Le marché du crédit immobilier bousculé par le Covid-19

Dans un contexte de chute des ventes, les intermédiaires en crédit immobilier ont fait part, pour ce mois d’avril, de barèmes clairement orientés à la hausse.

Les intermédiaires en crédit immobilier ont fait part, pour ce mois d’avril, de barèmes clairement orientés à la hausse, dans un contexte de chute des ventes. « Depuis les mesures de confinement décidées à la mi-mars, le marché des transactions immobilières est, du fait de la fermeture des agences et des études notariales, à l’arrêt, impliquant l’évaporation de flux entrants sur le front des prêts à l’habitat », indique Emprunt Direct.

Réorientation

Certains réseaux bancaires ont par ailleurs réorienté leur action. « Outre la nette diminution de la demande, le marché du crédit immobilier subit un autre phénomène, à savoir une capacité de traitement bancaire affectée par la crise du Coronavirus, les effectifs des établissements ayant été adaptés en urgence. Une grande partie des institutions financières est aujourd’hui focalisée sur les demandes de report et la distribution du prêt garanti par l’État aux entreprises, certaines d’entre elles ayant été durement affectées par le choc sanitaire », souligne Emprunt Direct.

« Les banques sont elles aussi soumises à des contraintes de personnel et une nouvelle organisation. Si certaines ont fait le choix de se concentrer uniquement sur les dossiers de prêt en cours, heureusement, certains de nos partenaires acceptent encore les nouvelles demandes de crédit. Toutefois, les délais de traitement peuvent être rallongés. C’est actuellement l'ensemble de la chaine qui est ralentie, mais tous s’adaptent au mieux… », confirme Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Nette hausse des taux

Côté demande, celle-ci a logiquement chuté. Vousfinancer explique ainsi que les demandes de prêt ont reculé de 72% durant les 3 premières semaines de confinement, et que les dossiers envoyés aux banques ont baissé de 58 %.

Certains établissements bancaires jusqu’ici bien placés se retirant du marché, ils n’ont de facto pas communiqué de grilles de taux pour avril, ce qui a mécaniquement fait remonter les baromètres généraux des courtiers. Par ailleurs, les intermédiaires en crédit notent tous une hausse des taux des établissements actifs sur le marché. «Une quinzaine de banques ont remonté leurs taux de crédit immobilier dans des proportions assez significatives. Pour autant l’activité est actuellement sur pause et l’objectif principal des banques est de faire avancer les dossiers de prêts en cours. Les nouvelles demandes de crédit ont reculé de 72 % durant les 3 semaines de confinement par rapport à la même période en 2019, même s’il est toujours possible d’obtenir un crédit immobilier, avec beaucoup de patience », note Vousfinancer. « Une quinzaine de banques ont augmenté leurs taux, de 0,15% à 0,25% pour la plupart, avec des pics à 0,7 % », précise l’intermédiaire, qui craint par ailleurs que ces remontées ne viennent exclure du marché les moins bons profils d’emprunteurs du fait de la baisse concomitante du taux d'usure, comme avait alerté l’APIC il y a quelques jours.

« Les banques anticipent une hausse des conditions de refinancement dans les mois à venir et souhaitent reconstituer leurs marges à un moment où il y a moins de concurrence car elles sont actuellement peu nombreuses à accepter encore de traiter les nouvelles demandes de prêt… », confirme Sandrine Allonier.

Nouvelle perception du coût du risque

« Seules quelques banques restant actives sur le marché du prêt immobilier ont communiqué des grilles réévaluées. Et l’augmentation des rendements constatée depuis un mois sur les marchés obligataires tend, quant à elle, à conforter cette tendance», note pour sa part Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt Direct. Sur le marchés, les taux de l’OAT 10 ans, qui s’affichaient en rendement négatif à -0,39 % dans un réflexe de « Fly to quality », sont très nettement remontées jusqu’à s’afficher ce jeudi en rendement positif de +0,12%.

Pas étonnant dans ce contexte que les banques révisent leurs politique tarifaires en matière de prêt. Le Coronavirus marque, selon Emprunt Direct, une rupture majeure sur le marché du financement, notamment en termes de coût du risque. « Il y a fort à parier que la perception vis-à-vis de celui-ci sera différent lorsque les agences rouvriront et que le marché du crédit à l’habitat repartira. »






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