 2012-2013 continuent à peser négativement sur la demande, notamment celles concernant les plus-values immobilières. En outre, il considère toujours les prix de vente comme surévalués. Pour l'expert, ceux-ci étaient encore surévalués de l'ordre de 0 à 5%début 2015.
Pour l'économiste, les conditions d'une vraie reprise ne sont pas réunies. En observant les cycles immobiliers passé, 2 conditions sont nécessaires pour une reprise durable du marché. Il faut ainsi que les prix sont au plus bas, mais aussi que la croissance économique soit de retour. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
