<p>(SDH/LPI)</p>
Le Crédit Agricole a publié sa dernière note de conjoncture. Pour le groupe, le marché de l’immobilier tourne au ralenti, et prévoit un repli des ventes en 2012-2013.
Le Crédit Agricole ne voit pas d’amélioration pour le marché immobilier dans les prochains mois. C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture publiée par l’économiste Olivier Eluere. Selon cette dernière, le premier trimestre s’est découpé en deux temps : les ventes au premier trimestre ont ainsi atteint 215 000 unités sur les trois premiers mois de l’année, avec toutefois un pic en janvier, dû aux dernières heures du régime des plus-values immobilières. Aussi, si le premier trimestre 2012 a vu une hausse de 16% des ventes sur un an en Ile de France, les mois de février-mars ont vu une baisse des transactions de l’ordre de 20% sur un an. Dans l’immobilier neuf, les ventes ont baissé de 14% sur un an au premier trimestre, à 19 600 unités, rappelle l’étude.
Les prix toujours surévalués
Sur le premier trimestre, les prix ont aussi ralenti, avec une hausse de seulement 1,3% au premier trimestre, et une baisse en rythme trimestriel. En outre, la variation annuelle des prix en province est passée dans le négatif, de 0,5%. En Ile de France, et notamment à Paris, les hausses restent sensibles : 5,4% en Ile-de-France, et 7% à Paris.
Pour la banque, les prix restent surévalués, « d’au moins 25% », et ce malgré ce début de repli. Dans le neuf, les prix des appartements poursuivent leur ralentissement, avec une progression de 1,9% sur un an au 1er trimestre 2012, contre 3% au 4e trimestre 2011 et 5,1% fin 2010.
2012-2013, années de repli des prix
La banque table, au vu des dernières statistiques, sur une baisse de 10% des ventes de logements anciens. Elles devraient ainsi atteindre 730 000 unités à la fin de l’année. Un pronostic un peu plus optimiste que le Crédit Foncier Immobilier, qui dans une récente note de conjoncture tablait sur une baisse des ventes de 15% et une baisse des prix de -6% en glissement annuel et de -2% en moyenne annuelle. Une baisse des prix conforme à ce qu'elle annonçait en début d'année. « Dans le logement neuf, les ventes baisseraient de 15%, et avoisineraient 90 000 unités. L’offre de logements anciens restera assez mesurée. Une partie des vendeurs potentiels hésiteront à vendre, du fait de la mesure sur les plus-values (entrée en vigueur en février 2012) et de la volonté de conserver un actif jugé sûr et rentable » note Olivier Eluere.
Cette tendance à l’accalmie du marché devrait toutefois se prolonger, avec un repli des prix du même ordre en 2013, soit une baisse cumulée d’environ 12% entre fin 2011 et fin 2013, selon Crédit Agricole Immobilier. « Sur les prochains trimestres, la tendance baissière va se confirmer et va toucher l’ensemble du marché », note la banque, qui, pour expliquer ce phénomène, cite pêle-mêle le contexte économique dégradé, des taux de crédit toujours en hausse depuis début 2011, des prix surévalués, et une série de mesures de resserrement fiscal. Toutefois, selon le Crédit Agricole, les fondamentaux du marché restent bons. Et si la demande va donc se replier, «elle ne va pas s’effondrer » note Olivier Eluere, les freins à l’activité étant plutôt de nature conjoncturelle.
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