<p>(SDH/LPI)</p>
Après un bon début d’année, l’activité du marché du crédit tend à ralentir. Les taux, eux, restent stables, voire en légère baisse.
Le marché du crédit immobilier semble moins actif qu’en début d’année. Selon les dernières données de la Banque de France publié jeudi, la production de nouveaux crédits nouveaux en données corrigées des variations saisonnières de nouveau baissé, à un niveau de 15,1 milliards d'euros sur le mois d’août. Si l’on enlève de ce total les renégociations , la production mensuelle CVS fléchit à 10,7 milliards d’euros, après un montant de 13,8 milliards en juillet.
Les établissements bancaires semblent toutefois peu enclins à rendre plus actif ce segment de leur activité. En effet, ceux-ci ont connu un très bon début d'année, avec une production importante consécutive aux hausses de taux constatées sur le marché obligataire. Suite à celles-ci, les ménages, anticipant une hausse des taux de crédit immobilier, s'étaient empressés de concrétiser leur demande de prêt, et avaient, de fait, permis aux établissements d’enregistrer un début d’année record. Si bien que les banques n’ont pas, au deuxième trimestre et dans le courant de l’été, procédé à des offensives commerciales via des baisses de taux.
Des taux en légère baisse
Et au mois de septembre comme en ce début octobre, les choses ne semblent guère évoluer. Les banques ne font pas évoluer leur politique de taux, lesquels restent plus que jamais stables, voire très légèrement baissiers. Mais sans enregistrer de gain significatif de pouvoir d’achat immobilier, les ménages ne se pressent pas pour concrétiser leur projet, et les banques sont de facto confrontées à une baisse de la demande, comme en atteste la dernière enquête réalisée par la Banque de France sur la distribution du crédit. Depuis mai, le solde de cette enquête est négatif, avec un score au plus bas en août.
En octobre, on notera toutefois quelques baisses, selon les courtiers en crédit immobilier. « Les barèmes des banques reçus au cours des dernières semaines font état de légères baisses. Qui plus est, la situation notamment pour les banques est plus favorable qu’au début du printemps avec un marché obligataire qui s’est détendu depuis les élections présidentielles et qui leur permet de se financer moins cher sur les marchés entraînant par effet de ricochet une très légère détente récente sur les taux des crédits aux particuliers. Conséquence, aujourd’hui un taux moyen se négocie à 1,53% sur 15 ans, 1,74% sur 20 ans et 1,95% sur 25 ans soit toujours sous la barre des 2% pour la totalité des durées », note Meilleurtaux.com.
Faible activité en septembre
Selon Vousfinancer.com, une petite dizaine de banques, nationales et régionales, ont baissé leur taux, de 0,05% à 0,20%, notamment pour capter des emprunteurs plus attentistes ces dernières semaines… « Depuis le début de l’été, on constate une légère baisse de la demande, y compris en septembre, mois traditionnellement très dynamique pour l’immobilier… Dans l’attente des mesures du gouvernement, les emprunteurs ont été assez attentistes mais la tendance devrait désormais s’inverser… C’est dans ce contexte et dans l’objectif de maintenir un niveau d’activité soutenue que plusieurs grandes banques ont baissé à nouveau leurs taux en octobre… » indique Jérôme Robin, directeur général de Vousfinancer.
Mais les meilleurs taux, obtenus en agrégeant les grilles de l’ensemble des banques, ne baissent pas pour autant de 5 à 20 points de base. « Pour le deuxième mois consécutif, les établissements bancaires présentent quelques barèmes en baisse. La majorité de ces baisses concerne des banques qui étaient mal positionnées, ou qui se positionnent déjà pour l'année prochaine. D'autres établissements affichent des stagnations », précise pour sa part Empruntis.
Dans un tel contexte, les taux pourraient-ils évoluer dans les prochaines semaines de façon plus marquée ? Seules la politique des banques centrales et leurs implications sur les marchés semblent pour l’heure pouvoir avoir un impact sur les taux de crédit à l’habitat. « Les banques restent (…) dans l’attentisme, dans un contexte de moindre demande, et d’absence de visibilité sur le devenir de la politique d’assouplissement quantitatif de la BCE. Cette dernière devrait toutefois, en fin de mois, donner des précisions quant à la poursuite ou non de ses rachats d’actifs sur les marchés», table Alban Lacondemine, président d’Emprunt Direct.
