Selon Empruntis, le pouvoir d'achat immobilier a fortement reculé depuis novembre dernier.
Stabilité ! Après plusieurs mois de hausse consécutifs, les taux ont observé une pause en juin. Selon Empruntis, les taux n'ont en effet pas connu d'évolution sensible au cours du mois, un avis partagé par d'autres courtiers mais également par l'observatoire du financement résidentiel Crédit Logement. Ce dernier a en effet indiqué que les taux n'avaient progressé que de quatre points de base au cours du mois de juin. Ils devraient en outre, selon la plupart des courtiers, peu varier au cours des mois de juillet et août.
Malgré cela, la hausse des taux de crédit immobilier observée depuis décembre dernier à mis de côté certains candidats acheteurs, et ce d'autant que, parallèlement, les prix ont continué d'augmenter dans certaines régions de France, comme en Île-de-France. Au total, la hausse est en effet de 80 points de base depuis octobre 2010.
15% d’acquéreurs potentiels exclus du marché
Du coup, Empruntis a fait ses calculs. Sur 100 dossiers qui étaient finançables entre octobre et décembre, 15 ne sont plus aujourd'hui. Beaucoup de ménages dépassent en effet le seuil d'endettement admis par les banques, fixé en général à 33 %. La hausse de taux enregistrée depuis la fin de l'année dernière a, à revenus et dossiers équivalent, gonflé les mensualités à payer chaque mois, ce qui, dans certains cas, place les dossiers des emprunteurs hors des exigences des banques. « Les français qui souhaitent devenir propriétaires sont aujourd’hui dans une situation compliquée et particulièrement les primo-accédants», note Maël Bernier, porte-parole d’Empruntis.com.
C'est en effet au niveau des primo accédants que la part finançable par emprunt est souvent la plus forte. On notera d'ailleurs que, dans les chiffres publiés ce matin par Century 21, le réseau d'agences observe qu’une part de plus en plus importante et financée sur fonds propres en région parisienne, avec une proportion importante de secundo-accédants (ceux qui revendent pour racheter, souvent des appartements plus grands). Le taux de financement par emprunt est ainsi passé, à Paris, de 64 % à 58 %. Toutefois, certains commencent à douter de la pérennité de telles tendances. Car même si l'augmentation du prix des biens est financée par le produit de la revente d'autres biens immobiliers, en bout de chaine, les primo accédants, acheteurs de type T1 T2, pourraient bientôt manquer à l'appel, faute de financement.
