A partir des résultats 2010 du recensement l'Insee Rhône-Alpes présente une analyse sur une la sur-occupation des logements dans la région. La suroccupation est plus répandue dans les grandes villes, mais elle reste moins fréquente qu'en Ile de France.
En Rhône-Alpes, on compte 96 000 logements sur occupés. Ce sont 355 000 personnes qui sont concernées, soient 6,8 % de la population des ménages de deux personnes et plus. La part des logements suroccupés en Rhône-Alpes est inférieure à la moyenne nationale (5,4 % contre 7,4 %) . Le taux est
en revanche supérieur à celle de la France de province (4,7 %).
Le recensement permet de mesurer le degré d'intimité en rapprochant le nombre de pièces du logement de la composition du ménage qui l’occupe. Cet indicateur ne concerne pas les personnes vivant seules, mais les ménages de deux personnes ou plus.
Loin derrière l'Ile de France
Rhône-Alpes arrive loin derrière l'Île-de-France, les départements d'outremer, et dans une moindre mesure Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse. Rhône-Alpes se trouve dans une situation intermédiaire, proche de Languedoc-Roussillon, de l'Alsace et de la Picardie.
Comme dans l'ensemble des régions métropolitaines hors Île-de-France, la proportion des logements suroccupés diminue depuis 1999 en Rhône-Alpes. L'explication tient à la diminution du nombre de personnes par ménages: séparation, divorces, célibataires. Le nombre moyen de personnes par ménage est passée de 2,4 personnes en 1999 à 2,3 en 2010. C'est par ailleurs ce même phénomène qui crée, on le sait, des tensions sur le marché du logement, en dehors de nouveaux modes de vie et d'activités ( étudiants, salariés devant loger dans plusieurs lieux,etc.)
Le Rhône, département le plus touché
Le Rhône est le département le plus affecté par la suroccupation : 7,9 % des ménages y vivent dans un logement trop petit. Le Département affiche un taux supérieur à la moyenne nationale. La Haute-Savoie est le deuxième département le plus touché, avec 6,3 % de logements
suroccupés.
Viennent ensuite la Savoie et l'Isère (avec respectivement 5,3 % et 4,8 %). Dans l'Ain, l'Ardèche, la Drôme et la Loire, moins de 4 % des logements peuvent être considérés comme n'ayant pas suffisamment de pièces.
La suroccupation est avant tout un fait urbain. Dans les communes urbaines, 6,2 % des logements sont suroccupés ; la part n'est que de 2,4 % dans les communes rurales. Le différence urbain-rural est moins forte en Rhône-Alpes qu'au niveau national : 11,9 % dans les communes urbaines et 2,5 % dans les communes rurales.
Les tensions immobilières en lien avec la moindre disponibilité des logements,renforcent la suroccupation. C'est notamment le cas dans les agglomérations de Lyon (Villeurbanne), de Genève (Annemasse) et de Grenoble. Le phénomène de suroccupation affecte également les zones touristiques attractives. ATignes et au Grand-Bornand, de nombreux logements sont suroccupés.
Surtout les ménages comptant de nombreuses personnes
La suroccupation augmente avec le nombre de personnes du ménage et passe de 3,2 % pour les ménages de 2 personnes à 30,1 % pour les ménages de 6 personnes ou plus. La part des logements suroccupés diminue avec le nombre de pièces dont dispose le ménage : ainsi, par définition, 100 % des logements d'une pièce occupés par deux personnes ou plus sont suroccupés, contre seulement 0,5 % pour les logements de 6 pièces et plus. Le phénomène de suroccupation touche principalement les ménages locataires en appartement. Il affecte davantage les ménages dont la personne de référence est un
employé ou un ouvrier (respectivement 11,0 % et 8,2 %).
michel.deprost@enviscope.com à partir du dossier de l'INSEE.
L'Insee met à disposition, sur un espace dédié de son site internet, de très nombreuses statistiques issues des cinq dernières enquêtes annuelles de recensement.
