La Banque de France a averti hier que la hausse des prix des logements constituait une menace pour la stabilité financière en cas d’ajustement brutal.
La Banque de France remet le couvert. Après un premier avertissement vis-à-vis des banques en mars dernier, l’institution a de nouveau averti quant au possible risque que constitue la hausse continue des prix. Dans son rapport annuel, le gouverneur indique que la hausse des prix de l’immobilier « crée un risque pour la stabilité financière si un ajustement brutal devait intervenir dans l’avenir ». Selon le rapport, cette augmentation continue du prix des logements « contribue à donner le sentiment d’une perte de pouvoir d’achat et avive les revendications salariales ».
Ce dernier point inquiète en particulier Christian Noyer: car cette hausse de l’immobilier, si elle n’est pas prise en compte dans les chiffres de l’inflation, crée malgré tout ce que l’on appelle « des effets de second tour » : face à cette augmentation des prix, les ménages demandent des augmentations de salaires, qui génèrent de facto de l’inflation, la menace absolue pour un banquier central.
"Une source de malaise social"
Mais Christian Noyer va même plus loin en accusant la hausse des prix de l’immobilier d’être « source de malaise social et de rigidité économique » en entravant « la mobilité des personnes » et en aggravant les inégalités.
Pour lui, un réajustement parait donc souhaitable via une action sur l’offre, les incitations à la demande n’ayant fait que gonfler les prix : « les politiques d’action sur la demande ont montré leurs limites : les incitations fiscales et les soutiens au financement, accompagnés par des conditions de crédit très allantes de la part des banques, ont davantage contribué à la montée des prix qu’à l’accroissement des volumes de construction » note la Banque de France.
« Il paraît donc important de s’attaquer aux causes profondes des déséquilibres du marché » propose le rapport, en jouant notamment sur l’offre plutôt que la demande, via un « desserrement des contraintes de tous ordres – administratives, techniques – qui s’opposent aujourd’hui à l’expansion du parc immobilier ». Une réforme de l’urbanisme, déjà en route, parait tout particulièrement souhaitable, afin de libérer les promoteurs des multiples contraintes qui pèsent sur la construction dans les grandes villes.
