Oullins : « les prix pourraient rattraper ceux de Lyon »

Selon Romain Solenne, directeur de l’agence Guy Hoquet à Oullins, les prix resteront à la hausse cette année sur la ville, du fait de la perspective de l’arrivée du métro, dont la mise en service est prévue fin 2013.
Oullins est en pleine mutation avec l’arrivée du métro. Quel est l’état du marché et quels sont les prix généralement pratiqués à Oullins ?

Le métro va être mis en service d’ici un peu moins de deux ans. Son arrivée va rattacher un peu plus Oullins à Lyon. Mais la ville bénéficie déjà de liaisons fortes avec le centre-ville de Lyon, avec l’autoroute A7, mais aussi les lignes de bus, qui permettent d’être très rapidement dans Lyon. Pour ce qui concerne les prix, pour 3000 euros le mètre carré, on aura un beau produit, propre, en bon état, qui demande peu de travaux. Pour 2500 euros, on aura quelque chose de plus basique. En dessous, ce seront plutôt des produits avec travaux. Les premiers prix démarrent à 1800 euros sur Oullins, voire à 1600 euros sur la Saulaie.

Dans le détail, quels sont les prix dans le centre-ville d’Oullins ?

Il y a deux paramètres qui rentrent en compte, la surface et le lieu. Plus le bien est petit, plus il est cher… Sur Oullins, on va être entre 2500 euros et 3000 euros le mètre carré, pour un produit correct, propre. Sur les surfaces au-delà du T3, on va rétrécir les prix de 10 à 20%. Je vends actuellement un appartement entièrement refait, dans la Grande rue d’Oullins, 90 m2, avec du cachet, à 2700 euros du mètre. Il tomberait à 2200 euros s’il n’était pas propre, parce que j’ai une grande surface. La Grande rue est vraiment touchée par ce côté centre-ville. Dans les rues adjacentes, dans un rayon de 60 mètres autour de la Grande rue d’Oullins, on garde toutefois cet environnement en termes de prix. Pourquoi ? Parce que les commerces, les écoles, et les transports en commun sont vraiment concentrés… La Grande Rue d’Oullins fait office de colonne, autour de laquelle l’activité est concentrée. Les secteurs limitrophes à Pierre Bénite, Saint-Genis Laval, Chaponost, ou éventuellement La Mulatière vont être moins touchés par l’effet métro que le Centre ville.

Quels sont les autres grands secteurs d’Oullins?

Le secteur limitrophe à Saint Genis Laval est assez dynamique. Ce secteur bénéficie à la fois de sa proximité avec le Centre-Ville, de la présence de nombreux commerces de proximité, et d’une certaine qualité de vie. On est sur un secteur pavillonnaire assez calme, et déjà proche de la campagne. En revanche, ce secteur sera moins impacté par l’arrivée du métro. Nous avons également des produits qui se vendent à la périphérie de Chaponost et de Saint-Genis-Laval. Dans une résidence comme le Val d’Yzeron, dans laquelle on trouve des appartements en bon état, avec de faibles charges, on va être sur 2300 euros du mètre carré. On reste toutefois à 2 kilomètres du centre d’Oullins. Un autre secteur qui est en train de se régénérer est celui de la Bussière, qui est limitrophe à Sainte Foy/Francheville, à proximité de l’Yzeron. C’est un quartier qui était jusqu’ici très vieillissant. Des constructions neuves ont toutefois été édifiées récemment, ce qui a permis de redonner une certaine dynamique au quartier, qui dispose en outre de nombreux commerces de proximité : commerces, tabac, etc… On est, sur ce secteur, soit sur de l’ancien, soit sur des immeubles neufs : il n’y a pas de résidences des années 70 comme dans d’autres secteurs d’Oullins. Ça reste le deuxième secteur de retour par rapport au centre-ville. Après, l’un des autres secteurs importants d’Oullins est celui de Montmein, qui est situé sur une colline, sur laquelle a été édifiée à la fin des années 60 et au début des années 70 une grosse copropriété, qui comprend 1000 logements. Sur certains produits, on peut y obtenir des petits prix, mais les charges y sont importantes : elles peuvent atteindre jusqu’à 200 euros pour un T3. Il n’y a donc pas de marché de location de ce simple fait. Dans ce quartier, nous avons vendu la semaine dernière un appartement de 69 m2 pour 139.000 euros.

Le marché d’Oullins est un secteur essentiellement collectif, avec assez peu de maisons individuelles ?

Oui, Oullins est essentiellement un marché d’immeubles collectifs. Il y a très peu de pavillons. En revanche, dès que l’on franchit la butte de Saint Genis Laval, il y a une certaine cassure qui s’opère : nous sommes dès lors sur un marché de pavillons. Oullins s’est beaucoup développé dans les années 50. Les immeubles ont été pensés pour loger les gens travaillant dans l’industrie. La ville a été une commune dortoir de Lyon. Par rapport, Saint Genis Laval s’est développé beaucoup plus tard, par de la construction de maisons individuelles. Les deux marchés n’ont donc rien à voir.

