Un décret autorise pour 18 mois « à titre expérimental » de « marquages sur les trottoirs à des fins publicitaires » dans trois agglomérations, dont celle de Lyon. Le maire de Villeurbanne refuse de voir les paysages urbains « saturés par la publicité ».
Un décret a été publié le 24 décembre dernier au journal officiel. Celui-ci concerne l’autorisation pour une durée de dix-huit mois « à titre expérimental » de « marquages sur les trottoirs à des fins publicitaires » dans trois agglomérations, dont la Métropole de Lyon. En clair, des marquages publicitaires biodégradables éphémères pouvaient être testés, dès la parution du décret, dans trois métropoles.
Le décret a immédiatement fait réagir le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, qui a jugé ce décret « stupéfiant ». « Pris sans concertation, il s’impose à la métropole et aux villes qui la composent sans s’inquiéter un seul instant de leur avis sur le sujet. Ni de la gestion de la publicité dans leur espace public », a regretté l’édile.
Celui-ci a rappelé l’action de sa municipalité en matière publicitaire. « Notre ville a été l’une des premières grandes villes à lancer une procédure de révision de son règlement local de publicité dans l’objectif de préserver la qualité paysagère et de limiter l’encombrement de l’espace public quitte à appliquer des règles très restrictives. Entré en vigueur en 2004 et révisé en 2008, notre règlement local de publicité a permis de réduire des trois-quarts le nombre des panneaux publicitaires, de diminuer la densité de ceux qui subsistent et d’améliorer leur qualité. L’impact des enseignes a parallèlement été mieux maitrisé.»
Vigilance
Pour Jean-Paul Bret, il est nécessaire pour la Métropole d’aboutir sur le nouveau règlement local de publicité métropolitain, « un enjeu important, qui permettra aux maires de conserver leur pouvoir de police et d’instruction en matière de publicité ». « J’ai rappelé notre vigilance et notre exigence sur ce dossier », a-t-il ajouté, en regrettant qu’un décret pris dans le cadre du programme « France expérimentation » permette « à nouveau de faire entrer l’espace public dans le champ d’une approche uniquement mercantile. Sous couvert d’une innovation, ce qui était soumis à autorisation, s’imposerait aux maires ».
Pour Jean-Paul Bret, « un décret ne peut servir de ‘cheval de Troie’ à des lobbys organisés sans tenir compte de l’intérêt général et des règlements des collectivités locales ». « A Villeurbanne, nous n’irons pas au-delà du projet métropolitain tel qu’engagé en concertation avec les maires et le président de la métropole. Nous refusons de voir nos paysages urbains saturés par la publicité. Il en va aussi de la préservation des acquis en matière de protection de notre environnement », a-t-il conclu.
Travail de la Métropole sur un nouveau règlement local de publicité
La Métropole de Lyon, prenant en compte les dispositions découlant de la loi Grenelle 2, travaille pour sa part sur le nouveau règlement local de publicité (RLP) qui doit être approuvé avant le mois de juillet 2020. « Cette expérimentation, qui concerne les agglomérations de Bordeaux, Nantes et Lyon va faire l’objet sur le territoire métropolitain d’une concertation impliquant l’ensemble des communes de l’agglomération. C’est seulement à l’issue de cette concertation que la mise en œuvre éventuelle de ce dispositif expérimental fera l’objet d’une décision des communes et de la Métropole », a ainsi précisé la Métropole dans un communiqué.
