La région Rhône Alpes n’est pas une région homogène en termes de revenus loin de là. Selon l’INSEE, qui vient de publier une étude sur la question, la précarité est plus située à l’ouest et au sud de la Région.
Si le revenu médian des ménages de Rhône-Alpes est plutôt élevé au regard des autres régions, celui-ci demeure très inégalement réparti sur le territoire. C’est le sens d’une étude publiée récemment par l’INSEE, qui faisait état d’un découpage en deux de la région en termes de revenus : le nord et l’est, et le sud et l’ouest de la Région.
Le revenu médian par unité de consommation (UC) est en effet de 19 000 euros, au troisième rang derrière l'Île-de-France et l'Alsace, et supérieure à la moyenne nationale, qui est de 18 300 euros. De la même façon, le taux de bénéficiaires du RSA reste peu élevé au regard de la moyenne nationale, à 4.2% en Rhône-Alpes, contre 5.5%.
Fortes disparités départementales
Mais au sein de la région, les départements ne sont pas tous égaux : de fortes disparités se font jour entre territoires. La Loire, la Drôme et l’Ardèche sont ainsi les territoires qui cumulent le plus de difficultés. Le Grand Roanne, Villefranche sur Saône, Saint-Etienne Métropole, Montélimar, ou Valence cumulent ainsi les difficultés de revenus, d’emploi et d’éducation. Dans les grandes communes, Vaulx-en-Velin, avec un revenu médian de 11 600 euros, est ainsi la quatorzième commune aux ressources les plus faibles de France métropolitaine. Inversement, Meylan (27 700 euros) se classe dans les 40 premières communes et deuxième communes de province, note l’INSEE.
Un certain nombre de communes moyennes sont également en déficit démographique et d’emplois. « Elles concentrent à la fois des problèmes de chômage, de vieillissement de la population, de santé et parfois de niveau scolaire » note l’INSEE. Elles sont ainsi situées dans la Drôme (Nyons, Romans-sur-Isère), l'Ardèche (Bourg-Saint-Andéol, Le Teil), la Loire (Boën et même Roanne, dans une certaine mesure) mais aussi dans l'Ain (autour d'Oyonnax et dans le Bugey), le Nord-Isère (Beaurepaire, La Tour-du-Pin) et le Rhône (entre Tarare et Amplepuis).
La proximité avec les agglomérations joue
Plus généralement, la proximité avec une grande agglomération, comme Lyon ou Genève, est un facteur plutôt positif pour les revenus des ménages. L’INSEE note que ce sont également dans les communes à forte densité de logements HLM que se retrouvent aussi, naturellement, les plus fortes proportions de bas revenus.
Aussi, dans les villes centre d'agglomération, des écarts de revenus considérables sont observables entre ménages. Des ménages à forts revenus font face, au sein de celles-ci, à des personnes en grande difficulté sociale, comme des jeunes, ou encore des familles monoparentales. « L'accessibilité du vivier d'emplois y est un atout mais les prix de l'immobilier rendent le logement difficile d'accès pour les familles modestes ou même pour les classes moyennes : c'est dans les centres urbains que l'on trouve les logements suroccupés ou des "poches" d'habitat très précaire » note ainsi l’INSEE.
