Jean-Charles Kohlhaas veut une région proche des territoires

Jean-Charles Kohlhaas, tête de liste Rassemblement citoyen écologiste et solidaire, veut une Région prenant plus dinitiatives, proche des territoires, engagée dans le développement des TER, de lintermodalité, du fret ferroviaire, et dune agriculture renforçant les petites exploitations, surtout en montagne.

Il est question de proposer un poste de Vice-président délégué : le proposerez-vous ?

La proposition de la création du poste de Vice-président délégué a été faite par le Parti Socialiste pour arranger son partenariat électoral avec le PRG dans la région Midi Pyrénées / Languedoc Roussillon. Une curieuse manière de se préoccuper de la gouvernance des Conseils régionaux.... Pour le Rassemblement, plus que la question d'un vice-président, c'est la gouvernance de l'exécutif régional qu'il faut ré-interroger. L'exécutif doit fonctionner de manière collégiale en lien permanent avec les commissions et leurs bureaux. Nous voulons mettre fin à l'hyper présidentialisme régional. Les décisions doivent être prises par les élus qui ont le souci de l'intérêt général, pas par les membres du cabinet du Président de Région.

On peut légitimement penser que depuis l’annonce de la réforme territoriale par l’exécutif, vous avez une idée très précise de la manière dont vous allez gérer la réorganisation du fonctionnement de la région, mais aussi l’évolution des moyens humains et de la masse financière. Quelles sont les évolutions budgétaires qui seront soumises au vote pour le budget 2016 ?

Cette réforme territoriale, décidée d'en-haut, a été mal conçue et est inadaptée. En suivant les logiques de mise en concurrence des Régions, elle transforme le Conseil Régional en simple portefeuille, sans initier un pas vers plus d'autonomie, ce qui permettrait pourtant d'adapter les politiques aux besoins de chaque territoire.

Elle suit également l'objectif inavoué et inacceptable de faire des économies en comprimant les services et en réduisant les effectifs régionaux. C'est une réforme qui va éloigner plus encore les élus et les services publics des citoyens et ça nous ne pouvons l'accepter !

Dans ce contexte, nous nous engagerons à assurer la présence des services régionaux sur l'ensemble du territoire. Une partie des services devra bien entendu être redéployée mais notre ambition est à l'inverse d'une centralisation vers la métropole lyonnaise. Notre logique sera celle de l'égalité des territoires et d'une adaptation des moyens régionaux aux spécificités des bassins de vies. A ce titre, la création de 10 nouveaux Pôles Territoriaux de la Coopération Économique permettra des transferts de services adaptés aux diverses situations géographiques.

Quelle valorisation pour le parc immobilier de la région, et notamment celle visant les deux actuels sièges des Régions Auvergne et Rhône-Alpes ?

Les Régions Rhône-Alpes et Auvergne ont fait construire deux nouveaux sièges que la réforme territoriale remet aujourd'hui en question. Il va donc nous falloir être innovant pour éviter le gaspillage d’argent public et faire de ces bâtiments des outils au service de la politique régionale.

Cela se traduira dans un premier temps par le maintien du personnel régional dans le siège d’Auvergne. C'est un élément fondamental pour assurer l’égalité entre les territoires et une répartition juste des services sur l’ensemble de la Région.

Par ailleurs, la vente de l’ancien siège de la région Rhône-Alpes situé à Charbonnières est une priorité. Le maire de la ville qui a jusqu'à alors bloqué le permis de construire parce qu'il refuse la construction de logements sociaux, doit être mis face à ses responsabilités. Le plan d’aménagement du site qui prévoit la construction de locaux d’activités et de logements sociaux sera défendu sans relâche par le Rassemblement. Cette vente bénéfique pour la Région permettra de contribuer au logement et à l’emploi, deux priorités pour nos concitoyens.

Enfin, les lycées, aujourd'hui propriété de la Région disposent de foncier non utilisé. La Région qui a déjà, sous l'impulsion des écologistes, engagé d'importants travaux en matière d’économie d’énergie et d’accessibilité doit poursuivre une politique de réhabilitation et de valorisation de ce foncier. A ce titre, la construction de logements destinés aux jeunes à proximité des lycées constituera pour nous une priorité.

Quelles relations comptez-vous entretenir avec les Métropoles de Lyon et de Grenoble? Craignez-vous que la naissance de cette nouvelle entité diminue le poids de la région ?

L'équilibre des territoires constituera l'une de nos préoccupations majeures. Le développement des Métropoles ne doit pas se faire au détriment des autres territoires. D'ailleurs, les Métropoles sont dépendantes des territoires qui les entourent, notamment pour se nourrir ! C'est bien la Drôme et l'Ardèche qui remplissent les assiettes des lyonnais ou grenoblois. Ainsi, nous mènerons des politiques de coopération entre les acteurs des différents territoires. Nous pouvons gérer la Région en bonne intelligence, en répartissant les ressources de manière équitable. La logique de mise en concurrence et de recherche du rayonnement à tout crin n'est pas la nôtre !

