Le Grand Lyon a adopté lundi soir une délibération visant à accorder une subvention pour l’acquisition d’un logement neuf sur le Grand Lyon, sous conditions de prix et de ressources. Une proposition votée par la droite avec toutefois des nuances.
Le Grand Lyon a voté lundi soir son Plan 3A (Accession à prix abordables), lequel vise à favoriser l’achat dans le neuf, le développement de logements à loyers intermédiaires, et la cession de logements aux bailleurs sociaux. Ce plan, qui a fait l’objet d’une réflexion partenariale avec les promoteurs depuis un an, était ainsi présenté hier avant le conseil communautaire, en présence de Yann Pommet, président de l’UCI FFB lyonnaise, et de Louis Ziz, président de la FPI du Rhône. Tous s’étaient ainsi accordés sur des objectifs précis, comme maintenir une offre d’habitat à un niveau soutenu, produire 20% de l’offre 20% moins cher, permettre des parcours géographiques sans discrimination territoriale et favoriser l’accession pour des ménages aux revenus intermédiaires.
Dans les faits, la collectivité va ainsi délivrer une subvention de 3000 à 4000 euros (3000 pour les ménages de personnes et moins, 4000 pour les ménages de 4 personnes et plus) en cas d’achat d’un appartement neuf à des prix inférieurs au marché. Une manière de pousser les promoteurs à doper l’offre à des prix accessibles. Bénéficieront notamment les programmes dont les prix sont inférieurs à 2800 euros du mètre carré, et les logements à un prix inférieur à 20% du prix du marché, suivant une grille variable suivant la commune de l’agglomération. Les 1100 premiers dossiers seront servis, dès le 15 juin 2013, pour ce dispositif prévu jusqu’à la fin 2014. Ainsi, le budget du Grand Lyon pour cette mesure sera de 1.650.000 euros sur les trois prochaines années.
Un projet de dernière minute
Favorable à cette mesure, l’UDI a néanmoins pointé de son côté le périmètre de cette dernière. « 1100 aides pour une expérimentation jusqu’en 2014. Est-ce bien suffisant ? » a indiqué Max Vincent, président du groupe UDI au Grand Lyon, qui a en outre fait remarquer que l’aide n’était pas assez ciblée pour les familles monoparentales plus modestes, lesquelles sont, selon lui, un peu oubliées.
« Il s’agit d’un projet de dernière minute concocté en fin de mandat, qui arrive par un heureux hasard sur un sujet qui est l’objet même de la première proposition phare présentée par Michel Havard pour la campagne municipale de Lyon » a précisé Laure Dagorne pour le groupe de droite Ensemble pour le Grand Lyon. Le chef de file de l’opposition à la ville de Lyon avait en effet proposé de mettre en place un système d’aide destiné au neuf comme à l’ancien, identique à celui en vigueur à Marseille, réservé aux primo-accédants et basé sur une négociation de la municipalité avec les banques pour obtenir des taux préférentiels, un plafond d’aide sur le prix au m2 et une aide.
Pour le groupe de droite, la copie n’est pas correcte du fait de sa limitation dans le temps et en nombre d’attributions (1100 premiers demandeurs). En outre, indique-t-elle, le montant est tellement faible qu’il aura du mal à susciter l’intérêt. « Les conditions posées aujourd’hui sont bien trop restrictives et pas assez ambitieuses pour assurer une réelle efficacité » déplore-t-elle... tout en indiquant que son groupe votera tout de même pour la délibération, celle-ci allant malgré tout, selon le groupe, dans la bonne direction.
