Suisse : le geste de la BNS va-t-il gonfler les prix de l’immobilier?

Pour faire face à une surévaluation du franc suisse, la BNS a annoncé une baisse des taux et une augmentation des avoirs des banques.

Le franc suisse a la cote ces temps-ci. Du fait de sa réputation de monnaie défensive, la devise de la Confédération profite même d’un afflux de liquidités provenant d’investisseurs en proie à une soudaine aversion au risque. En période de grande tension, les investisseurs ont ainsi pour habitude de se délester de leurs actions ou obligations d’Etat risquées pour se porter sur des actifs réputés solides, à savoir l’or ou les obligations d’Etat américaines ou allemandes, ou bien encore sur des devises défensives, comme le franc suisse.

Mais ce soudain renchérissement de la monnaie locale face aux autres devises n’est pas sans poser problème pour l’industrie locale : les produits suisses deviennent ainsi moins compétitifs à l’international. Du coup, les appels de la classe politique suisse à la Banque centrale du pays se faisaient chaque jour de plus en plus insistants, avant de trouver partiellement un écho mercredi. La BNS a ce jour là abaissé la marge de fluctuation du taux Libor 3 mois a été réduite à 0 %-0,25 %, contre 0%-0.75% précédemment.

Une menace de bulle immobilière ?

Autre mesure prise par l’institution : elle veut augmenter les liquidités sur le marché monétaire en francs dans les jours qui viennent, en rehaussant les avoirs détenus par les banques helvétiques en compte de virement à la BNS de 30 à 80 milliards de francs suisses. Conséquence immédiate: le franc suisse a perdu un peu de terrain mercredi face à l’euro avant de remonter hier et aujourd’hui. Pour Philipp Hildebrand, le président de la Banque Nationale Suisse, le problème n’est toutefois pas réglé. «Nous avons clairement indiqué que nous étions prêts à arrêter d’autres mesures dans le cas où la situation l’imposerait», a-t-il d’ailleurs indiqué aujourd’hui dans une interview parue vendredi dans la «Neue Zürcher Zeitung».

Si cette réaction de la BNS semblait adaptée du point de vue de nombreux politiques et économistes suisses, elle ne va néanmoins pas sans poser de problèmes. Concernant l’inflation, le président de la BNS a cherché à minimiser les risques liés à l’intervention de mercredi, en expliquant que, dans la balance des risques, le principal danger pour l’économie suisse était pour l’heure la déflation.

Les frontaliers franchissent le pas

Mais l’une des principales questions qui se pose avec acuité dans la Confédération est désormais de savoir quel va être la réaction du marché immobilier en Suisse. Car si cet assouplissement de la politique monétaire suisse ne devrait pas être directement visible dans les prix des biens et des services, il pourrait en revanche avoir des conséquences plus directes sur le prix des actifs, comme l'immobilier. Pour l’heure, le marché suisse reste en plein boom, mais ne présenterait pas, selon UBS, de risque de bulle immobilière. C’est en tout cas ce que son indice des bulles immobilières indique, lui qui a encore très légèrement augmenté au deuxième trimestre. A 0,65 % au deuxième trimestre, la hausse reste modérée (0,02 %) par rapport au trimestre précédent, loin du niveau de la bulle des années 90, quand l’indice atteignait +2,5 %. Pourtant, face aux nouveaux flux de liquidités prêts à s’investir dans le pays, l’une des craintes des autorités suisses pourrait bien être de devoir composer avec une nouvelle marche en avant de l’immobilier suisse. La situation, critique dans un certain nombre de villes suisses, comme Genève pourrait donc empirer.