 Quelle seraient vos préconisations en matière de TER ? Doivent-ils se limiter aux trains ?

Nous travaillerons sans relâche à l'amélioration des trains du quotidien qui accompagnent chaque jour des milliers de Rhônalpins et d'Auvergnats dans leurs déplacements. Pour améliorer la qualité de service, augmenter la régularité des trains et développer les lignes qui souffrent aujourd'hui d'un manque cruel d'investissements, il faudra être ambitieux et mener le bras de fer avec la SNCF, qui abandonne depuis des décennies ses réseaux secondaires au profit du tout TGV.

La future convention qui liera la Région à la SNCF devra intégrer que les trains facturés à la Région sont bien des trains qui ont roulé. Elle devra instaurer une garantie voyageur et indemniser les usagers en cas de non-respect des objectifs mensuels de régularité. Elle devra enfin soumettre des objectifs de moyens pour garantir la qualité de service en gare et dans les trains.

Mais pour faire face au désinvestissement croissant de la SNCF, il faudra aller plus loin. Si la direction de la SNCF abandonne certaines lignes, la Région créera un opérateur ferroviaire régional public et assurera la continuité et le développement du service public. C'est possible, dès aujourd'hui. Cela permettra à la future Région de rentabiliser ses investissements sur l'infrastructure et aux voyageurs de bénéficier d'un service performant et de qualité.

Pour constituer une réelle alternative à la voiture individuelle, les TER devront également être moins coûteux. Comme la Région l'a déjà engagé à travers le Pass Illico-Solidaire destiné aux bénéficiaires de minimas sociaux, nous poursuivrons les efforts en matière de tarifs en proposant pour l’usager occasionnel et les familles des offres attractives.

Enfin, pour les territoires les plus éloignés des gares, le TER ne peut être l'unique réponse. Ainsi, nous développerons également toutes les alternatives à la voiture individuelle, par une intermodalité renforcée (transports en commun routier, auto partage, co voiturage, taxis collectifs, modes doux…).

 Quelle ligne directrice comptez-vous appliquer en matière de transports ?

Notre projet en matière de transports est clair et fait face aux enjeux cruciaux de la période, qui sont écologiques, sociaux, économiques. Parce que les inégalités d'accès en matière de transports creusent les inégalités sociales, et parce-que l'urgence écologique l'exige, chaque habitant d'Auvergne Rhône-Alpes doit pouvoir disposer d'une solution de transport en commun à moins de 10 minutes de chez lui. C'est notre engagement et c'est possible !

Au tout TGV qui gouverne actuellement nos politiques de transport, nous répondons que les réseaux secondaires qui maillent nos territoires doivent être prioritaires. Ainsi, nous prioriserons tout d'abord le développement des TER, parce qu'ils constituent le moyen de transport de nombreux travailleurs Auvergnats et Rhônalpins.

En ce sens, le développement de lignes aujourd'hui nettement délaissées et le traitement des points de saturation tels que la Gare Part Dieu et les lignes Lyon-Chambéry, Lyon-Grenoble constituera notre premier chantier. Par ailleurs et parce-que nous croyons que le TER peut constituer une réelle alternative au tout-routier, nous rétablirons plusieurs liaisons régionales telles que la rive ardéchoise du Rhône, Lyon-Trévoux, Bourg-Bellegarde-Gex…

Nous organiserons également les réseaux de transport en développant l’intermodalité par le renforcement des Pôles d'Echanges Multimodaux et le développement d’un réseau de cars plus performant dans les zones rurales. La coordination horaire et le maillage territorial des réseaux de cars devront être systématiquement pensés en corrélation avec l’offre ferroviaire.

Enfin, afin de lutter contre le transport de marchandises par camions qui pollue nos vallées, la Région soutiendra le développement de la navigation fluviale de fret, notamment sur le Rhône, et s'engagera clairement dans le déploiement de services de fret ferroviaire. Les infrastructures ferroviaires sont sous utilisées pour le fret aujourd'hui en Rhône-Alpes Auvergne, c'est inacceptable !

 Quelle est la position de votre liste sur l’A45 ?

Nous sommes opposés à son financement par la Région, mais au-delà, nous sommes aussi opposés à sa réalisation. Celle-ci nuirait au développement des TER entre Lyon et Saint-Etienne, dont la capacité peut être fortement augmentée. Par ailleurs, il est urgent de requalifier et de sécuriser l'autoroute actuelle, l'A47, pour un budget huit fois inférieur à celui prévu pour l'A45. L'argent public est prétendu rare. Chaque euro investi par les collectivités doit être efficace.

