Comment les rivières ont accompagné l’essor industriel de Tarare
FRANCHIR LA BERGE – L’essor de l’industrie dans cette petite ville de l’ouest rhodanien a été permis par l’exploitation des rivières la traversant.
L’eau est intimement liée à l’essor de Tarare, une petite ville de l’ouest rhodanien qui a su, pour se développer, exploiter au mieux ses rivières. L’industrialisation de la petite ville a en effet débuté il y un peu plus de deux siècles. D’un peu plus de 2.000 habitants au début du 19ème siècle, la population de Tarare a, en l’espace de quelques décennies, été multipliée par 8 pour atteindre près de 16.000 habitants dans le courant du Second Empire. L’essor de la cité est tout d’abord lié à l’introduction du travail de la mousseline par Georges-Antoine Simonet à Tarare au cours du 18ème siècle. Celle-ci y est fabriquée pour la première fois industriellement en 1750. Se développe par la suite, dans le courant du 19ème siècle, la fabrication de velours et peluches, sous l’impulsion notable d’industriels, comme Jean-Baptiste Martin. Le textile sera l’industrie majeure de la ville au siècle dernier, avec comme spécialités le voile et le rideau.

(DR)
Une industrie favorisée par les rivières
L’industrie textile a été, à Tarare, favorisée par la présence de deux rivières, le Taret et la Turdine, dont la qualité de l’eau a été l’un des facteurs de son développement. «Nous sommes sur des terrains plutôt granitiques. C’est une eau assez pure, peu calcaire, qui a intéressé les teinturiers, les ennoblisseurs, et c’est de là que s’est développé le tissage, puisqu’il fallait aussi laver les écrus... », explique Alain Servan, adjoint au maire de Tarare délégué à l’urbanisme, qui rappelle que le développement de l’industrie a aussi été favorisé par la construction, dès le début du 20ème siècle, du barrage de Joux, lequel a permis de disposer d’une réserve d’eau importante pour l’industrie textile.

Si ces deux rivières ont, à l’époque de la première révolution industrielle et de la machine à vapeur, largement contribué à l’essor économique de la ville, celles-ci sont pourtant peu visibles. Elles ont en effet été, au cours du 20ème siècle, recouvertes afin de favoriser la circulation automobile au coeur de vallées relativement étroites. Les rivières s’écoulaient pour l’une le long de l’actuelle rue Pêcherie, et pour l’autre en lieu et place des boulevards Lamartine et Voltaire. Leur confluent est lui aussi couvert, et toutes deux ont progressivement disparu du paysage tararien. « On utilise techniquement cette rivière, mais on l’a fait disparaître », note Eric Pierron, architecte conseil au CAUE.
Nouvelle visibilité
Mais avec la disparition des anciennes industries textiles, et la rénovation de la ville, la volonté de la ville a toutefois été, ces dernières années, de mieux valoriser ces cours d’eau en leur redonnant une certaine visibilité. Le Taret est ainsi de nouveau visible à proximité des nouvelles Halles. La Turdine est, elle, visible en aval du bâtiment des Teintureries rénové il y a quelques années (où se trouve le Ninkasi), ainsi qu’en amont de la ville, côté ouest. «Nous sommes en train d’aménager toute la rive, sur toute la zone ouest qui est en phase de reconstruction », souligne Alain Servan.
Le syndicat de rivière travaille actuellement, en liaison avec la communauté d'agglomération de l'Ouest Rhodanien (COR), sur le lit de la Turdine, afin de réguler un peu son débit, explique l’élu. Sera à terme réalisé un aménagement paysager en bord de rivière, accessible au public. « Le but est d’aller du barrage au centre-ville sur un espace agréable et visible », explique-t-il.

Pour l’heure, la qualité de l’eau continue d’être un vecteur du développement industriel de Tarare. Le Ninkasi y a installé depuis 2012 sa fabrique de bière et sa distillerie, l’eau de la Turdine provenant du barrage de Joux étant jugée par l’entreprise « parfaite pour le brassage et la distillation ». Après la bière, l’entreprise y développe du whisky. L’eau participe ainsi, d’une certaine façon, au renouvellement urbain de la ville.
» EVENEMENT PARTENAIRE : le CAUE organise l'exposition "Franchir la berge"
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