Par ricochet, le marché immobilier haut-savoyard et du Pays de Gex sont déjà directement impactés par le phénomène de renchérissement de la monnaie suisse. Nombreux sont en effet les suisses qui ont décidé de franchir le pas et de s’installer dans l’Ain ou en Haute Savoie, à Annemasse, Saint-Julien en Genevois ou Ferney-Voltaire. Selon José Cabellos, directeur d’AJC Immobilier à Annemasse, récemment interrogé par le quotidien Le Matin, le nombre de Suisses intéressés par la location ou l’achat en France aurait ainsi progressé de 20% à 30% sur un an. Une situation qui pourrait un peu plus renchérir les prix dans le Genevois, qui reste l’une des régions les plus chères de France, après Paris et Nice. Mais qui demeure également plus que jamais bon marché pour bon nombre de Suisses...






Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Commentaires

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

(requis)

(requis)


Immobilier : des records en 2021, mais des incertitudes pour 2022

nullLa FNAIM a retracé une immobilière marquée par un record de ventes et de prix. Mais des incertitudes pèsent sur 2022, et notamment du point de vue des élections, des taux, et de l’impact de la rénovation énergétique.


«Les périphéries voient les ultra-urbains arriver avec un fort pouvoir d’achat»

Yann Jéhanno est le président de Laforêt France. Nous évoquons avec lui l’évolution du marché immobilier en 2021, ainsi que les enjeux de 2022.


« Mon pronostic est que l’on fera moins de ventes en 2022 qu’en 2021 »

nullLaurent Vimont est le président de Century 21 France. Nous évoquons avec lui les grands chiffres du marché de l’immobilier ancien en 2021 et ses perspectives d’évolution en 2022.


2021, année exceptionnelle pour l’immobilier selon Century 21

Le réseau d’agences franchisées a présenté lundi son bilan annuel du marché. Si l’année écoulée a été très bonne sur le front de l’activité, les prix, toujours en hausse, commencent à désolvabiliser certains ménages.


Un marché immobilier record en 2021, selon Laforêt

L’année écoulée a été très positive pour l’activité immobilière avec un record en termes de transactions. Selon le réseau d’agences franchisées, 2022 sera une année « entre menaces et opportunités ».


Le marché immobilier a bien résisté en 2021, selon la FNAIM

nullLa FNAIM a, quelques jours avant sa conférence de presse portant sur l’année 2021, révélé les principales tendances du millésime écoulé. Les prix sont toujours en forte hausse, avec toutefois des disparités suivant les territoires.


Marché immobilier : des signes de faiblesse selon Immonot

Selon le portail immobilier du groupe Notariat Services, quelques informations laissent penser que les ventes pourraient se dégrader et les prix reculer.


Immobilier : affaiblissement de la hausse des prix à Lyon

C’est ce que révèle le dernier baromètre mensuel LPI-Seloger.


Passoires thermiques : les ventes s’accélèrent dans les villes de la région

null
Seloger a récemment communiqué sur l’envolée des mises en vente de passoires énergétiques. Et notamment à Lyon et dans les grandes villes d’Auvergne-Rhône-Alpes.


Les communes rurales face à une véritable « poussée haussière »

Depuis janvier, elles ont, selon Meilleurs Agents, vu leurs prix grimper de 7,4%, ce qui est près de 2,5 fois plus que les principales agglomérations.


Les prix toujours en nette hausse à Lyon selon LPI-Seloger

nullLe baromètre mesurant l’évolution des prix de l’immobilier fait état d’un affaiblissement de la demande. Les villes d’Auvergne-Rhône-Alpes enregistrent toujours des hausses de prix toujours marquées.


Nette hausse des prix de l’immobilier dans la Loire

Les prix ont très nettement progressé sur 12 mois dans le département, notamment à Roanne et Saint-Etienne, où certains quartiers enregistrent des hausses à deux chiffres.


Immobilier : vers un volume de ventes historiquement élevé en 2021

null
La FNAIM a dévoilé mardi sa note de conjoncture immobilière.


Des difficultés pour mener à bien un projet immobilier

C’est ce qui ressort de la 8e vague de l’indicateur Drimki/BVA.


Les grandes villes moins attractives

nullC’est ce que révèle une enquête Harris Interactive divulguée par Century 21.