<p>Vue d'immeubles récents dans le quartier de Montreynaud (SDH/LPI)</p>
Le quartier en renouvellement urbain fait partie des quatre secteurs ciblés dans la convention signée en mars dernier par le maire avec l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU).
Le maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, Gaël Perdriau, avait signé en mars dernier une convention pluriannuelle signée en mars dernier avec l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Cette convention portant sur une période de 12 ans permettait notamment d'accélérer le renouvellement urbain dans quatre secteurs de la préfecture de la Loire, dont le quartier de Montreynaud.
Le quartier, qui a connu de profondes mutations suite au premier plan national de rénovation urbaine, disposait d’un bureau de police. Or suite à la mise en place de la police de sécurité du quotidien sur le territoire de la ville de Saint-Etienne, le commissariat de Montreynaud, qui compte une dizaine d'agents, va en perdre une part importante, ceux-ci devant être affectés à ce nouveau dispositif.
« Si on attendait depuis plus d’un an le fameux déploiement des forces de police sur la Ville de Saint-Etienne, nous attendions également les résultats concrets. En voilà un situé aux antipodes des effets d’annonce du gouvernement sur la sécurité du quotidien. En effet la décision de procéder à la dissolution du bureau de police de Montreynaud va dans le sens contraire », a indiqué Gaël Perdriau dans un communiqué. L’annonce intervient un mois après la remise du rapport de la commission d’enquête sur les moyens de force de sécurité présidé par Jean-Michel Fauvergue.
« Comment le gouvernement entend assurer la sécurité du quotidien si le lien entre les policiers nationaux et la population est rompu ? La disparition des patrouilles des policiers nationaux sur le quartier de Montreynaud va entrainer une dislocation du lien de confiance qu’ils avaient créé. Leur mission quotidienne était appréciée de la population. Ils rencontraient les habitants, connaissaient leur difficulté, visitaient les commerces, s’assuraient de la sécurité des nombreux chantiers et travaux. Leur présence assurait un sentiment de sécurité indéniable pour la population. Ils s’avaient apaiser les situations complexes et travailler en profondeur sur les difficultés du quartier », note le maire de Saint-Etienne.
Un oubli des quartiers, selon Gaël Perdriau
Le maire pointe un oubli des quartiers. « Cela est encore plus incompréhensible que c’est l’Etat qui a reconnu Montreynaud comme une zone de sécurité prioritaire (ZSP). La Police de sécurité du quotidien (PSQ) puis sécurité du quotidien (SQ), présentée comme la solution de proximité produit donc une conséquence inverse. Je l’avais d’ailleurs dénoncé dès la présentation en urgence de ce nouveau dispositif dont la mise en place repoussée à plusieurs reprises ne laissait rien augurer de bon. Nous en avons, malheureusement, la confirmation aujourd’hui. Je le regrette vivement.» Au départ, une quinzaine d'agents aurait dû être affectée au dispositif de sécurité du quotidien. Or les effectifs de l’unité devraient provenir au final d’un simple redéploiement.
Si le bureau de police restera présent sur le quartier, il n’aura plus pour tâche que de prendre les plaintes comme c’est déjà le cas dans le quartier de la Cotonne. Le maire craint donc que le redéploiement des policiers de Montreynaud sur une unité de police du quotidien ne se traduise par une distension du lien entre la police et les habitants. « On va donc se retrouver dans une posture où les agents de police nationale vont s’enfermer dans leur bureau brisant le lien population/ police sur le territoire. L'unité elle-même sera ventilée au profit du nouveau dispositif de sécurité du quotidien qui interviendra sur les différents secteurs dits sensibles de la ville à savoir, Montchovet, Cotonne, Beaubrun et Montreynaud ».
Le maire pressent que sans augmentation conséquente des effectifs, aucune mesure ne pourra porter ses fruits. « En agissant de la sorte, l’Etat ne fait que disperser ses moyens, je l’avais déjà dénoncé à l’époque. Il s’agit une fois de plus de la preuve d’un manque de compréhension du gouvernement avec les forces de l’ordre et les Français, premières victimes de ces incohérences gouvernementales. Alors que les élus locaux mettent en œuvre tous les moyens dont ils disposent pour améliorer le cadre de vie de leurs habitants, et ce en dépit des fortes contraintes budgétaires qui leur sont assénées depuis des années, l’Etat reste dans sa tour d’ivoire regardant les élus menant sur le terrain, au contact des habitants, la bataille de la tranquillité publique », conclut le maire.
