Les marchés obligataires européens évoluaient de façon contrastée à l’ouverture, suite à l'abaissement de la note souveraine des Etats-Unis, et l’intervention de la BCE sur le marché de la dette.
On attendait avec une certaine fébrilité l’ouverture du marché obligataire ce lundi. Le marché de la dette publique a en effet été secoué samedi par la dégradation par Standard and Poor’s de la dette d’Etat américaine, laquelle a perdu son "AAA". La dette de la première puissance économique mondiale est désormais notée AA+, une première depuis la création de l’agence de notation en 1909.
Après une heure de cotations, le cataclysme attendu n’est pas au rendez-vous, loin de là : les taux des dettes d’Etat espagnoles et italiennes baissaient à 5.44% et 5.60%. Les prévisions d’intervention de la BCE sur la dette espagnole et italienne ont fait chuter les rendements de ces dernières. Celle-ci a réitéré sa confiance sur la capacité de l’Italie et de l’Espagne à redresser leurs comptes publics, avec notamment l’annonce de nouveaux plans de rigueur. "C'est sur la base de ces estimations que la BCE va mettre en œuvre activement son programme de rachats d'obligations" a indiqué l’institution de Francfort.
L’OAT en petite hausse
De la même façon, les investisseurs se dégageaient des obligations d’Etat allemandes et françaises : le taux de l’OAT 10 ans, qui sert notamment de référence pour les banques françaises dans l’établissement de leurs barèmes de taux de crédit immobilier fixes, progressait ainsi à 3.26% à 9h30, contre 3.16% la veille. Le rendement du Bund progressait lui à 2.50%, contre 2.35% vendredi. Les écarts de rémunération entre les dettes allemande d’un côté et française, italienne et espagnole de l’autre tendaient à se restreindre.
Le rendement de l’OAT 10 ans avait baissé sur les dernières semaines, sous l’influence d’investisseurs internationaux à la recherche de valeurs sures. Mais ce mouvement s’était fait au détriment des dettes espagnole et italienne, qui avaient progressé de concert.
Ce resserrement des écarts de rémunération et cette baisse des rendements italiens et espagnols a eu des répercussions immédiates sur les valeurs bancaires européennes, qui rebondissaient à la Bourse de Paris. Le CAC 40 progressait ainsi de 0.99% à 3310 points à 9h50.
