<p>Le siège de la Métropole du Grand Lyon (SDH/LPI)</p>
Bruno Bernard et Christophe Ferrari ont écrit aux parlementaires sur transformation des règles de calcul de la performance énergétique des bâtiments visant selon eux à « faussement atteindre les objectifs de la stratégie nationale bas carbone ».
« Changer de braquet plutôt que de trafiquer le thermomètre ! ». Le président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, et celui de Grenoble-Alpes Métropole, Christophe Ferrari, se sont indignés, dans un courrier aux parlementaires, « des tentatives du gouvernement de transformer les règles de calcul de la performance énergétique des bâtiments pour faussement atteindre les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone ». Selon eux, « il est urgent de changer de braquet en matière de rénovation énergétique sachant que le bâtiment est à l’origine de 25% des émissions de gaz à effet de serre.»
Le courrier des deux présidents est adressé aux députés et aux sénateurs à l’occasion de l’examen, en première lecture au Sénat, de la loi « Climat et résilience », qui a été adoptée en première lecture par les députés. Ils interpellent notamment les parlementaires sur les critères permettant de considérer un logement performant d’un point de vue énergétique. Pour eux, revoir à la baisse ces critères entrainerait la sortie de nombres de logements des exigences de rénovation énergétique. Ils soulignent néanmoins que le bâtiment est aujourd’hui responsable en France de près d’un quart des émissions des gaz à effet de serre.
Les élus fustigent un « désengagement de l’État »
Ils soulignent par ailleurs que les évolutions proposées par le gouvernement en matière d’aides à la rénovation énergétique se traduisent par une baisse des aides à destination des ménages modestes. Ce sont pourtant ces ménages, qui se trouvent parfois en situation de précarité énergétique, qu’il conviendrait d’aider davantage. Face à ce désengagement de l’État, les deux Métropoles sont contraintes de le compenser, ce qui représente pour les Métropoles de Lyon et de Grenoble une charge de près de 10 millions d’euros.
Aussi, les présidents des Métropoles de Lyon et de Grenoble entendent rappeler aux parlementaires que le gouvernement s’était engager à reprendre les propositions de la convention citoyenne pour le climat sans filtre. Mais ce projet de loi apparaît selon eux, « très en deçà des ambitions de la convention citoyenne pour le climat ».
«Tentatives de mise en place de passe-droits illégitimes, anachroniques »
Pour Bruno Bernard, le président de la Métropole de Lyon « la rénovation énergétique du bâtiment représente un levier essentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de notre territoire. De plus, il s’agit d’une véritable opportunité pour créer de l’emploi et réduire la précarité énergétique. C’est en ce sens que la Métropole de Lyon a récemment renforcé son programme Ecoreno’v, à destination des habitants de la Métropole, afin de les accompagner dans leurs projets de rénovation énergétique».

(DR)
Selon Christophe Ferrari, le président de Grenoble Alpes Métropole, « iI s'agit-là de tentatives de mise en place de passe-droits illégitimes, anachroniques, visant à réduire les efforts en matière d'isolation et de réduction des consommations énergétiques, principales causes des émissions de gaz à effet de serre ». « A l'heure où l'Etat a été condamné pour inaction climatique, plus que jamais, nous appelons à changer de braquet et non pas reculer. C'est la condition pour engager un bond en avant pour le climat ! »
