Coordonnée par C40 Cities et Eurocities, une lettre ouverte a été adressée par 58 maires de toute l'Europe à la présidente du Conseil de l'Union européenne et au président du Conseil européen pour rehausser les objectifs de réduction des émissions pour 2030.
Une lettre ouverte a été adressée par 58 maires de toute l'Europe à la présidente du Conseil de l'Union européenne, Angela Merkel, et au président du Conseil européen, Charles Michel, pour rehausser ses objectifs de réduction des émissions pour 2030. Elle a été coordonnée par C40 Cities et Eurocities.
Parmi eux, on trouvait le maire de Lyon, Grégory Doucet, mais aussi le président de la Métropole, Bruno Bernard. D'autres maires ou présidents de Métropole français ont également signé cette lettre ouverte. C'est le cas de Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes métropole, de Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, d’Anne Hidalgo, maire de Paris, Johanna Rolland, maire de Nantes. Ils prennent place aux côtés d’autres maires de grandes villes, tels que Sadiq Khan, maire de Londres.
Les dirigeants de ces villes se prononcent en faveur d'objectifs de réduction des émissions de 65 % d'ici 2030 avec le soutien de l'Union Européenne. Les maires de 58 villes de toute l'Europe ont demandé aujourd'hui « que les objectifs de l'UE en matière de climat et d'énergie pour 2030 soient portés à au moins 55%, juridiquement contraignants au niveau des États membres, et à 65% avec un soutien approprié, par rapport aux niveaux de 1990 ». Ils demandent également que les fonds de l'UE soient affectés à des investissements écologiques et sociaux dans les villes.
« Étape naturelle sur la voie d'un continent neutre sur le plan climatique »
L’appel fait suite au vote du Parlement européen le 7 octobre en faveur d'un objectif de 60 % d'ici 2030, et en amont de la réunion du Conseil européen qui débute aujourd'hui à Bruxelles. Les maires décrivent les objectifs accrus comme "une étape naturelle sur la voie d'un continent neutre sur le plan climatique d'ici 2050, comme convenu par le Conseil l'année dernière [...] Les villes sont un élément essentiel du "Green Deal" européen, mais elles ne peuvent pas agir seules. [...]C'est pourquoi nous vous demandons d'utiliser les financements et les politiques de relance de l'UE pour soutenir les villes phares qui veulent prendre leur part dans cet objectif avec une réduction encore plus élevé de 65 %. Nous ne serons pas en mesure de libérer le potentiel des villes européennes sans la mise en place d'un cadre politique européen ambitieux", ajoute la lettre.
Les maires lancent également un appel pour des investissements importants dans les transports en commun, les infrastructures vertes et la rénovation des bâtiments, afin de permettre la transition énergétique dans les villes. Le plan d’investissement de l'Union doit être, selon ces villes, conçu de manière à atteindre les plus hautes ambitions politiques en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et que les financements de l'UE soient affectés là où ils sont le plus nécessaires, c'est-à-dire dans les villes européennes, afin de renforcer le pouvoir de transformation des zones urbaines dans une perspective écologique et sociale.
Ils lancent également cet appel pour que le soutien financier accordé aux secteurs les plus consommateurs de combustibles fossiles soit subordonné à des engagements clairs en matière de transition écologique.
La lettre conclut que l'adoption de ces mesures enverra "un signal clair que l'Europe est synonyme de relance verte et soutient une action climatique forte à l'approche de la COP26."
