Le Front national veut une Région Auvergne-Rhône-Alpes allégée

Christophe Boudot , tête de la liste Front National en Auvergne-Rhône-Alpes ( photo Front National)

Christophe Boudot, tête de la liste Front National en Auvergne-Rhône-Alpes (photo Front National)

Réduction du budget régional, réduction de la fiscalité sur le carburant et la carte grise, maîtrise des effectifs, Christophe Boudot, tête de liste du Front national aux élections régionales des 6 et 13 décembre entend rééquilibrer l’utilisation de la voiture et du train, renoncer au Lyon Turin et laisser davantage de liberté en matière de foncier.

Il est question de proposer un poste de vice-président délégué : le proposerez-vous ?

Non, car nous sommes contre l’inflation du nombre des postes et donc des dépenses de fonctionnement.

On peut légitimement penser que depuis l’annonce de la réforme territoriale par l’exécutif, vous avez une idée très précise de la manière dont vous allez gérer la réorganisation du fonctionnement de la région, mais aussi l’évolution des moyens humains et de la masse financière. Quelles sont les évolutions budgétaires qui seront soumises au vote pour le budget 2016 ?

En cas de victoire du Front National aux élections régionales, nous nous engageons à baisser les dépenses de fonctionnement au profit de l’investissement. Concrètement, nous ne licencierons aucun agent territorial rhônalpin ou auvergnat, mais l’inflation du nombre des postes sera stoppée. Par ailleurs, nous baisserons le budget de 60 M€ dès la première année. Nous baisserons également de 10% les taxes sur les carburants (TICPE) et de 10% les taxes sur la carte grise des véhicules. Nous financerons ces baisses en mettant fin aux dépenses clientélistes actuelles et en recentrant la politique régionale sur les compétences propres de la Région : le système actuel des subventions en matière de politique de la ville, de relations internationales, de culture et de développement durable sera mis à plat.

Quelle valorisation pour le parc immobilier de la région, et notamment celle visant les deux actuels sièges des Régions Auvergne et Rhône-Alpes ?

Nous déplorons le manque de vision et de cohérence de la politique de la gauche qui a pour résultat deux sièges flambants neufs pour une seule et même future Région. Pour limiter les dépenses publiques et pour augmenter l’efficacité politique, nous pensons qu’il n’y a pas d’autre choix que d’organiser les Assemblées plénières, commissions et Commissions permanentes à Lyon, siège de la future grande Région. Mais pourquoi ne pas déconcentrer certains services dans le siège à Clermont-Ferrand ?

Quelles relations comptez-vous entretenir avec les métropoles de Lyon et de Grenoble? Craignez-vous que la naissance de cette nouvelle entité diminue le poids de la région ?

Nous aurions préféré que la loi NOTRe permette de diminuer le mille-feuille administratif, de baisser les dépenses publiques, de clarifier les compétences des uns et des autres, et de rapprocher les Français de leurs institutions. Or, actuellement, c’est le contraire. En attendant la grande réforme territoriale initiée par Marine Le Pen et le Front National après 2017, nous entretiendrons de bonnes relations coopératives avec les métropoles.

Quelle seraient vos préconisations en matière de TER ? Doivent-ils se limiter aux trains ?

Selon les résultats d’une enquête initiée par l’Exécutif rhônalpin de gauche sur les déplacements 2012-2014, seuls 6% de la population de plus de 11 ans utilise les TER (essentiellement ferroviaires) pour une portée moyenne de seulement 5,9 km. Pour rendre justice au reste des 94% de la population, nous voulons proposer des alternatives au « tout ferroviaire » : nous accorderons autant d’attention aux automobilistes qu’aux TER, sans négliger l’un ou l’autre.

Quelle ligne directrice comptez-vous appliquer en matière de transports ?

Notre ligne directrice sera : développer les transports ferroviaires, proposer des alternatives au « tout ferroviaire » (fluvial, routier), corriger les erreurs de la gauche.

Quelle est la position de votre liste sur l’A45 ?

S’il n’y avait pas un taux de chômage très élevé à Saint-Etienne, cette question ne se poserait pas, et les Stéphanois travailleraient chez eux et non à Lyon. Mais ce n’est pas le cas. L’actuelle A47 entre Lyon et Saint-Etienne présente donc un trafic très élevé. Elle n’a plus les capacités de garantir un trafic fluide et les bouchons sont donc quotidiens. Le trafic TER entre les deux villes est également saturé et ne permettra plus de soulager significativement l’A47. De plus, elle est très dangereuse. La construction de l’A45 est donc incontournable.

Quelle sont vos orientations en matière de Fret ferroviaire ?

Nous voulons que le projet pharaonique du Lyon-Turin soit abandonné. De plus, nous travaillerons à l’élimination de la saturation du Nœud ferroviaire lyonnais , élément premier pour résoudre tous les autres problèmes du réseau ferré régional et rendre la fluidité aux flux Nord-Sud. D’où, entre autres, notre soutien au contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL), à la ligne à grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône jumelée dans le sud à la LGV Lyon-Valence. D’autre part, nous soutiendrons le développement des outils multimodaux.

Comment dynamiser l’agriculture et l’élevage en Rhône-Alpes, notamment en zone montagnarde ?

En attendant le remplacement de la Politique agricole commune (PAC) par la Politique agricole française (PAF), initiée par Marine Le Pen et le Front National après 2017, voici nos propositions : le maintien de la paysannerie en zone montagnarde sera soutenu par une politique de revitalisation du tissu rural. Les agriculteurs et éleveurs seront au centre de ce dispositif et non pas seulement considérés comme simples producteurs de nourriture : leur contribution à la sauvegarde du patrimoine, des traditions montagnardes, des activités touristiques et de l’environnement sera reconnue. Nous multiplierons par trois le budget régional qui leur est consacré. De plus, nous valoriserons les filières de proximité.

Quelle place la Région doit-elle avoir en matière de politique foncière ? Jugez-vous la politique actuelle en la matière adaptée aux situations diverses que peuvent rencontrer les territoires?

La politique régionale actuelle en matière foncière n’est adaptée ni aux collectivités locales ni aux habitants qui la rejettent en grande majorité. Nous proposons de lever les restrictions foncières existantes qui se font en dépit du bon sens. Dans les territoires ruraux notamment, nous refuserons la réduction drastique du nombre de terres constructibles. Nous ne dicterons plus ni aux agriculteurs, ni aux entrepreneurs, ni aux maires, les règles de bonne gestion de leurs territoires.

 






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