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Les réseaux Century 21 et Guy Hoquet ont fait état mardi de leurs chiffres à la fin des trois mois écoulés. Les prix et les volumes restent orientés à la hausse.
La bonne tenue du marché immobilier se confirme, selon les chiffres dévoilés par les premiers réseaux d’agences, qui ont chacun fait état de leurs notes trimestrielles. Century 21 a en effet annoncé ce mardi une augmentation de 9,8% des volumes de ventes entre le 3e trimestre 2015 et le 3e trimestre 2016.
Cette progression de l’activité a toutefois un impact limité sur la hausse du prix moyen au m², laquelle se limite à +2% sur un an glissant, à 2459€ (soit 1985€/m² pour les maisons et 3367€/m² pour les appartements).
Son confrère Guy Hoquet l’Immobilier, qui appartient tout comme lui à Nexity, a aussi fait état d’une tendance similaire, tant sur le front des volumes que des prix. La hausse des ventes est chiffrée selon le réseau à +16.2% en France sur un an, et à +0.3% sur les trois derniers mois, tandis que la progression des prix se monte à +0.2% sur 3 mois. La hausse des prix est toutefois substantiellement plus forte, le prix moyen au m² progressant de 6,1% à 8578 euros.
Des taux au plus bas
Les acquéreurs de bien sentent portés en cela par des conditions de financement extrêmement avantageuses. Ce matin, Crédit Logement faisait état, au titre du mois de septembre, d’une nouvelle baisse du taux d’intérêt moyen à 1,41%, contre 1.49% sur au mois d’août. « Le pouvoir d’achat immobilier s’est accru de plus de 25% grâce à la baisse des taux de crédit intervenue entre 2011 et aujourd’hui » analyse Century 21.
Et de fait, la quotité de financement par emprunt augmente et représente désormais 80,9% du montant global de l’acquisition (contre 75,5% au 3e trimestre 2015). Ceci permet aux acquéreurs d’acheter plus grand, avec des surfaces de 85,3m² tous types de biens confondus. « Jamais une telle superficie moyenne n’avait été observée en France » note Century 21. Le réseau note également un retour des investisseurs institutionnels, avec une part de 18,4% des achats réalisés à titre de placement, contre 17% au 3e trimestre 2015.
Baisse des prix en Auvergne-Rhône-Alpes
Pour Laurent Vimont, Président de Century 21 l’achat immobilier apparaît comme une réponse aux préoccupations : « alors que de fortes inquiétudes pèsent sur le système des retraites et plus largement sur l’avenir économique du pays, les Français, très attachés à la pierre, jouent la carte de la sécurité. En achetant un bien immobilier, ils offrent un toit à leur famille ou se constituent progressivement un patrimoine.»
En régions, la tendance est aux contrastes. Une baisse des prix est constatée en Auvergne-Rhone-Alpes. C’est aussi le cas dans les anciennes régions Basse-Normandie, Bourgogne, Limousin, Lorraine, Midi-Pyrénées, Pays-de-la-Loire, et Poitou-Charentes.
La remontée des prix est constatée en Alsace, Aquitaine, Bretagne, Centre, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon, Nord et Picardie ainsi que Provence-Alpes-Côte-D’Azur.
Rééquilibrage
Le réseau indique que, dans onze régions, le prix de vente moyen s’avère inférieur à 150.000 euros. « Avec les conditions actuelles de crédit, cela correspond à 705€ de mensualités sur 20 ans, soit le montant approximatif d’un loyer ». Une équivalence qui amène de plus en plus de Français à accéder à la propriété et passer ainsi du ‘Je veux à je peux acheter’ » note le reseau.
Pour Laurent Vimont, le marché immobilier maintiendra sa dynamique si les vendeurs restent sages sur les prix, et n’anticipent pas une hausse, hypothétique, de ceux-ci. « Dans les zones où l’activité économique est modérée, toute augmentation intempestive des prix se traduirait inéluctablement par un coup de frein du marché » avertit Laurent Vimont, pour qui l’activité est portée « à bout de bras par les taux ».
Son confrère Fabrice Abraham, directeur général du réseau Guy Hoquet l’immobilier estime même que la dynamique tend déjà à se modérer : « sur un an, les prix montrent une légère progression, déjà visible au 1er semestre 2016. En réalité, il ne s’agit pas d’une réelle remontée, mais d’un rééquilibrage après quatre années de baisse. D’ailleurs, nous voyons déjà que sur les trois derniers mois, leur progression s’essouffle ».
Evolutions normatives
« Nous vivons ce qu’on peut appeler une parenthèse enchantée : les taux n’ont jamais été aussi bas, les banques offrent même à leurs clients de renégocier leurs crédits pour les aligner aux prix actuels du marché de l’emprunt, tandis que les prix, si on les compare aux années précédentes, sont dans une tendance baissière. Résultat, ceux qui ont un projet d’achat réalisent que c’est la période idéale pour le mettre en œuvre. Les vendeurs, quant à eux, ont compris également qu’il était temps de mettre leur bien en vente, compte tenu de ces conditions propices » analyse-t-il.
Il conseille bien sûr de profiter de la fenêtre de tir actuelle pour passer à l’acte, et acheter, les normes financières étant amenées à évoluer : « dans les années qui viennent, la BCE va, dans le cadre des accords de Bâle IV, demander aux banques françaises de s’aligner sur la norme européenne, en demandant à leurs clients davantage de garanties, et en proposant davantage de taux variables. Cela va nécessairement réduire la part des acquéreurs solvables », avertit Fabrice Abraham».