Quelle sont vos orientations en matière de Fret ferroviaire ?

La Région s'attellera à favoriser le développement du Fret ferroviaire et ce dès le début du mandat. Les infrastructures sont clairement disponibles à l'instar de la voie ferroviaire Dijon –Ambérieu-Modane-Turin, utilisée à moins de 20% de sa capacité. Il ne manque que la volonté politique pour organiser et développer le transport des marchandises sur le rail. Les transporteurs routiers le réclament et les taux de pollution de nos vallées l'exigent. Contre les logiques purement comptables et court-termistes qui gouvernent aujourd'hui la question du Fret dans les vallées alpines – rentabilisation du tunnel routier de Frejus oblige, nous défendrons l'intérêt général ! Ainsi la future Région créera un opérateur régional de Fret chargé d'organiser et de développer le transport de marchandises sur le rail à travers la région. Cela constituera à long-terme une opération bénéficiaire pour la Région et cela permettra de drastiquement limiter la circulation des camions en partie responsables des pics de pollution que nous connaissons depuis plusieurs années.

 Comment dynamiser l’agriculture et l’élevage en Rhône-Alpes, notamment en zone montagnarde ?

A l'occasion du Sommet Mondial de l'élevage, notre Rassemblement a lancé un appel au monde agricole pour une agriculture biologique et de qualité qui nourrit nos assiettes et ses agriculteurs ! Notre projet pour l'agriculture est à l'épreuve de notre temps. L'agriculture intensive qui a connu ses heures de gloire après-guerre est aujourd'hui à bout de souffle. Elle ne permet pas aux agriculteurs de vivre dignement, elle les pousse à s'endetter pour mener une course perdue d'avance et elle produit de la quantité au détriment de la qualité. La Région qui bénéficie d'une large compétence en matière d'agriculture a les moyens de réorienter l'agriculture en Rhône-Alpes Auvergne et dans les zones de montagne qui couvrent 70 % de son territoire.

Pour cela, elle devra en priorité accompagner les petites exploitations dans leur conversion au bio et favoriser l'émergence de marchés locaux par l'organisation et la structuration des filières d'approvisionnement. En la matière, l'approvisionnement de l'ensemble des lycées de la Région en bio et local constituera une priorité dès le début du mandat.

Par ailleurs, en zone de montagne ou les exploitations pastorales sont importantes, la Région comme elle l'a déjà engagé sous l'impulsion des écologistes, devra accompagner l'autonomie alimentaire des élevages permettant aux éleveurs de ne pas subir la spéculation sur les matières premières.

Enfin et parce que notre région est aujourd'hui reconnue comme une terre d'excellence, la Région devra poursuivre ses efforts pour faire reconnaître la qualité de ses produits à travers le développement des AOC/AOP et orienter les fonds européens dont elle a désormais la charge vers l'accroissement de ces filières d'excellence.*

Quelle place doit avoir la Région en matière de politique foncière ? Jugez-vous la politique actuelle en la matière adaptée aux situations diverses que peuvent rencontrer les territoires?

La loi portant nouvelle organisation territoriale réaffirme le rôle de chef de file des Régions en matière d’aménagement du territoire. La question du foncier est éminemment transversale. Elle renvoie à un certain nombre de grandes fonctions que les Régions doivent assumer (développement économique, logement, transports, énergie, agriculture, etc.).

Dans un contexte de raréfaction de la ressource foncière et de concurrence des usages du sol, nous affirmons que la Région se doit de veiller à la sobriété foncière et de convaincre ses partenaires de la nécessité d’inverser les tendances actuelles pour faire de l’extension urbaine l’exception, et du renouvellement urbain le principe général.

Si le cadre général existe, la question aujourd’hui est de savoir comment le tandem Région/intercommunalité se saisit à la fois du cadre national et du cadre régional. Il est  nécessaire que le sujet foncier soit réellement approprié par les élus locaux. Aujourd’hui, les Régions partagent avec les territoires, et notamment les intercommunalités, de multiples objectifs : maîtrise de la consommation de l’espace, reconquêtes des friches (industrielles, logistiques, commerciales), analyse de l’évolution de l’usage des sols, observation.

En 2011, sous l'impulsion des écologistes, la Région Rhône-Alpes s’est dotée d’une politique foncière qu’elle a révisé et fait évolué en 2014 pour mettre l’accent, en plus de la préservation des espaces naturels et agricoles, sur la lutte contre l’étalement urbain, le combat contre le déficit de logements et un meilleur équilibre des sols en secteurs de montagne. Cette politique devra être étendue à la Région Auvergne ou la question de la préservation du foncier agricole et des espaces de montagne représente un enjeu majeur.

Recueilli par Michel Deprost, Sylvain D'Huissel, et Jean-Baptiste Jacquet

 






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