<p>Gaël Perdriau (SDH/LPI)</p>
Le maire de Saint-Etienne a fustigé la méthode employée par le gouvernement concernant la baisse de 5 euros des aides personnalisées au logement.
Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, a, ce matin, tenu à réagir à la baisse des APL (aides personnalisées au logement). Selon lui, la décision du Gouvernement de baisser ces aides de 5 euros, « ne peut que susciter de profondes interrogations ». Il rappelle en outre que 800.000 étudiants comptent parmi les principaux bénéficiaires, et que cette mesure générerait 32,5 millions d’euros d'économies mensuelles soit, en année pleine, 390 millions d’euros.
« Il faut rappeler, qu'au-delà des étudiants, notre modèle économique et social tolère que 17% des jeunes âgés entre 15 et 30 ans se retrouve sans emploi, sans formation et sans programme d'études et que 22% d'entre eux sont considérés comme pauvres », a souligné celui qui est aussi président de Saint-Etienne Métropole.
Il faut « corriger les effets pervers »
Il acquiesce que, « certes, l'APL ne produit pas nécessairement les effets escomptés et il faut en revoir les mécanismes pour la rendre plus équitable, donc juste, afin d'éviter qu'elle ne soit uniformément distribuée ».
Il admet aussi « qu'il soit indispensable d'en corriger les effets pervers, notamment en matière de fixation des loyers dont le rythme de progression excessif est aussi entretenu par l'APL ». Mais la méthode employée « n'en demeure pas moins brutale » selon lui, « car ne laissant aucune place au dialogue ».
Une mesure « inquiétante par sa portée »
« Qu'en sera-t-il demain pour les chantiers pourtant essentiels que sont la formation professionnelle ou les dépenses liées à la protection sociale ? Le Gouvernement entend-il s'en tenir à une approche strictement comptable ? L'effort d'explication doit être porté avec constance sous peine de voir les Français s'éloigner de l'action gouvernementale faute de la comprendre ce que les dernières enquêtes d'opinion semblent mettre en évidence ».
L’élu s'interroge ainsi sur le bien-fondé de cette première mesure « qui vient toucher directement une catégorie fortement fragilisée et vivant déjà en situation d'insécurité sociale ».
Pour lui, le Gouvernement devrait déployer ses efforts « vers une réflexion globale permettant de donner une nouvelle impulsion à l'ensemble de notre modèle social, mis à mal par les évolutions structurelles de l'économie et de la société ». La mesure est « inquiétante par sa portée », indique le maire de Saint-Etienne, « mais aussi par la méthode qui la sous-tend et qui l'assimile plus à une décision unilatérale qu'à une approche partagée et donc fruit d'un dialogue social indispensable, en France, après une crise qui dure depuis 10 ans ».
