A une semaine du premier tour, le candidat Sarkozy déclare, dans une interview à Femme actuelle vouloir mettre en place un système d’encadrement.
« Le contrôle des loyers est le moyen le plus efficace pour détruire une ville, exception faite d’un bombardement ». La phrase d’Assar Lindbeck, président du Comité Nobel d’Economie, a résonné plus d’une fois dans la campagne, tant dans la bouche de professionnels du logement que dans celle du ministre du logement, Benoist Apparu.
A une semaine du premier tour, la déclaration de Nicolas Sarkozy sur l’encadrement des loyers a donc de quoi surprendre. Dans une interview faite à l'hebdomadaire féminin Femme actuelle, le président candidat promet d'encadrer les loyers, en prenant pour exemple l'Allemagne. "C'est une bonne idée. Je la reprends. Il ne s'agit pas de bloquer les loyers, mais bien d'un encadrement. C'est en cela qu'elle est intéressante. Je l'appliquerai."
Nicolas Sarkozy avait pourtant longtemps combattu cette idée d’encadrement des loyers, prônée notamment par le candidat socialiste. "C'est très simple: plus personne ne louera et plus personne ne construira. C'est exactement le contraire de ce qu'il faut faire. Cela n'a marché nulle part, même à l'époque de l'Union soviétique". De son côté, celui qui était alors secrétaire d’État au logement, Benoist Apparu, se montrait opposé en janvier dernier à l’encadrement des loyers: "j'y suis totalement défavorable par pragmatisme pas par principe. Ce serait une erreur monumentale » indiquait il dans une interview au Nouvel Observateur.
Une mesure qui prendra du temps
Mais apparemment, Nicolas Sarkozy a choisi de rallier le camp de l’encadrement, alors que le logement apparait comme une thématique centrale dans le scrutin, aux côtés de la dette et du chômage. De ce fait, le même Benoist Apparu, aujourd’hui ministre délégué au logement, s’applique aujourd’hui à nuancer. « D'un côté vous avez François Hollande qui veut baisser les loyers de 20% de manière administrative et collective, de l'autre, vous avez le chef de l'Etat qui veut s'inspirer du modèle allemand pour permettre à un locataire de saisir le tribunal pour corriger les abus » indique-t-il au monde.
Le système d’encadrement des loyers a donc de bonnes chances d’aboutir dans les prochaines années en France. Il s’appuierait, dans un tel cas, sur un système de référencement établi dans les métropoles allemandes, sous le nom de Mietspiegel. Et l’Allemagne n’est pas isolée. L’encadrement existe également de fait en Suisse, avec la possibilité pour le locataire de contester une hausse de son loyer qu’il juge trop forte.
Reste que la mesure si elle venait à être actée prendrait du temps. Il n’existe en effet pas de référentiel de loyer en France. Clameur, observatoire professionnel dirigé par Michel Mouillart, n’est représentatif que dans certaines métropoles régionales. Quant à l'observatoire des loyers de l'agglomération parisienne (Olap), il n’intervient que sur Paris et d’autres métropoles bien définies, même si il est public.
