Crédit à l’habitat: un impact des recommandations du HSCF au 1er trimestre

Si les taux restent stables sur un trimestre, les conditions d'accès au crédit évoluent.

L’observatoire CSA/Crédit Logement présentait en cours de semaine dernière son bilan du 1er trimestre. Et sur le front du taux moyen trimestriel, on note peu de changement au premier trimestre par rapport au trimestre précédent : les taux des prêts du secteur concurrentiel, hors assurance et coût des sûretés, se sont établis à 1.13% en moyenne, stables par rapport au 4ème trimestre.

« En dépit de la tendance observée du lent relèvement des taux dans les barèmes des banques, le taux moyen est quasiment stable depuis octobre 2019. Et en mars 2020, il s’est maintenu sous l’inflation pour le 23ème mois consécutif. Une telle configuration de taux inédite au cours des 75 dernières années a largement facilité l’accès des ménages aux crédits immobiliers jusqu’au déclenchement de la crise sanitaire du Covid-19 », a ainsi indiqué l’observatoire.

Un impact des recommandations du HCSF

Mais cette stabilité des taux cache néanmoins une tendance lourde, à savoir une plus grande attention des banques au profil des acquéreurs, du fait des recommandations émises en décembre par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). Et celles-ci avaient déjà, avant le confinement, produit des effets. « Depuis décembre 2019, les taux de la plupart des prêts accordés ont augmenté de quelques points de base. En dépit d’une nouvelle diminution des seuils de l’usure qui favorise le maintien des taux à bas niveau, la plupart des établissements de crédit qui anticipaient les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière avaient commencé à ajuster leurs offres et le mouvement s’est poursuivi. »

Le grand changement réside ainsi dans le profil des emprunteurs. Les banques ont clairement resserré le robinet du crédit à destination de certains dossiers. « La part des emprunteurs les moins dotés en apport personnel (principalement les emprunteurs modestes) a commencé à reculer, comme d’ailleurs la proportion des prêts les plus longs. Ces évolutions ont ainsi neutralisé la lente remontée des taux des prêts et le taux moyen des crédits a pu se stabiliser », a indiqué CSA/Crédit Logement.

Une remontée de 4 points de base depuis décembre

Mais si le taux trimestriel est stable, on note toutefois une petite remontée des taux par rapport à décembre. «Alors que les taux des barèmes remontent lentement, les taux des prêts du secteur concurrentiel ont repris 4 points de base depuis décembre 2019, quelle que soit leur durée à l’octroi», indique l’observatoire. «Les trois quarts des ménages qui empruntent sur 15 ans bénéficient toujours de prêts à un taux moyen inférieur à 1%. En revanche, les emprunteurs du 4ème groupe supportent un taux supérieur à la moyenne », poursuit-il. Et pour les prêts à 25 ans, tous les crédits octroyés sont à un taux supérieur à 1%.

Concernant la durée des prêts, l’observatoire a indiqué qu’au 1er trimestre, la durée des prêts accordés était de 228 mois en moyenne, contre 229 mois au 4ème trimestre. On notera que 49.2% de la production a été réalisée sur une durée comprise entre plus de 20 ans à 25 ans inclus. « La part des prêts les plus longs n’a jamais été aussi importante, alors que les durées les plus courtes de 15 ans et moins ont vu leur poids relatif diminuer de presque la moitié depuis 2012 », note CSA/Crédit Logement.

Un marché perturbé

Après une production dynamique jusqu’en octobre, la demande s’est essoufflée dès novembre en dépit de conditions exceptionnelles. L’observatoire explique cet état de fait par la hausse des prix des logements, puis par la mise en œuvre des recommandations du HCSF, qui ont pesé sur le dynamisme du marché. Celui-ci s’est dégradé au mois de janvier et février 2020.

Et l’observatoire a pu chiffrer l’impact de la crise du Covid 19 sur la demande de crédit sur le mois dernier, qui a été très perturbé. Ainsi, en mars 2020, en rythme trimestriel glissant, la production a baissé de 8.1% pour la production, contre une hausse de 22.9% en 2019, à la même période, et une baisse de 13.9 % pour le nombre de prêts, contre une hausse de 15.8 % il y a un an.






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