La fin du triple A américain et son impact sur l’immobilier français

La fin du triple A américain aura un impact psychologique négatif sur l’économie mondiale. Un scénario en double creux aux Etats-Unis impacterait directement l’économie française, et le secteur de l'immobilier.

Quel va être l’impact de la fin du triple A américain sur l’économie de l’immobilier français? Nombre de professionnels et particuliers s’interrogent, au surlendemain de la dégradation par l’agence de notation Standard&Poor’s, créée en 1909, de la note souveraine des Etats-Unis. En faisant passer de AAA à AA+, celle-ci a en effet brisé un tabou, sans nécessairement provoquer un krach sur les places boursières mondiales. Concernant l’immobilier français, les conséquences indirectes pourraient être nombreuses, et notamment en termes de taux d’intérêt et de mise sous pression de la croissance.

Peu d’impact pour l’heure sur les taux d’intérêt

On pourrait apparenter cela à du soulagement: la dégradation de S&P n’a pratiquement pas eu d’impact sur la dette française. Néanmoins, des quatre grandes économies de la zone euro, le taux de la dette française est le seul à ne pas avoir baissé aujourd’hui, ce qui a notamment pour conséquence l’élargissement de l’écart de rémunération entre les taux allemand et les taux français. A 3.15%, les taux de l’OAT restent néanmoins bien inférieurs à ceux observés en Italie ou en Espagne, qui sont descendus en journée à des niveaux proches, mais encore supérieurs, des 5%. Plus globalement, la fin du triple A américain a pour conséquence de mettre davantage la pression sur les pays disposant de la note la plus élevée sur l’échelle de Standard & Poor’s, comme la France et l’Allemagne.

Néanmoins, certains gestionnaires d’actifs pourraient se reporter à l’avenir sur la dette de pays notés triple A, ce qui réduirait encore davantage les taux d’intérêt français. De ce point de vue, la décision de Standard & Poor’s peut être vue comme une bonne ou une mauvaise chose, suivant le contexte psychologique des marchés obligataires. Pour l’heure, cette décision est neutre pour les taux de l’OAT 10 ans, desquels dépendent les taux d’intérêt des crédits immobiliers.

La croissance sous pression

Si la dégradation de la note des Etats-Unis a pour l’heure peu d’impact sur les taux, elle pourrait néanmoins avoir plus d’impact en matière de croissance économique au niveau mondial. Avec la fin du triple A, l’économie américaine pourrait bien accuser le coup. Beaucoup d’économistes parient en effet sur un impact psychologique négatif sur le consommateur américain, dont les nerfs ont été récemment mis à rude épreuve lors du débat sur le relèvement du plafond de la dette au Congrès américain.

Face à cette situation bloquée d’un point de vue politique, l’une des craintes des économistes est désormais qu’aucune décision majeure n’intervienne avant les échéances électorales de fin 2012. Ce qui pour avoir comme conséquence de mettre à mal les finances publiques américaines durant les prochains trimestres, et de provoquer une nouvelle récession aux Etats-Unis : c’est la thèse du « double dip » ou double creux. Or un grippage de l’économie américaine pourrait avoir, du fait de la place centrale des États-Unis au sein de l’échiquier mondial, un impact négatif sur la croissance des économies européennes et asiatiques. De ce fait, le maintien à un niveau élevé du chômage et la pression sur le pouvoir d’achat que ce phénomène pourrait influer sur la demande globale en immobilier.

La traque aux niches fiscales

Le spectre d’une dégradation de la note de la dette française joue en faveur d’une chasse accrue aux niches fiscales. Si, pour l’heure, la TVA sur les travaux à 5,5 % pour des travaux dans les logements "achevés depuis plus de deux ans", qui coute 5.05 milliards d’euros par an, ne semble pas menacée, le dispositif Scellier fait l’objet d’un débat au sein même de la majorité. Sa suppression ne sera toutefois pas très relutive pour l’État : à peine 300 millions d’euros par an. Reste à savoir si le gouvernement s’attaquera au crédit d'impôt pour les équipements d'habitation "en faveur des économies d'énergie et du développement durable", qui coute un peu moins de 2 milliards d’euros par an. Rien n’est moins sûr, à quelques mois des élections présidentielles. De la même façon, une baisse du coût pour l’Etat du PTZ+, lequel mobilise 2.6 milliards par an, parait difficilement envisageable, d’autant que les promoteurs, en proie à des difficultés, pourraient bien réclamer une réforme de ce dernier, qui pourrait ne pas permettre une réduction de l’enveloppe allouée au dispositif. Reste qu’en cas de tension extrême sur les marchés de la dette française, le gouvernement serait nécessairement contraint de tailler dans le vif afin de s’assurer un rétablissement plus rapide des finances publiques, sans s’embarrasser des complaintes catégorielles.

Arrêt de la hausse des prix des matériaux

On a observé ce matin le phénomène sur le Nymex et sur les autres marchés de « commodities »: les prix des matières premières dans leur ensemble ont diminué, sur des anticipations de baisse de la demande globale. Ceci pour avoir conséquence de mettre un terme à court terme à la hausse des prix des matériaux de construction, lesquels avaient connu une hausse très importante ces derniers mois, dans le sillage des cours de ces derniers sur les marchés financiers. Or, cette dernière, tout comme la mise en place de la norme BBC dans le neuf, est accusée par les promoteurs de faire monter les prix des logements construits, avec in fine des conséquences négatives sur la demande finale.






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