L’un des principaux acteurs du marché, Promogim, indique constater une inversion du rapport investisseurs/accédants lors des acquisitions dans le neuf. Les prix sont, eux, selon le CECIM, encore orientés à la hausse à Lyon.
On s’attendait à ce que la modification au premier trimestre du dispositif Scellier ait un impact important sur le marché du neuf. Cela a bien été le cas, au vu des dernières statistiques de ventes dans le neuf, qui se sont traduites, selon la FPC, par une baisse de 48% des ventes sur la région lyonnaise. Outre ce phénomène, les professionnels du secteur ont semble-t-il constaté une modification du profil des acquéreurs. Depuis le début de l’année, la proportion des accédants/investisseurs s’est inversée. Alors qu’elle était de 35%/65% l’an dernier, cette proportion s’est quasiment inversée, confirmait ainsi Promogim, l’un des numéros un du secteur.
Les prix toujours à la hausse
A cela deux explications : outre la modification de certains dispositifs fiscaux jusqu’ici très avantageux, comme le Scellier, on observe également une nouvelle augmentation des prix. En région lyonnaise, les prix, selon le CECIM, sont encore à la hausse, à 3487 euros le m². L'augmentation des prix est ainsi de 6% en vente à utilisateur, et 4% en vente à investisseur. Ce qui fait craindre un blocage du marché, malgré une demande toujours présente. D'autant que si les prix continuent à s'envoler, la demande en provenance des investisseurs pourrait bien se tarir, faut de rentabilité sur investissement insuffisante. Pourtant « l’envie d’acheter est considérable (…), mais en face l’offre a du mal à s’adapter. L’offre est inférieure à celle d’il y a un an» indiquait ainsi Christian Rolloy, PDG de Promogim jeudi matin chez BFM Business. Un fait confirmé par les chiffres du CECIM en région lyonnaise: à fin avril, on constatait ainsi une baisse de 12% de l'offre de logements neufs et 6.20 mois de stocks dans la région lyonnaise.
Une remise à plat des règles de l'urbanisme ?
Alors pourquoi, face à offre restreinte et une demande toujours présente, ne construit-on pas plus ? « Tout simplement parce qu’il faut avoir des autorisations » indique Christian Rolloy : « Pour avoir un permis de construire, il y a plusieurs filtres successifs : le plan local d’urbanisme, du plan d’occupation des sols, ceux du SCOT..etc » note-t-il. Pour lui, « il faudrait se poser la question de la remise à plat de l’ensemble des droits des sols, des droits de l’urbanisme de telle sorte que, plutôt que de le compliquer chaque année par couches successives, on le simplifie».
Le promoteur rejoint en cela l’avis de l’UNPI, qui souhaite permettre la construction de logements moins onéreux pour l’acquéreur. « Les promoteurs, lorsqu’ils intègrent les contraintes administratives et techniques imposées par la loi, sont obligés d’appliquer un prix qui s’envole » indiquait ainsi Gérard Forcheron, président de l’Union Nationale des propriétaires Rhône Alpes (UNPI) dans un récent entretien. Cette dernière réfléchit en outre, au niveau national, à la façon de faire baisser les prix des logements, devenus pour nombre de prétendants à la propriété, quasiment inaccessibles.
» Gérard Forcheron, UNPI: "il faut permettre la construction de logements moins chers"