Les rares maisons à la vente sur Oullins doivent être de fait très recherchées…

Les seules maisons sont rares et se vendent très rapidement. Une maison proche de la Mulatière s’est vendue 350.000 euros pour 120 m2 à rafraichir, en bordure du parc Chabrières. Nous avons plusieurs marchés, le premier étant celui de la maison en centre-ville. C’est un marché très atypique : on recherche le charme de l’ancien, de la maison individuelle, tout en étant en plein cœur du centre-ville. Cela reste un marché très restreint. Nous avons deux autres secteurs pavillonnaires, l’un en bordure de Chaponost/Saint Genis Laval, dans le secteur Yzeron-Pont blanc, et l’autre à la limite de Pierre Bénite. Sur ce dernier secteur, on est sur des prix qui avoisinent les 300.000 euros.

Existe-t-il un intérêt pour le quartier de la Saulaie ?

La Saulaie, c’est un secteur qui reste, depuis un certain temps, en devenir. Pour l’heure, il n’y a toutefois pas de demande. Il y a sur une partie du quartier un secteur très dynamique au niveau des entreprises, avec un beau centre d’affaires, mais sur l’autre partie, le centre de la Saulaie, le quartier reste toujours assez enclavé, entre l’autoroute et la voie de chemin de fer. On a par exemple sur cette zone un appartement T4 de 70m2 à 140.000 euros, qui est en excellent état qui peine à trouver preneur.

Ressentez-vous déjà l’effet métro, notamment par le biais d’investisseurs qui viennent investir à Oullins?

Depuis plus d’un an, nous avons déjà des investisseurs ayant la volonté d’investir à Oullins. Ils ont la logique d’investir aujourd’hui, avant l’arrivée du métro, car ils savent que les prix dans le secteur pourraient à terme rattraper les prix lyonnais qui approchent, sur certains secteurs, les 4000 euros. Ils recherchent des petits produits pas chers, à 2000-2500 euros du mètre carré en état moyen, les rafraichissent, et les louent par la suite à des conditions de loyers similaires aux prix lyonnais. C’est la grande tendance depuis un an. Par ailleurs, le métro est, pour les gens, un élément de décision important. Certaines personnes qui sont contraintes budgétairement, et qui ne peuvent donc pas s’installer dans d’autres communes de l’Ouest lyonnais, comme Craponne ou Tassin-la-demi-lune, décident de s’installer sur Oullins, du fait du métro et de la très bonne accessibilité générale du secteur. L’autoroute permet d’accéder facilement aux axes nord-sud, et d’être très rapidement dans le centre de Lyon. Nous ne sommes pas trop loin de la ville, mais également de la campagne, avec les monts du lyonnais, le tout pour des prix encore abordables.

Quelle est la tendance du marché actuellement ?

La tendance des prix reste plutôt orientée à la hausse. Nous sommes sur une pénurie de produit. On a de moins en moins de produits à vendre tout de suite, des délais très courts en termes de vente. Il y a 2 ou 3 ans, nous avions 50 à 55 produits en vente, désormais, nous en avons 35. Lorsque l’on se promène dans les rues d’Oullins, on cherche vraiment les panneaux « A vendre », ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Il y a aussi un certain nombre de gens qui attendent l’arrivée du métro, pour profiter d’une revalorisation du prix. Pour 2012, nous prévoyons donc toujours une montée des prix, contrairement à Lyon qui, lui, est un marché plutôt stagnant. Pour vous donner un ordre d’idée, dans une résidence d’Oullins, qui s’appelle « les Ifs », les prix se situent plutôt dans les premiers prix : la résidence est calme, propre, mais sans ascenseur. L’année dernière, nous sortions facilement des T3 à 115.000 euros. Cette année, il n’y a pratiquement rien au-dessous de 130.000 euros, soit une augmentation supérieure à 10%.

La fin du PTZ+ va-t-elle selon vous affecter le marché d’Oullins ?

La fin du PTZ+ va toucher les primo-accédants, et le marché d’Oullins est plutôt un marché de primo-accédants. Toutefois, si le PTZ+ avait eu une influence, elle était toute relative. Le PTZ+ était lié à l’achat d’un appartement disposant de bonnes performances en termes énergétiques. Or à Oullins, le parc de logements ne dispose pas forcément de bonnes conditions énergétiques, donc le PTZ+ était appliqué à de faibles conditions, ou très rarement. Tous les appartements que l’on vend dans l’ancien sont plutôt classés en E ou en D. Les primo-accédants ne peuvent pas se payer des biens disposant de bonnes conditions énergétiques.






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Commentaires

Un coup de pub qui a le hoquet…
Tout ça nous dit pas que la grande rue est constament engorgée de voitures le matin et le soir, chose à ne pas négliger comme le fait notre « agent »… a moins que leurs acheteurs soient des neuneu pour se foutre dans les embouteillage (à moins qu’ils apprécient les bouchons…)

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Il n’empêche qu’il a raison sur le métro: ça va changer la vie. Quant à la grand rue, c’est un peu pareil que dans pas mal de quartiers de Lyon… Il n’empêche que la vie à Oullins, rien que pour ce qu’on trouve à la MJC, c’est quand même agréable…

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