Selon meilleursagents.com, les transactions continuent de chuter à Paris, du fait de l'écart grandissant entre les exigences des vendeurs et les souhaits des acheteurs.
Alors que Century 21 annonçait une baisse des transactions de seulement 0.95% à Paris au premier semestre, le courtier en agent immobilier meilleursagents.com dresse un tableau un peu plus noir.
Selon lui, les prix continuent de monter à Paris, et particulièrement sur la Rive Gauche. En revanche, le nombre de transactions baisse sensiblement, du fait d'une part des prix élevés pratiqués à la vente, mais aussi d'une plus grande sélectivité des acheteurs, qui prennent leur temps et négocient à la baisse.
Les prix de mise en vente sont assez élevés, mais seuls les produits de grande qualité et les surfaces restreintes trouvent preneur. Géographiquement, on observe une différence entre les Hauts-de-Seine et quelques communes périphériques attractives et la grande banlieue.
Un marché "illisible"
Selon Sébastien de Lafond, Président et fondateur de MeilleursAgents.com, le marché parisien est devenu illisible pour les particuliers. « Moins nombreux et moins pressés, les acheteurs payent le prix fort pour des biens de qualité ou de valeur inférieure à 250 000 euros, mais ils négocient fort ou boudent le reste» explique Sébastien de Lafond.
Pour ce dernier, le marché est en train de se bloquer de façon graduelle. Selon lui, la situation ne s'arrangera pas avant la fin de l'année, du fait du temps de latence des statistiques officielles. Selon lui, les prix devraient ainsi être selon ses dernières encore orientées à la hausse à la rentrée, ce qui devrait compliquer le marché.
Le courtier indique en outre que les prix continuent à augmenter sur les grands appartements parisiens, de l'ordre de 3 %, alors que les petites surfaces augmentent de façon plus modérée (+1.2%). L'explication tient notamment au fait que les secundo accédants, qui ont profité de la hausse des prix et qui sont de facto moins affectés par la hausse des taux de crédit immobilier, se portent généralement sur des appartements de surface plus élevées.
Les vendeurs n'intègrent pas la nouvelle donne
Le courtier n'hésite pas à rendre compte de pratiques quasiment spéculatives sur le marché parisien : « Quelques propriétaires purement opportunistes mettent en vente leurs biens à des prix très élevés. Quelques uns trouvent acquéreur et profitent de l’aubaine pour réaliser de confortables plus-values quitte à louer pour se loger ».
La nouvelle donne enregistrée sur les prix, qui commence tout juste à être perçue sur le marché, n’a pas été semble-t-il pas été intégré par les vendeurs, qui croient encore que tout se vend au prix fort. « Ils n’écoutent pas les professionnels, tentent leur chance entre particuliers ou auprès d’agences qui gonflent le prix pour obtenir un mandat » indique-t-il. Les acheteurs, eux, ont plus intégré cette nouvelle donne et attendent que les prix baissent. Ils n'hésitent pas non plus à négocier à la baisse, avec des offres de 5 voire 10 ou 15 % en dessous du prix de la mise en vente.
« Dans ces conditions, le marché se bloque progressivement en dehors des biens de grande qualité dans les meilleurs quartiers ou des petites surfaces à moins de 250 000€ » note meilleursagents.com. Pour le courtier, il faudra attendre le printemps prochain avant de constater une baisse des prix dans les statistiques du marché parisien.
