Le bassin de Montélimar est situé aux portes de la Provence. Une étude réalisée par l’INSEE Rhône-Alpes indique que ce territoire, bien qu’il soit en croissance, connaît une forte précarité.
Dans le cadre des politiques territoriales développées par la région Rhône-Alpes, l’INSEE (Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques) Rhône-Alpes a effectué une étude sur le bassin de Montélimar. Ce territoire, situé aux portes de la Provence, regroupe 42 communes, et compte, en 2009, 68 800 habitants. La moitié de ces habitants résident dans la ville de Montélimar.
Depuis 1962, ce territoire connaît une croissance démographique forte, de 76% entre cette date et 2009. Cette croissance est visible en particulier dans la communauté de communes du pays de Marsanne (92%), et dans la communauté d’agglomération de Montélimar-Sésame (83%). Mais depuis 1999, cette croissance s’accélère. En effet, elle atteint 1,3% par an, contre 0,8% pour la période 1990-1999. Alain Dupré, chef de projet à l’INSEE Rhône-Alpes et co-auteur de cette étude explique que « ce dynamisme démographique provient en particulier de son fort excédent migratoire ».
Ainsi, en plus d’être proche de la Provence, ce territoire se situe dans le sillon Rhodanien, ce qui entraîne l’arrivée moyenne de 300 personnes par an venant pour la plupart de la région PACA, d’Ile-de-France, et du Nord-Est du pays.
Une croissance de l’emploi supérieure à celle du reste de la région.
Alain Dupré explique que « ce bassin attire les indépendants, les retraités, les cadres et les professions intermédiaires, mais pas les étudiants, faute de pôles universitaires dans la zone ». Entre 1975 et 2009, le rythme de la croissance de l’emploi est constamment supérieur à celui du reste de la région. Sur cette période, le secteur de la construction a connu une croissance de 51%, et le tertiaire un accroissement de 130%. Celui-ci rassemble les trois quarts des emplois du bassin. Alain Dupré précise que « l’économie présentielle est également alimentée par le commerce et les services aux personnes ». Au total, l’emploi a augmenté de 76% dans ce bassin sur cette période.
L’industrie a augmenté ses effectifs de 15% et regroupe près de 3 700 emplois en 2009. Cela s’explique par le fait qu’elle s’appuie sur des secteurs peu sensibles à la conjoncture, comme les industries agroalimentaires et les produits de luxe. Dans le reste de Rhône-Alpes, ce même secteur a chûté de 36%. Alain Dupré indique que « les secteur les plus spécifiques de l’économie locale sont ceux des transports et de l’entreposage qui comptent 2 800 postes ». La part de ces secteurs dans l’emploi de la zone est deux fois plus importante que dans l’emploi du reste de la région.
En revanche, la part des bas revenus sur ce territoire est assez forte. Ainsi, en 2009, le revenu moyen par foyer fiscal s’élève à 21 900 euros, contre 24 100 euros dans le reste de Rhône-Alpes. En 2006, ce revenu était de 22 300 euros dans ce bassin de Montélimar. Malgré une baisse importante depuis 1999 de trois points, et de sept point pour les jeunes, le taux de chômage reste fort et atteint 12%. Le chômage de longue durée touche 37% des demandeurs d’emplois.
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