Selon une étude de l’université Paris Dauphine, le marché immobilier lyonnais s’est, en 10 ans, renchéri relativement aux autres métropoles françaises. La structure des prix entre centre et périphérie est en outre assez classique.
La métropole lyonnaise n’est pas encore la plus chère de l’Hexagone, mais les prix ont néanmoins augmenté de manière plus sensible que dans d’autres métropoles. C’est ce que révèle une étude de l’Université Paris Dauphine, qui a étudié l’évolution de la structure des prix de l’immobilier dans 12 métropoles française entre 1998 et 2010. La métropole lyonnaise n’est ainsi plus aussi bon marché qu’il y a près de 15 ans. Alors que Lyon se classait à la huitième place en termes de prix dans les logements en collectif en 1998, la métropole occupait en 2010 la cinquième place d’un classement établi par l’Université.
Toutefois, note l’étude, même si les métropoles ont vu leurs prix nettement augmenter de 1998 à 2010, parfois même plus qu’à Paris, la province n’a pas rattrapé Paris, l’écart de prix restant présent sur le segment des logements collectifs. S’il s’est nettement réduit dans certains cas, le rapport reste toutefois de plus de 1 à 1,5 entre les villes de Province les plus chères (Marseille-Aix, Lyon, Toulouse et Montpellier) et la capitale.
Une hausse de 180% en 12 ans
« La modification du classement selon le prix tient essentiellement au fait que, si les métropoles françaises ont bien toutes flambé pendant les années 2000, elles n’ont pas suivi la tendance à l’unisson. Pour preuve, les taux de croissance de leurs prix immobiliers varient du simple au double» note l’étude. Dans le collectif en particulier, les augmentations y sont les plus fortes que dans l’individuel, avec une hausse particulièrement sensible à Lyon, de l’ordre de 180% - soit l’une des plus fortes hausses des métropoles françaises derrière Aix-Marseille (+200%).
Toutefois, si l’écart reste très important dans le collectif, l’écart de prix dans le logement individuel a fondu, au point que Paris n’est désormais plus que la troisième aire urbaine la plus chère, derrière Nice et Marseille-Aix. A l’inverse, « Strasbourg et Rennes sont passées du statut de métropoles les plus chères de province en 1998 après Nice, au statut de métropoles les moins chères en 2010 avant Orléans » note l’étude.
Les biens les moins chers ont le plus augmenté
Sur toutes les métropoles étudiées, l’université Dauphine note que ce sont les biens d’entrée de gamme qui se sont, sur la période, le plus apprécié. A Lyon, les prix du premier décile (c’est-à-dire les 10% de biens qui affichent les prix les moins chers du parc total) ont ainsi progressé dans le collectif en centre-ville de 245% quand les prix du neuvième décile (c’est-à-dire les plus chers) ont, eux, progressé de 160%.
Dans l’individuel périurbain, la tendance est identique avec des prix en progression de 265% pour le premier décile, contre une augmentation de 155% pour les prix du neuvième décile.
Lyon, ville « classique »
Dans la structure de prix centre/banlieue, Lyon reste dans le schéma le plus répandu des villes françaises, à savoir une périphérie dont les prix sont moins élevés que le centre-ville. Ainsi, les prix en banlieue lyonnaise sont 17% moins élevés qu’en centre-ville, et ceux de l’aire périurbaine restent quant à eux 27% moins élevés. Certaines métropoles du sud de la France dérogent toutefois à cette règle et font figure d’exception.
C’est le cas notamment dans les villes méditerranéennes, comme à Aix, Marseille ou encore Nice. Dans ces villes, la banlieue et la périphérie affichent des prix bien supérieurs au centre-ville. Sur la capitale de la région PACA, on observera ainsi qu’en secteur périurbain, les prix des logements collectifs sont supérieurs de 54% aux prix du centre-ville. Idem pour Montpellier où les prix en secteur périurbain dépassent de 38% les prix du centre-ville. A Nice, ce sont les prix des logements collectifs en banlieue qui s’avèrent plus chers que ceux en centre-ville.
