Crédit immobilier : pour Capfi, les taux devraient rester bas

Selon l’intermédiaire, les taux pratiqués en février chez Cafpi ont été stables.

Le courtier en crédit immobilier Cafpi n’a pas constaté de hausse des taux le mois dernier. L’intermédiaire note en effet qu’à l’image des mois précédents, les taux pratiqués au cours du mois dernier sont stables. « En moyenne Cafpi a obtenu pour sa clientèle 0,48% sur 10 ans ; 0,67% sur 15 ans ; 0,83% sur 20 ans et 1,04% sur 25 ans », précise-t-il.

Sur le front des taux moyens proposés par les banques en mars, l’intermédiaire note qu’ils sont identiques à ceux proposés en février, et ce, malgré la remontée des OAT 10 ans, toujours en territoire négatif. Selon Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, « les craintes des remontées des taux longs aux États-Unis, en réponse aux prévisions de reprise économique et d’inflation des prix, n’ont pas lieu d’inquiéter les banques françaises ». Car selon Cafpi, la Banque centrale européenne (BCE) ne suit pas le même scénario de reprise dans la zone euro et n’a donc pas de raison pour l’instant d’aligner sa stratégie à celle de la FED. Pour lui, « c’est une excellente nouvelle pour les emprunteurs qui profitent toujours de taux bas, proches des records historiques, et de l’appétence des banques à distribuer du crédit ».

La résilience des primo-accédants

L'intermédiaire met en avant une nette reprise de la demande sur certains segments de clientèle. En février, la nouvelle demande de crédit chez Cafpi a été plus forte que le même mois de l’année précédente, et ce pour la première fois depuis un an, signe du retour d’un marché dynamique. «Cette tendance est marquée par une présence remarquable des primo-accédants (69% de la demande chez Cafpi), alors même que les contraintes bancaires imposées par le HCSF pénalisent en particulier cette cible», analyse Philippe Taboret.

Pourtant, selon le courtier, l’endettement maximal de sept années de revenus, la durée de crédit limitée à 25 ans (27 ans pour le neuf) et les exigences sur l’apport personnel (Loan To Value) - même partiellement compensés par la hausse du taux d’effort maximal à 35 % -, auraient pu être de nature à ralentir la part de primo-accédants parmi les acheteurs. Mais « il n’en est rien. Les primo-accédants avec un projet immobilier mettent tout en œuvre pour aller au bout. Une ouverture plus large à la délégation d’assurance pour ces emprunteurs, souvent plus jeunes, permet en général de baisser le coût de son crédit », ajoute Philippe Taboret.

Cafpi soulève en outre un autre point. Selon lui, l’effondrement historique de l’offre dans le neuf met en péril le pouvoir d’achat des primo-accédants. Ce segment du marché immobilier est particulièrement apprécié par les primo-accédants, car soutenu par des dispositifs d’aide à l’accession, comme le prêt à taux zéro, et des frais de notaires réduits, ce qui permet de diminuer le montant en fonds propres nécessaire.

Un marché qui reste fragile pour certains

L’intermédiaire fait état de beaucoup moins de résilience chez les investisseurs, dont la part tombe à 10 %, contre 15 à 20 % en temps normal. « Ces emprunteurs subissent de plein fouet les recommandations du HCSF. De plus le manque de visibilité sur leurs investissements et sur la pérennité du soutien du Gouvernement pèse de plus en plus dans leurs démarches », commente Philippe Taboret. Il est important de leur donner plus de visibilité sur le futur du dispositif Pinel et sur le statut de bailleur privé. Nous sommes en année pré-électorale et en préparation du prochain Projet de loi finances, dans l’optique d’amorcer la relance économique. « Il faut dès à présent prendre en compte les différents signaux d’alarme tirés par les professionnels du secteur et relancer rapidement la construction pour répondre à une demande de plus en plus soutenue », conclut-il.






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