<p>(SDH/LPI)</p>
EDITO - Le marché du crédit immobilier semble revenir dans un profil saisonnier moins atypique qu’il n’avait été en 2017, les banques réalisant de nouveau des efforts en ce mois d'avril. Mais ceux-ci seront-t-il suffisants pour redonner du souffle au marché ?
Comme le montrent diverses études récemment publiées, le marché du crédit immobilier est revenu dans une configuration peu ou prou « normale ». Le premier trimestre aura en effet été marqué, dans un contexte de quasi stabilité des taux d’intérêt, par une production plus proche de ses niveaux du premier trimestre 2016 que ceux du premier trimestre 2017 - un millésime exceptionnel.
Les courtiers en crédit indiquent par ailleurs que leur posture, jusqu’ici attentiste, est peu à peu en train de changer face aux développements observés sur le marché obligataire. Les taux ont en effet glissé depuis leurs plus hauts de février, et le contexte est donc un peu moins tendu sur le marché du crédit, offrant des perspectives de baisse sur le segment du crédit immobilier.
Certains courtiers ont pour l’heure communiqué sur une hausse de l’activité en avril par rapport à la même période de 2017. Il faut dire que c’est à cette même période l’année dernière que la production avait commencé à fléchir pour atterrir en mai et dans le courant de l’année 2017. L’effet de base joue donc à plein, si l’on compare deux années au profil bien différent. La production reste à un bon niveau par rapport à 2016, et reviendrait donc, si les dires de certains courtiers se confirment dans les chiffres de la Banque de France, dans un profil d’année moins atypique qu’il ne l’avait été en 2017. L’année dernière avait, rappelons-le, été une des rares années où l’on n’avait pas assisté à de véritable temps fort habitat, d’avril à juin, du fait d’un début d’année marqué par une production exceptionnelle.
La hausse de l’activité perçue ces dernières semaines pourrait être confortée par des efforts plus importants de la part de certains établissements bancaires. Certaines banques plutôt tournées vers les primo-accédants ont ainsi décidé d’abaisser de manière assez sensible leurs taux de crédit immobilier sur les maturités pour faire face à une baisse de l’activité impliquée par la réforme du PTZ et la suppression de l’APL accession, et stimuler par ce biais la production. Reste à savoir si l‘une des barrières principales des ménages les plus modestes, à savoir les prix, évolueront, ou si le blocage de marché, sensibles sur certains marchés tendus, perdurera.
Car tel est sans doute le risque le plus sensible en cette année : l’accroissement des fractures territoriales en matière de prix, entre cœur des métropoles dynamiques attirant les liquidités et investissements et marchés périphériques, où les aides se réduisent. Et celles-ci ne pourraient être comblées que par une véritable vision d'aménagement du territoire, appuyée par une volonté politique allant dans ce sens. Les dernières mesures de la loi de finances 2018, avec le rétrécissement du périmètre du dispositif Pinel aux zones les plus tendues n'aura malheureusement, comme conséquence, que de renchérir le foncier... Ce qui aura, à terme, un effet inflationniste. Faut-il continuer d'arroser là où il pleut déjà en abondance ?
