« Les données sont toutes, aujourd’hui, exhaustives »

Eric Verrax est le président du CECIM. Nous évoquons avec lui l’histoire de l’observatoire, et ses récentes évolutions.

Comment s’est créé le CECIM ?

Dans les années 65 à 70, la fédération nationale des promoteurs constructeurs réfléchit sur un problème de méventes. Or, il n’y a, à l’époque, pas de chiffres, tout est au doigt mouillé… Quand on veut en parler avec la municipalité, chacun a son avis, et on a pas d’élément. Ils vont donc créer un bureau de conjoncture au sein de la FNPC et ça tourne pendant quelques années, avec un homme remarquable, Georges Cotton. Et lorsque la FNPC va créer, avec la FNAIM et d’autres, le CECIM, on va nommer Georges Cotton président de celui-ci.

Il y a une longue période de rodage, au cours de laquelle on se demande quels éléments on demande. En revanche, dès le départ, les principes sont là, à savoir l’enquête auprès des adhérents, qui sont ceux de la fédération. Les adhérents donnent les informations et le CECIM rend les informations avec très peu de commentaires. C’est de la donnée brute très peu commentée, pas du tout interpolée.

Ce sont les premiers pas du CECIM dans les années 70… Comment va évoluer ensuite le CECIM ?

Ce qui va rester, c’est le système associatif, le système adhérents, données brutes, et le lien avec les promoteurs et la fédération. Ensuite, il y a quelques dates importantes jusqu’à aujourd’hui. A un moment donné, il va y avoir un rapprochement en termes de mesures avec la FNAIM Entreprises, pour connaître le marché de l’immobilier d’entreprise lyonnais et grand-lyonnais. Cela va se faire à plusieurs reprises, notamment à partir du début des années 2000, par un travail spécifique avec le Grand Lyon, pour connaître non seulement les flux, mais aussi le stock. Nous sommes le seul organisme, pour la FNAIM Entreprises, qui connaît le stock physique des bureaux, des locaux, des entrepôts logistiques.

La deuxième grande évolution, c’est le passage à l’informatique. Jusqu’à la fin des années 90, nous travaillions sur du papier millimétré… L’informatique a donc marqué un grand changement, tout comme l’arrivée de l’intranet, qui a permis aux professionnels de renvoyer directement leurs chiffres.

La troisième époque marquante a été la fin des années 2000, lorsque la fédération des promoteurs immobiliers a souhaité disposer, sur l’ensemble du territoire, d’observatoires. A partir de ce moment-là, une partie va être réalisée par Adéquation, une partie va être en lien avec la fédération nationale, notamment à Marseille et Nice, et une autre partie va être réalisée par le CECIM, notamment dans le quart nord-est de la France et le sillon alpin : Strasbourg, Lille, Besançon, Nancy, Reims, Dijon, Grenoble.

La dernière date assez importante, c’est en 2017. Lorsque je suis arrivé à la tête du CECIM, le principal reproche qui lui était fait était de ne pas être exhaustif. Nous sommes donc passés à l’exhaustivité : tous les territoires que nous observons, nous les faisons toujours à partir des adhérents - ce qui constitue à mon avis le socle le plus sécurisé d’information - mais nous le complétons avec le scraping, les information sur le permis, le téléphone.

Les données sont aujourd’hui exhaustives ?

Les données sont toutes, aujourd’hui, exhaustives. Nous avons mis en place l’exhaustivité en 2017, nous étions déjà exhaustifs en 2018, et on communique dessus en 2019.

Vous vous mettez donc en quelque sorte par ce biais à niveau par rapport aux autres observatoires…

En termes de méthodologie, c’est plutôt plus fort, parce que le fait d’être adhérent associatif crée un lien de fidélité, d’intégrité, que ne peut pas avoir un autre système. Les promoteurs en sont d’ailleurs conscients. 80% à 85% sont des chiffres adhérents. L’exhaustivité porte juste sur les 10 % à 15 % qui manquaient…

Vous travaillez également, pour la FNAIM, à la production de chiffres pour l’immobilier ancien. C’est une autre évolution ?

C’est une autre évolution, mais nous ne l’avons pas encore produite. Nous mettons en place l’observatoire et à partir de 2020, on devrait avoir des chiffres consacrés à l’immobilier ancien sur la Métropole de Lyon et Vienne.

L’objectif est d’avoir, sur ce territoire, des données fiables par secteur…

Oui, c’est ça. C’est le même système que celui utilisé pour les promoteurs. On peut ainsi tracer un périmètre, savoir ce qui s’est vendu, quand, combien, la surface et l’étage. Ça ne remplace pas le professionnel, et ça ne le remplacera sans doute jamais. Mais ça étaye et ça permet d’objectiver ce que celui-ci avait souvent compris.






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