<p>Laurent Vallas (SDH/LPI)</p>
Laurent Vallas est le directeur de Jones Lang LaSalle à Lyon. Il nous expose sa vision du marché lyonnais de la logistique .
Sur le secteur de la logistique, quel est l’atout de Lyon dans la dorsale Lille-Paris-Lyon Marseille ? Est-ce que notamment l’arrivée à l’ouest de l’A89 pourrait permettre de faire émerger un nouvel axe fort est-ouest allant de Bordeaux à Lisbonne en passant par Lyon et Clermont ?
Ça va avoir un rôle facilitateur. Lyon a un atout énorme : en 24 heures, en camion, la ville a une zone de chalandise de 170 millions de personnes, ce que n’ont pas les autres villes de la dorsale, si l’on excepte Lille, qui est le challenger de Lyon en matière logistique du fait de sa situation géographique exceptionnelle. Nous avons la chance d’avoir un immobilier qui a été conçu pour cela, notamment sur l’Ile d’Abeau ou sur la Plaine de l’Ain. Lyon, son atout, c’est aussi le cluster logistique, avec des entreprises de transport, des compétences, des savoirs faire, de la main d’œuvre, des services, une qualité de prestataires, de formation, mais également une connectivité qui est très intéressante en termes d’accessibilité ferroviaire et de transport routier. Du point de vue du marché des entrepôts, nous avons la chance d’avoir les investisseurs internationaux les plus renommés dans le secteur de la logistique.
C’est un marché qui a beaucoup évolué ?
Il y a 15 ans, nous avons participé à une réflexion, avec Nexity Geprim, autour de ce qu’attendaient les utilisateurs. A l’époque, les entrepôts faisaient 7.20m ou 6.80m de haut. On pouvait mettre un rack et 3 niveaux de palettes. Ils faisaient en général 60m de profondeur et disposaient d’un quai. La réflexion s’est portée sur l’équivalent, en logistique, du coût par poste de travail, à savoir le coût d’emplacement palette. A combien revient une palette dans un entrepôt de 6.80m de haut, où je ne peux en mettre que 3, et où je vais avoir le même nombre de manutentionnaires et de chariots élévateurs qu'un immeuble neuf, et au sein duquel je vais avoir un loyer de 10% inférieur ? Dans les immeubles neufs, il peut y avoir un R+4, avec un picking plus 4 ou 5 niveaux de rack pour un loyer 10% supérieur, mais avec un nombre de manutentionnaires équivalent à celui d’un entrepôt classique. Au terme de cette réflexion, c’est le coût à la palette qui a fait la différence, et qui a défini la standardisation des entrepôts au niveau européen ou mondial, à savoir 10 mètres utiles, isolés, chauffés, sprinklés, 32 mètres au niveau de la cour entre le quai et le camion, un quai tous les 1000 m², un niveleur si possible, des niveaux de prestations associés, etc, etc… Cette nouvelle génération d’entrepôts a vu le jour à Lyon. Depuis, il s’est fait 2.5 millions de m² d’entrepôts sur l’Isle d’Abeau. Le secteur de l’Isle d’Abeau est ainsi la troisième ville européenne en termes de concentration d’entrepôts. Cette plateforme logistique a drainé de l’emploi, du service de la main d’œuvre, des industriels, des sous-traitants… C’est comme ceci que l’on arrive à développer une économie locale qui va générer du développement tertiaire et industriel.
