<p>Patrick Liébus (SDH/LPI)</p>
La confédération demande notamment des garanties, notamment en matière de financement.
La réforme annoncée lundi par Muriel Pénicaud sur l’apprentissage et la formation professionnelle a été saluée par la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, la CAPEB. Les annonces de la ministre “répondent enfin à plusieurs demandes exprimées de longue date par les entreprises artisanales du bâtiment”, a indiqué la confédération.
Elle s’est notamment félicitée de la facilitation et de la promotion de l’entrée en apprentissage, de l’amélioration du statut de l’apprenti et de son intégration au sein des entreprises, et de l’instauration d’un droit effectif de financement de tous les contrats d’apprentissage.
Demande de garanties
Mais l’organisation se veut toutefois prudente, et a souligné qu’elle attendait “des garanties explicites notamment en matière de financement, de qualité de formation et de transition entre les deux systèmes”. Le président de la CAPEB, Patrick Liébus, a ainsi exprimé dans le communiqué, cette vigilance. “Nous serons cependant vigilants à ce que ces mesures rentrent effectivement en vigueur et à ce que la transformation souhaitée par le gouvernement repose sur la qualité de la formation des apprentis, la proximité avec le tissu économique local et une transition agile, nécessaire à la réussite de ces réformes”, a indiqué le président.
Cette réforme intervient à un moment propice, marqué par une hausse de l’activité. Celle-ci repart à la hausse, avec une hausse de 3,5% au 4e trimestre 2017. Les chefs d’entreprises artisanales du BTP sont désormais 18% à envisager d’embaucher de nouveaux salariés au premier semestre et les besoins en main d’œuvre qualifiée sont élevés. 12% des petites entreprises du bâtiment ont déclaré ne pas être parvenues à embaucher au cours du second semestre 2017.
Des améliorations à envisager
La CAPEB souhaite que certaines perspectives soient plus ambitieuses, notamment pour la carte des formations. Selon elle, la carte géographique de l’accès aux formations (pour les campus des métiers, les CFA…) doit mettre l’accent sur leur accessibilité et leur qualité en misant sur la proximité, la prise en compte de la ruralité et des zones citadines.
La confédération demande par ailleurs de garantir une révision sur 5 ans des diplômes professionnels, en construisant une « assurance qualité » sur les examens pour faciliter l’intégration des jeunes diplômés au sein des entreprises artisanales du bâtiment.
Concernant les aides, celles à l’embauche ciblant les TPE sont attendues. Celles-ci devraient toutefois être abondées, notamment par les régions. Elle demande à ce que ces aides soient élargies au financement des premiers équipements des apprentis, à la généralisation de l’accès des apprentis à la prévention des risques, à la performance énergétique et à la transition numérique, et à l’ouverture d’un droit à la formation des apprentis dans l’entreprise (quand les métiers le souhaitent et que les CFA sont en capacité de l’accompagner), et à l’encouragement de la mixité et de la lutte contre les stéréotypes
Des points à respecter
La CAPEB a enfin alerté le gouvernement “sur plusieurs points cruciaux qui devront être respectés pour mener une réforme efficace de l’apprentissage, notamment le financement”.
La confédération demande notamment à ce que ces nouvelles modalités de financement soient mises en place à coût constant pour les entreprises artisanales du bâtiment. Elle rappelle que les CFA ne doivent pas être considérés comme des unités de gestion de l’alternance. Quand il s’agit de formation initiale, la qualité est un critère essentiel et non un simple « coût ». Enfin, la transition entre deux systèmes doit être assumée car toute rupture serait extrêmement dommageable.
