Les sociétés d’ingénierie sont toujours impactées par le ralentissement économique, selon la dernière édition du baromètre économique de Syntec-Ingénierie.
La dernière édition du baromètre économique de Syntec-Ingénierie montre un ralentissement économique impactant toujours les sociétés d’ingénierie, près de 6 mois après le début de la pandémie de Covid-19. Selon ce dernier, plus d’une entreprise sur deux estime que le redémarrage n’a pas encore eu lieu et craint pour la pérennité de son activité. Pour les sociétés les plus fragilisées, les premières difficultés de trésorerie apparaissent, indique l’organisation.
« Dans ce climat d’inquiétudes, en particulier pour les ingénieristes du conseil en technologies, la mise en œuvre rapide, simple et efficace du plan de relance sera clé. Partenaire des industriels et des collectivités, la profession génère 47,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 312 000 collaborateurs partout en France », indique Syntec-Ingénierie.
«Tout l’écosystème économique qui risque d’être atteint d’ici 6 mois »
« Le gouvernement a présenté le 3 septembre dernier un plan de relance massif et ambitieux. L’urgence est désormais de le mettre en œuvre. Les entreprises d’ingénierie continuent de souffrir du ralentissement économique et pour certaines les premières difficultés de trésorerie apparaissent. Au-delà de notre profession, c’est bien tout l’écosystème économique qui risque d’être atteint d’ici 6 mois ; car l’ingénierie – qui intervient sur les études et la conception – est à la racine de tout projet industriel et de construction ! Les entreprises d’ingénierie sont en ordre de bataille pour enclencher la relance ; il faut lancer les projets dès que possible ! », selon Pierre Verzat, président de Syntec-Ingénierie.
La relance reste à matérialiser, selon l’organisation. Les entreprises d’ingénierie n’en voient en effet pas encore les effets, deux tiers d’entre elles souffrant toujours d’une baisse de leurs prises de commandes par rapport à la même période en 2019. Pour près d’une entreprise sur deux, elle atteint 11 à 30%. Pour deux tiers des sondés, l’activité sera toujours à la baisse aux 3e et 4e trimestre 2020.
La chute durable de l’activité a des répercussions directes sur l’emploi des techniciens et ingénieurs, avec des équipes qui restent sous-occupées pour plus de la moitié des entreprises interrogées (47% seulement travaillent à 100%) et 7% des effectifs sont toujours soumis à l’activité partielle (vs. 9% en juillet).
Difficultés de trésorerie
Les ingénieristes sont inquiets et confrontés à des difficultés de trésorerie. « Malgré l’efficacité des différentes mesures de soutien aux entreprises, les ingénieristes voient leur trésorerie mise à mal. Un tiers d’entre eux est confronté à l’allongement des délais de paiement et pour 15%, ils ont dépassé les 30 jours. Notons que ce délai ne cesse d’augmenter depuis le début de la crise : 7% la semaine du 11 mai, puis 11% la semaine du 1er juin. Pour 72%, ces difficultés s’expliquent en grande partie par le refus de la part du client de prendre en charge les surcoûts liés à la Covid-19 », indique Syntec-Ingénierie.
Alors que la situation semble se normaliser, plus d’une entreprise d’ingénierie sur deux estime que le redémarrage économique n’a pas encore eu lieu. Si une partie des sondés fait déjà état de difficultés de trésorerie, le risque se situe dans les 6 mois à venir pour 20% d’entre eux. Quoi qu’il arrive, les 12 prochain mois seront décisifs pour la moitié des répondants.
