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Les principaux courtiers en crédit immobilier ont présenté leurs grilles de taux. La stabilité des taux reste de mise, dans un contexte de forte production en début d’année.
Les taux de crédit immobilier ont peu varié pendant l’été, et n’ont pas encore opéré de mouvements d’ampleur en cette rentrée. En août, « les taux se sont (…) redressés, augmentant de 3 points de base pour s'établir à un niveau de 10 points supérieurs à celui d'août 2016 », a constaté l’observatoire Crédit Logement, publié chaque mois. Et les principaux courtiers en crédit immobilier ont embrayé et communiqué, en ce début de mois, leurs baromètres respectifs, lesquels montrent peu d’évolutions par rapport aux conditions appliquées en août.
« Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est plutôt calme ! », note ainsi Empruntis. « Au global, les taux mini et moyens restent stables. En effet, seuls deux taux mini (ceux accordés aux meilleurs profils d'emprunteurs) sont en mouvement : le premier à la baisse (le taux mini sur 7 ans diminue de 5 centimes atteignant 0,55%) et le second à la hausse (le taux mini sur 30 ans augmente de 1 centime à 1,96%) », détaille l’intermédiaire.
Attentisme
Le calme était ainsi, en début de semaine, plutôt le mot d’ordre chez ce courtier, qui n’assistait pas, comme ses confrères, à un afflux de grilles réactualisées. « Nous ne pouvons pas dire que les nouvelles grilles bancaires se bousculent », notait Cécile Roquelaure, la directrice de la communication et des études.
« Les emprunteurs semblent attentistes en ce début de 2e semestre 2017 », souligne en outre Cafpi. « Les annonces du gouvernement, les prix immobiliers qui repartent à la hausse, les taux de crédits dont l'avenir reste incertain, les incitent à patienter et attendre les mesures concrètes avant de se lancer dans leurs projets immobiliers », souligne-t-il. « Ce ralentissement du marché inquiète les professionnels, car la reprise n'aura lieu que si l'ensemble des conditions est en place… Les annonces pouvant provenir aussi bien de la BCE que du gouvernement laissent planer le doute sur les mois à venir ».
L’attentisme affiché ce jeudi par la Banque centrale européenne à l’occasion de la réunion de son Conseil des gouverneurs pourrait, en attendant, bien inciter les établissements bancaires à encore patienter avant de concrétiser de nouveaux mouvements dans leurs barèmes. Celle-ci a en effet remis à octobre sa décision quant à l’action à venir sur sa politique d’assouplissement quantitatif.
Un premier semestre record
Les banques disposent toutefois des moyens de temporiser sur le segment du crédit à l’habitat, extrêmement actif. Celles-ci ont en effet connu un premier semestre exceptionnel, avec un début d’année marqué par une production record. Selon Emprunt Direct, « le volume déjà important de production de crédit depuis début 2017 a permis à la plupart des banques d’être en ligne, voire de dépasser leurs objectifs commerciaux. De janvier à juillet, la production de nouveaux crédits à l'habitat des particuliers a en effet atteint 194 milliards d’euros en France, dépassant ainsi, sur 7 mois, le montant annuel des crédits produits entre 2010 et 2014 ».
Vers une plus grande sélectivité ?
On observe le même discours chez Vousfinancer.com. « Après un premier trimestre record et un premier semestre globalement dynamique, beaucoup de banques ont actuellement atteint, voire même dépassé leurs objectifs de production de crédit », indique Sandrine Allonier, directrice des relations banques de l’intermédiaire.
Selon elle, les banques pourraient ainsi faire preuve, au cours de la deuxième partie de l’année, de plus de sélectivité : « les banques ont beaucoup prêté en début d’année, atteignant pour certaines leurs objectifs annuels en seulement 6 mois. Dans le contexte actuel où elles anticipent une hausse des coûts de refinancement, ainsi que davantage de contraintes pouvant peser sur leur rentabilité, le risque est que certaines décident de ne prêter qu’aux clients les plus rentables, ceux avec lesquels elles pourront mettre en place une relation de long terme ».
