Malgré des prix « clairement surévalués », la demande, qui sera moins forte qu’en 2010, ne devrait pas baisser sensiblement, selon la banque. Elle table sur une hausse de prix de 5% en 2011.
Pour le Crédit Agricole, la baisse des prix n’est pas pour tout de suite. La banque, au regard des dernières statistiques des notaires, continue de tabler sur une hausse des prix de l’immobilier en 2011. Celle-ci prévoit en effet une progression de 5% de ces derniers pour l’année en cours, et de 2% en 2012. Dans le même temps, les volumes de ventes devraient se stabiliser.
L’année en cours devrait donc, selon la banque verte, être surtout l’occasion d’un rééquilibrage entre l’offre et la demande. Cette dernière devrait être moins forte qu’en 2010, du fait du durcissement des taux de crédit à l’habitat, de la fin de certains avantages étatiques spécifiques, et d’un certain affaiblissement du côté « valeur refuge » de l’immobilier. Néanmoins, la demande ne devrait toutefois pas baisser de manière sensible, du fait d’un climat économique plus favorable.
La banque table en conséquence sur un soft landing, du type de celui qu’avait connu le marché immobilier en 2006-2007, avec une solvabilité des acheteurs à un niveau jugé «limite» et une stabilisation des ventes dans l’ancien à des niveaux très élevés. A cette époque, « les acheteurs sont restés nombreux, mais sont devenus plus attentistes, et plus exigeants sur les niveaux de prix. La chute du marché en 2008 a été due à la poursuite de la hausse des taux, mais aussi, voire surtout, à l’ampleur de la crise économique et financière» rappelle la banque.
Pas de signes de bulle
Si les prix sont « clairement surévalués », en revanche, pour la banque, « sur l’ensemble du marché français, on ne peut pas parler de signes avérés, ni de risque tangible de bulle immobilière ».
Si « la hausse des prix cumulée entre 1997 et 2007 a atteint 135% dans l’ancien et 80% dans le neuf (filière promoteurs) soit au total 120% » elle « a été en bonne partie compensé par la baisse continue des taux de crédit » note l’établissement. Les prix « sont encore surévalués, mais cette surévaluation reste relativement mesurée, d’environ 15% » pense ainsi Olivier Eluere, du Crédit Agricole. Selon ce dernier, le risque est toutefois bien plus élevé à Paris, où les facteurs de soutien joueront beaucoup moins cette année.

D’après The Economist, il apparaît dans leur enquête sur l’immobilier mondial que les prix en France seraient surévalués de 48%, plaçant la France comme le troisième pays le plus surévalué derrière l’Australie (56,4%) et Hong-Kong (53,7%). Pour être plus clair, la question n’est pas de savoir s’il y a une bulle immobilière en France, mais de savoir quand elle va éclater. Compte-tenu de trois facteurs convergeant : 1) l’augmentation des prix, 2) l’augmentation des taux d’emprunt et 3) la stagnation des salaires face à l’inflation importée (énergie, matières premières), je parierai pour un éclatement au plus tard en 2012.
C’est en substance ce que pense Mathilde Lemoine de HSBC. Elle note notamment que, consécutivement à la crise de 2008, deux facteurs ont joué en faveur d’une hausse des prix: 1) l’augmentation des prix et 2) les mesures incitatives comme le Scellier et le doublement du prêt à taux 0. La transformation de ces dernières et l’augmentation progressive des taux de l’OAT pourraient bien, selon elle, jouer en faveur d’une baisse des prix. Concernant Lyon, les prix restent également, au regard de la méthode de The Economist, surévalués.