Pas de trou d’air, mais un nouveau cycle plutôt baissier pour l’immobilier : c’est en substance ce qu’ont indiqué les Notaires hier, dans leur point de conjoncture.
La France est entrée dans un nouveau cycle immobilier, ont indiqué les notaires dans leur dernier point de conjoncture. Après la nette hausse des prix des années 2010 et 2011, les prix devraient ainsi rechuter, selon eux, dans des proportions contenues. Car si cette situation touche autant l'immobilier ancien que l'immobilier neuf, elle ne leur apparait en rien comparable à celle du "trou d'air" observé en 2008-2009.
Leurs hypothèses s’articulent autour de deux scénarios, avec à chaque fois des baisses de prix, plus ou moins marquées. Pour l’heure, celui qui semble avoir les faveurs des notaires serait celui où les taux d'intérêt restent aux niveaux qui sont les leurs actuellement. Dans celui-ci, où la législation autour des loyers ne dissuaderait pas les investisseurs, la baisse des transactions de logements anciens serait limitée entre 10 % et 15 % en 2012, avec une fourchette allant de 700 000 à 740 000 pour ces dernières. Le repli des prix attendu par les Notaires serait alors modéré, « de l'ordre de 5 % à 10 %, plus près de 5 % sur les marchés attractifs et tendus, plus près de 10 % sur les autres marchés".
Des volumes dans le neuf en berne
L’autre hypothèse est nettement plus pessimiste, et se base sur des hypothèses nettement plus négatives, comme une augmentation sensible des taux d’intérêt, accompagnée par de « nouvelles législations fiscales » créant « une perte de confiance, une peur et une incertitude entraînant un retrait du marché immobilier des seniors et des classes moyennes ». Dans ce cas, « le volume de transaction passera au-dessous de 700 000 avec des baisses de prix également bien accentuées ».
Alors que les Notaires de France ne font pas encore état de statistiques précises pour le premier trimestre, ils font part, en revanche, d’"un nombre de ventes en baisse depuis février, notamment sur l'Ile-de-France avec -14 % pour le seul mois de février 2012 par rapport au mois de février 2011". Un chiffre qui semble coïncider pour ce mois précis aux chiffres très négatifs de la production de crédit.
Les notaires, s’ils élaborent plusieurs scénarios dans l’ancien sont nettement plus fatalistes pour le secteur de l’immobilier neuf en termes de volumes. "Les investisseurs, compte tenu d'un nouveau coup de rabot annoncé sur les niches fiscales dans le programme socialiste, vont déserter le logement neuf". Pour eux, la " tendance pourrait même être accentuée si des mesures sévères venaient encadrer les loyers". Pourtant, il n'y a guère de raison, selon eux, « que le prix du neuf baisse dans les prochains mois, sauf, ponctuellement, en vue de réduire le stock ».
