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Selon JLL, qui a commenté les chiffres de demande placée au premier trimestre, « l’attentisme prédomine sur le marché lyonnais en ce début d’année ».
Peu après les chiffres d’Immostat en Ile-de-France, le CECIM a communiqué les chiffres de demande placée en bureaux au premier trimestre, basés sur les transactions des différents commercialisateurs actifs sur le marché lyonnais. JLL a, dans une note, commenté ces chiffres. « Après la performance de 2022, le contexte économique et la quête de visibilité des utilisateurs rattrapent le marché tertiaire lyonnais», souligne le conseil, qui ajoute que « l’attentisme prédomine sur le marché lyonnais en ce début d’année ».
La demande placée chute à Lyon au premier trimestre
Car la demande placée a reculé au premier trimestre. Le volume affiche ainsi un recul de 40% sur un an à 43.939 m² commercialisés, tandis que le nombre de signatures demeure dynamique avec 114 opérations. Ce chiffre est ainsi en recul de 16 % sur un an.
Stéphane Jullien, directeur de l’équipe bureaux de JLL Lyon, avance plusieurs explications à cette chute.
« Le contexte de crise énergétique, la hausse des coûts généralisée, le renchérissement et l’accès restreint à l’emprunt alimentent les contraintes et incertitudes des entreprises. L’attentisme et la sobriété sous toutes ses formes marquent ce 1er trimestre, impactant les mouvements dont les grandes signatures, traditionnelle variable de performance du marché lyonnais.»
Stéphane Jullien
L’absence de grandes transactions se fait sentir
L’année dernière, les grandes transactions, dont un méga deal, avaient dopé les chiffres du premier trimestre à l'image de la signature de la Cité administrative d’État sur 20.000 m² sur la Part-Dieu et la prise à bail de 5.289 m² de l’AGICAP sur « Le Basalt » sur le secteur Lyon Vaise.
Certes, le nombre de transactions reste stable sur le segment des grandes surfaces. Mais JLL pointe que l’absence de signature supérieure 3.000 m² a fait plonger les volumes commercialisés de 54 % sur un an. Ce chiffre, qui tangente les 17.700 m², est ainsi inférieur à 42 % à la moyenne décennale, et ce malgré la solidité du socle des 1.000 – 3.000 m².
Le conseil fait par ailleurs remarquer que l’intramuros affiche une demande placée en recul de 58% sur un an. La périphérie, marché plus opportuniste, performe avec une demande placée progressant de 43% sur un an notamment grâce au secteur de Grand Lyon Est qui cumule 27 % des volumes du marché lyonnais.
« Sans définir de tendance de fond, ces résultats traduisent l’attentisme des utilisateurs dans leur stratégie immobilière (enjeux de localisation et de loyers sur l’intramuros) face à des secteurs au marché plus opportuniste comme Grand Lyon Est et moins impactés par la conjoncture.»
Stéphane Jullien
La baisse de l’activité et la libération d’actifs de seconde main permettent à l’offre immédiate de progresser légèrement à 316.700 m² tout en restant inférieure de 11% au niveau du premier trimestre 2022. Le repli est de 25 % sur les actifs neufs/régénérés. Le taux de vacance se maintient, de facto, à un niveau particulièrement bas à 4,2 %, « signe de tension à l’offre sur les secteurs prisés », note JLL.
Les valeurs locatives restent stables avec un « prime » à 340 € HT-HC/m²/an, sur le secteur prisé de Presqu’Île Nord et des actifs de seconde main qui se négocient en moyenne à 196€ HT-HC/m² par an.
« Si ce climat peu propice à la prise de décision devrait se poursuivre au 2ème trimestre, la dynamique de la demande en PMS et Mid-Market reste bien orientée. De même, le souhait des utilisateurs d’évoluer vers des actifs plus vertueux impose des délais de réflexion et de décision plus longs. La capacité de rebond du marché sur le reste de l’année 2023 ne doit pas être négligée ».
Stéphane Jullien
