<p>Sophie Desmazières, présidente et fondatrice de BureauxLocaux (DR)</p>
Le site d’annonces immobilières pour les entreprises a publié une étude basée sur 100.000 recherches d’entrepôts à l’achat ou à la vente effectuées sur sa plateforme entre novembre 2017 et avril 2018.
BureauxLocaux a publié ce jour une étude sur la demande d’entrepôts qui se base sur les 100.000 recherches effectuées sur sa plateforme lors des six derniers mois. Et celle-ci montre une explosion de la demande d’entrepôts, alors même que les besoins en logistique urbaine devraient doubler en France d’ici 5 ans.
“ Sur fond de croissance économique et d’explosion de la vente en ligne (multipliée par 5 en 10 ans ) la course à l’implantation d’entrepôts et de méga hubs logistiques s’accélère. L’année 2017 a connu une activité record sur ce marché : 3,39 millions de m² de demande placée et des investissements en hausse de 24% en un an,” a indiqué Sophie Desmazières, présidente et fondatrice de BureauxLocaux.
Le site note ainsi que la demande d’entrepôts se concentre toujours plus sur la dorsale nord-sud, articulée autour des quatre pôles majeurs que sont Lille, Paris, Lyon et Marseille. Ces agglomérations rassemblent 84% des recherches d’entrepôts à l’achat ou à la location. « Les récentes et futures installations des géants du e-commerce se regroupent sur cette dorsale, illustrant ainsi une volonté toujours plus forte de s’implanter au plus près des grands bassins de consommation », note le site. La Métropole de Lyon et le Rhône représentent 8,2% des recherches.
L’enjeu du dernier kilomètre
La région parisienne y reste de très loin le secteur géographique le plus prisé avec 54% des recherches d’entrepôts en France. La demande est, au sein de la région Île-de-France, en plein boom à Paris et en petite couronne, où l’offre de surfaces logistiques est quasi-inexistante. La grande couronne et en particulier la Seine-et-Marne, département le plus demandé de France avec 10% des recherches, sont les zones de report d’un marché francilien extrêmement tendu.
Selon Bureauxlocaux, le dernier kilomètre est à la fois un enjeu stratégique et un véritable casse-tête pour les e-commerçants qui développent des stratégies multiples pour y répondre : dépôts urbains, entrepôts à étages, alliances avec le commerce physique. Ce dernier kilomètre représente 25% du coût total du transport.
Les loyers restent assez homogènes au sein du corridor logistique, avec, pour les grandes surfaces (plus de 5.000 m²), un loyer compris entre 40 et 50€ par m² par an. « Pour les entrepôts de moins de 500 m² en bordure des grandes villes, ceux-ci sont 3 à 4 fois plus élevés. Pour ces petits espaces de stockage particulièrement demandés, les loyers atteignent jusqu’à 200€ par m² par an en région parisienne, 144€ près de Marseille et 133€ autour de Lyon », précise Bureauxlocaux.
La concurrence se durcit sur le dernier kilomètre, lequel pèse pour 25% du coût global de la livraison. Malgré la forte demande, “les entreprises intéressées par ces actifs ont une sensibilité extrême aux valeurs locatives,” indique Magali Marton, Head of Research chez Cushman & Wakefield. “Chaque Euro supplémentaire les pénalise dans leur objectif d’optimiser les coûts d’acheminement. Jusqu’à présent, il n'y a pas de flambée des prix car il n’y a pas encore de surenchère agressive. ”
