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Les places hivernales d’hébergement d’urgence sont maintenues et les expulsions locatives reportées.
Le Président de la République a, ce jeudi, annoncé le report de 2 mois de la trêve hivernale, du fait de la crise du Coronavirus. La trêve hivernale est ainsi prolongée jusqu’au 31 mai 2020. « Cette épreuve exige aussi une mobilisation sociale envers les plus démunis, les plus fragiles. La trêvehivernale sera reportée de deux mois, et je demande au Gouvernement des mesures exceptionnelles,dans ce contexte, pour les plus fragiles », a affirmé Emmanuel Macron.
Le ministre chargé de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, se rendra ce matin au siège la Croix Rouge Française, où se situe la cellule de gestion de crise de l’organisation, pour échanger notamment avec les directeurs territoriaux et les équipes.
14.000 places ouvertes
Il a préalablement, dans un communiqué, détaillé les mesures exceptionnelles mises en place pour anticiper la gestion de la propagation du coronavirus dans le secteur de l’hébergement. Pour le ministre, l’enjeu est d’éviter toute remise à la rue de personnes dans le contexte sanitaire actuel. « Le principe de solidarité nationale envers les personnes les plus démunies est ainsi placé au cœur du dispositif de l’Etat pour répondre à l’épidémie », indique le ministère.
Julien Denormandie transmettra aux préfets « une instruction leur demandant de surseoir à tout concours de la force publique pour la mise en œuvre d’expulsions locatives si une solution de relogement pérenne n’a pas été trouvée en amont ».
Côté hébergement d’urgence, les 14.000 places ouvertes pour la période hivernale sont maintenues deux mois supplémentaires afin d’éviter toute remise à la rue de personnes hébergées. « Par ailleurs, au-delà du 31 mai, jusqu’à 7.000 de ces places ouvertes initialement pour l’hiver seront transformées en places pérennes ouvertes tout au long de l’année », précise le ministère.
Défi pour le secteur de l’hébergement
La propagation du Covid-19 est un défi pour le secteur de l’hébergement, lequel accueille 157.000 personnes sans domicile, dont des personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques.
Le ministère chargé de la Ville et du Logement travaille depuis le début de l’épidémie en coordination avec les associations et les services de l’État, afin d’anticiper la gestion du virus dans le secteur de l’hébergement. « La Direction générale de la cohésion sociale a activé une cellule de crise afin de répondre aux questions des services de l’Etat et des opérateurs. Les consignes concernant les gestes barrière ont ainsi été traduites en 25 langues pour être comprises d’un maximum de publics fréquentant les structures d’hébergement ou vivant dans des campements », a noté le ministère, qui a en outre demandé aux réseaux associatifs d’actualiser leurs plans de continuité d’activité. Pour les structures qui n’en disposent pas, la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a diffusé des recommandations de base à l’ensemble du secteur associatif pour assurer la continuité du service.
En complément, dès que possible, la DGCS, en liaison avec les préfets, a demandé d’identifier a minima un site par région dit de « desserrement », lequel permettra « d’accueillir et d’isoler en chambre individuelle ou en zones confinées les personnes sans domicile diagnostiquées mais ne nécessitant pas une hospitalisation ».
