Les loyers font les montagnes russes à Lyon. Après avoir progressé de 5.9% en 2010, les valeurs locatives ont baissé de 4.6% depuis le début de l’année.
Coup d’arrêt pour les loyers. Après s’être vivement repris en 2010 (+5.9%), les derniers chiffres du cabinet Clameur, qui rassemble plus du tiers des professionnels du département exerçant dans le domaine de la location, font état d’une chute sévère, de l’ordre de 4.6%, de ceux-ci depuis le début de l’année. Le loyer moyen est désormais de 11.5 euros en moyenne le m2 sur l’année. L’inversion de tendance touche tous les arrondissements, et notamment le 2ème arrondissement, qui enregistre la plus forte baisse des loyers sur Lyon intra-muros. Inversement, le quatrième, lui, enregistre une baisse quasi-anodine (-0.8%).
La ville centre n’est toutefois pas la seule à avoir enregistré un tel mouvement de yo-yo : sur la totalité du Grand Lyon, les loyers ont également diminué de 3.4%. Ainsi, Villeurbanne, dont les prix des loyers avaient progressé de 7.3% en 2010, affiche une baisse des valeurs de 4.9% sur la période janvier-mai.
Un effet à retardement du Scellier ?
Alors pourquoi une telle chute ? Si l’on peut ranger au rayon des explications plausibles l’effet de base induit par la forte progression de 2010, on peut néanmoins s’interroger sur les raisons profondes d’une telle baisse des loyers en si peu de temps. Et là, l’équilibre même du marché locatif semble en cause : après le boom de l’investissement locatif provoqué notamment par le dispositif Scellier en 2009-2010, l’afflux de biens neufs sur le marché semble affecter les valeurs locatives. « Le Scellier a artificiellement gonflé certaines valeurs locatives l’an dernier » explique ainsi un agent immobilier implanté sur Lyon 3° : « or, comme certains biens neufs, qui servent d’aiguillon pour le marché, deviennent hors de portée à la location pour certains ménages, les possibles locataires ne se pressent pas pour déménager». Sur Lyon, la vacance a d’ailleurs progressé de 10 % par an depuis 2008, soit une hausse bien supérieure aux chiffres nationaux.
Depuis de nombreux mois, l’inquiétude commençait d’ailleurs à poindre concernant la capacité du marché locatif de certaines zones à absorber l’ensemble de biens découlant de la floraison incessante de nouveaux programmes neufs. En témoigne la récente confidence de Jean Laurent Brossard, le directeur de l’agence Teyssier-Christin à Brignais : « il va y avoir dans quelques mois un apport de bien important en location. Est-ce que le marché va pouvoir l’absorber ? s’interrogeait-il. Je suis loin d’en être convaincu». Ce dernier s’inquiétait en outre des délais de transaction plus longs observés pour les appartements anciens, qui pâtissent désormais de la comparaison avec le neuf. Symptomatique ? Sur Brignais, la baisse des loyers atteint 6.9% depuis le début de l’année.

bientot il sera plus facille de vivre sur la lune que dans lyon , je ne comprend pas une economie ou ceux qui ne gagne q un petit salaire ne peuvent plus se loger
@ ahmida : Si les acheteurs et locataires arrêtaient d’accepter n’importe quoi à n’importe quel prix, et faisaient systématiquement des contre-propositions à des prix raisonnables et tenaient bons sur ces prix, on n’en serait pas là. Personnellement, c’est ce que je fais, et je crois que de plus en plus de personnes réagissent comme cela. Comme disent les professionnels, le marché lyonnais semble être en phase de réajustement, alors ce n’est pas le moment de faiblir !
@tyrou
Les acheteurs et les locataires n’ont parfois pas le choix: c’est ce qui explique aussi que les vendeurs en profitent. De plus en plus de gens en ont marre de s’éloigner du centre de Lyon, du fait des prix de l’essence, et de la campagne qui n’en est plus une au rythme de construction actuel. Mais je suis d’accord avec toi: quand on peut, il faut tenir