Selon une étude du Crédoc sept actifs sur dix seraient prêt à refuser un emploi meilleur si cela les obligeait à augmenter leur dépense de logement. L’allongement de la durée de transport entre également en ligne de compte.
«70% des actifs déclarent qu'ils refuseraient un emploi meilleur que celui qu'ils occupent actuellement si cela devait occasionner un déménagement conduisant à une hausse de leurs dépenses de logement (frais d'agence et de mutation, nouveau logement trop cher, ...)». C’est le résultat d’une étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) commanditée par le MEDEF.
L’étude révèle l’attachement des français à leur qualité de vie.
Ne pas être obligé de déménager est un critère «très important» dans le choix d'un nouvel emploi pour (56%) des personnes interrogées. Un critère qui devance même celui de la rémunération. 48% seulement, citent le montant de la rémunération comme un critère déterminant.
Outre le déracinement, il y a surtout les incertitudes que le changement engendre. Les sondés redoutent que le gain salarial ne suffise pas à compenser le surcoût du logement. Dans les grandes villes qui concentrent 77% des emplois selon l'Insee, les loyers sont plus élevés et les prix d'acquisition de logements dépassent souvent leurs capacités financières. 11% des chômeurs auraient renoncé à un poste ces cinq dernières années par crainte d’une augmentation de leur budget logement.
Il y a aussi la crainte de l’allongement du temps de transport. Un actif sur deux se montre réticent à saisir l’opportunité d’un meilleur emploi s’il s’accompagne d’une augmentation de 30 minutes de son temps de transport.
Plus on s’éloigne, plus l’enthousiasme diminue
Les sondés sont plus prompt à changer d’emploi, lorsque l’opportunité qui se présente est peu éloignée de leur lieu de vie. 75% des personnes en âge de travailler indiquent qu’elles seraient prêtent à déménager dans une autre commune si elles avaient des difficultés à retrouver un emploi. En revanche, ils sont moins enthousiastes lorsqu’il s’agit de changer de région (61%) ou de pays (38%).
Le Crédoc préconise « de prendre en compte la question du logement lorsqu'on s'intéresse à l'emploi». Il souligne l’importance des dispositifs d'aide au logement, comme l'Action Logement qui a remplacé le «1% logement». Un dispositif menacé par la ponction de 3,4 millions d'euros prévue par l'Etat sur les fonds d'Action logement. L’Etat souhaite en effet prolonger jusqu’en 2014 les sommes collectées depuis 2004, pour financer l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) et l’Agence nationale pour l’habitat (Anah). A Lyon, Entreprises-Habitat et Amallia, les deux principaux organismes du 1% logement, ont tiré la sonnette d’alarme. A ce rythme, ils seront bientôt contraints de refuser des aides aux salariés qui le demandent.
