Selon la Banque de France, les banques ont distribué en février 40% de moins de crédits à l'habitat qu'en janvier. Action/Réaction. Est-ce parce que le crédit immobilier s’est effondré en février que les banques ont décidé de baisser leurs tarifs le mois dernier en ce début de mois. C’est la question que l’on peut se poser suite aux chiffres publiés hier par la Banque de France. Selon l’institution, la distribution de prêts à l'habitat a baissé de plus de 40 % en février, par rapport au mois de janvier, à 7,3 milliards d'euros.
Et cette baisse est encore plus impressionnante par rapport aux montants distribués l’an dernier à pareille époque. Début 2011, les chiffres de la Banque de France faisaient état de plus de 14 milliards d'euros, soit une diminution de près de 50% du marché.
Prix de l’immobilier trop élevés, durcissement des critères de financement, les raisons sont nombreuses pour expliquer le phénomène. Sur ce dernier point, on notera notamment que Crédit Logement relevait hier une nette baisse des durées d’emprunt, lesquelles sont revenues à 204 mois (17 ans), un niveau qu’elles n’avaient plus connu depuis le deuxième semestre 2009, au sortir de la crise.
Baisse de la durée des prêts
« Le recul brutal de la durée constaté en mars accompagne alors les difficultés d’un marché marqué par la récession et confronté à la transformation rapide de ses clientèles » expliquait notamment l’Observatoire. En prêtant sur des durées moins longues, les banques, qui souhaitent réduire leurs profils de risque, ont semble-t-il écarté de facto un certain type de clientèle, déjà fragilisée par la fin du PTZ+ dans l’ancien, et la hausse des taux de prêt.
Les banques, elles, ont donc décidé de réagir par les prix, sans toutefois se montrer moins sélectives dans le choix de leurs clients. Elles ont donc annoncé une baisse tous azimuts de leurs grilles de prêts sur les durées d’emprunt les plus courtes, inférieures ou égales à 20 ans. C’était le cas le mois dernier, comme l’a confirmé hier Crédit Logement, c’est également le cas ce mois-ci, comme l’indiquaient hier Meilleurtaux et Emprunt Direct. Reste à savoir si cela sera suffisant pour faire revenir une clientèle attentiste, avant l’échéance présidentielle qui s’annonce…
