L'IEIF et le Crédit Agricole prévoient tous deux une hausse des prix cette année. La banque se montre toutefois plus prudente que l'Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière.
2011 sera sans doute une nouvelle année de croissance des prix de l'immobilier. C'est en tout cas ce que dévoilent deux études, publiées coup sur coup cette semaine, par le Crédit Agricole et l'Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière (IEIF).
L'importance de la hausse diffère toutefois entre la banque et l'institut, le premier étant beaucoup moins optimiste que le second. L'IEIF prévoit en effet une hausse des prix supérieure, dans tous ses scénarios, à 7.6%. Même en cas de rechute de la croissance française durant l'année 2011, le déficit de logement demeurerait, selon lui, si important que ce seul facteur de soutien devrait permettre de faire remonter les prix de l'immobilier. En cas de croissance de l'économie française, l'évolution des prix devrait ainsi progresser de 9.7% dans le scénario central. Dans le cas d'une rechute de l'économie, elle ne serait 'que' de 7.6%.
+3% pour le Crédit Agricole
La vision de l'IEIF sur l'offre de logement ne semble toutefois pas être partagée par le Crédit Agricole. Pour Olivier Eluere, l'économiste de la banque, l'« offre pourrait s’élargir quelque peu ». « Les vendeurs potentiels seront plus enclins à vendre si l’effet valeur refuge joue moins et si la prime de risque se réduit (du fait de la remontée des taux longs) ». « Les secondo-accédants vont revenir peu à peu et dans le neuf l’offre devrait redémarrer progressivement » prévoit-il. Dans le même temps, la demande devrait « se stabiliser, voire baisser un peu ».
De ce fait, « un meilleur équilibre offre/demande et la remontée des taux de crédit devraient a priori conduire à des hausses de prix modérées » selon le Crédit Agricole, qui table sur une progression de 3% de ces derniers en 2011. En outre, plusieurs facteurs devraient jouer en faveur d'une stabilisation. La remontée des taux d'intérêt devrait notamment faire pression sur les prix, tout comme la fin d'avantages fiscaux importants, comme la suppression du crédit d’impôt pour les intérêts d’emprunt et la moindre réduction d’impôt pour le « Scellier ». Enfin, si la Bourse devait poursuivre sa remontée, « l’effet « valeur refuge » devrait moins jouer, à mesure que les taux d’intérêt (à court et à long terme) remonteront » note l'économiste.

