<p>(INSEE)</p>
Le territoire a ainsi gagné plus de 150.000 habitants supplémentaires entre 2015 et 2018.
La population de la région Auvergne-Rhône-Alpes continue d’augmenter. Le territoire a gagné 159.400 habitants supplémentaires entre 2015 et 2018 et sa population dépasse les 8 millions d’habitants, a indiqué ce jeudi l’INSEE. La Haute-Savoie, l’Ain, l’Isère et le Rhône tirent la croissance démographique de la région. Avec l’Île-de-France Auvergne-Rhône-Alpes est ainsi celle qui a accueilli le plus de population ces trois dernières années.
« Avec un accroissement de + 0,7 % par an, elle est au 3e rang des plus fortes évolutions relatives sur la période derrière la Corse et l'Occitanie », a indiqué l’institut statistique. Celui-ci précise que la part des seniors s’est accrue, comme partout en France métropolitaine. Mais la région demeure néanmoins plus jeune que la moyenne nationale, une caractéristique « entretenue par une natalité élevée et par le profil plutôt jeune des nouveaux arrivants dans la région ».
Il faut dire que le solde naturel est historiquement positif, le phénomène se vérifiant depuis 1975. Il y a donc plus de naissances que de décès dans la région. Par ailleurs, celle-ci bénéficie d’un solde migratoire positif, avec des arrivées de nouveaux résidents plus nombreuses que les départs. « La région bénéficie des deux moteurs de la croissance démographique de manière relativement équilibrée, ce qui ne se retrouve pas forcément dans d’autres régions comme l’Occitanie ou l'Île-de-France », indique l’INSEE dans sa note.
Auvergne-Rhône-Alpes se distingue par une mortalité relativement basse grâce à une espérance de vie élevée et une faible proportion de personnes de 60 ans ou plus. La natalité est élevée, au 3e rang national, du fait de la relative jeunesse de sa population, le nombre moyen d'enfants par femme y étant dans la moyenne nationale.
Fécondité en baisse
Des changements sont toutefois en train d’intervenir. « La fécondité est cependant en forte baisse depuis 2014, après avoir régulièrement augmenté entre 1994 et 2010. Conjuguée à l'érosion des effectifs de femmes âgées de 20 à 39 ans, il en résulte une diminution marquée de la natalité sur la période récente. Parallèlement, avec le vieillissement des babyboomers, la mortalité repart à la hausse ces dernières années. Dans ces conditions, le solde migratoire pourrait devenir le premier moteur de la croissance démographique régionale, voire le seul à moyen terme », indique l’INSEE.
Dans la région, les croissances de population les plus rapides se situent dans les départements de l'Ain et la Haute-Savoie, du fait d'un afflux migratoire très important, notamment dans les zones du Genevois, d’Annecy et de la périphérie lyonnaise.
Deux autres départements sont contributeurs : le Rhône (avec la Métropole de Lyon) et l’Isère. « C'est dans le Rhône que l'augmentation du nombre d'habitants est la plus forte. Cette progression est surtout liée à celle de l'aire urbaine de Lyon », note l’INSEE, avec comme moteur principal un solde naturel élevé et un solde migratoire qui s'est inversé de façon positive sur la période récente. « Avec sa population importante, l'Isère est historiquement le deuxième contributeur à l'augmentation de la population régionale. Mais du fait d'une attractivité amoindrie, le phénomène se ralentit », ajoute l’institut.
Solde migratoire partout positif
La Drôme est en croissance démographique plus rapide que la moyenne régionale, contrairement aux autres départements de la région, qui affichent sur la période récente des taux de croissance inférieurs. Leur dynamisme démographique s’essouffle du fait de la baisse du solde naturel. L’INSEE note toutefois que tous les départements affichent un solde migratoire positif, alors même que deux départements sont en décroissance démographique, à savoir l’Allier et le Cantal. « Dans les territoires ruraux éloignés des pôles, la population est plutôt en stagnation voire en baisse. Ainsi, la croissance du Puy-de-Dôme se concentre en périphérie de Clermont-Ferrand, en lien avec l'étalement de l'agglomération. Celle de la Haute-Loire est liée à la périurbanisation de Saint-Étienne et, dans une moindre mesure, du Puy-en-Velay », indique l’institut.
L’INSEE note qu’avant 1990, les soldes migratoires et naturels contribuaient tous deux à la baisse de la population de l’Allier et du Cantal. Depuis, ces départements accueillent davantage de nouveaux arrivants mais à cause du vieillissement prononcé de leur population, il y a de plus en plus de décès face aux naissances, surtout dans le Cantal. Seules les périphéries des villes enregistrent, dans ces départements, des hausses entre 2015 et 2018.

Le territoire a ainsi gagné plus de 150.000 habitants supplémentaires entre 2015 et 2018.