Selon Arthur Loyd Logistique , le marché des utilisateurs d'entrepôts logistiques a reculé de 13% au niveau national au premier semestre par rapport à la même période de 2012.
La décélération du marché des utilisateurs d’entrepôts logistiques ( investisseurs occupants) s’est accentué au premier semestre de 2013 par rapport au même semestre de 2012. : 760 000 m² ont été vendus au niveau national soit un recul de 13 % par rapport au 1er semestre 2012. « Demande exprimée timide, allongement des cycles de décision dans un contexte économiquement tendu : conformément à nos prévisions, nous tablons raisonnablement sur une demande placée de l’ordre de 1,5 à 1,6 million, une décélération dans le prolongement de 2012 » conclut Didier Terrier, Directeur Général d’Arthur Loyd Logistique.
L'essentiel du marché est représenté par la dorsale Nord Sud Lille-Ile de France, Lyon-Marseille, qui relie notamment des régions industrielles et des bassins de consommation. « L’activité transactionnelle s’est réduite de près de 30 % sur les marchés de la dorsale qui ne concentre plus que 60 % des mouvements et 450 000 m² en volume », constate Didier Terrier.
L'Ile de France impactée
L’Ile-de-France qui représente le premier marché a reculé avec un tiers des transactions : 242 000 m² placés. Les grandes transactions ont particulièrement régresssé. Plusieurs grands clés-en-main à l’initiative de chargeurs devraient se concrétiser avant la fin de 2013.
Le marché de la région lyonnaise a aussi reculé. Après un premier trimestre atone, il atteint à peine 90 000 m², grâce aux prises à bail de chargeurs comme Point P pour 22 000 m² ou NTN SNR Roulements sur 21 000 m². " Le foncier devient rare en région lyonnaise. La Rocade Est n'offre plus beaucoup de possibilités. Le nord Isère est très demandé, la Plaine de l'Ain s emble un peu à l'écart " estime Chantal Latreille, d'Arthur Loyd Lyon. Didier Terrier ajoute : « les 80 000 m² en cours de signature dans la région lyonnaise cet été ne suffiront pas à inverser la tendance ». Des perspectives existent au nord de Lyon, dans le secteur de Villefranche sur Saône, voire, toujours près de l'axe A 6 de la Dorsale, sur la rive gauche de la Saône, au Nord de Trévoux et de Jassans Riottier.
Les marchés marseillais et lillois, avec respectivement 42 000 et 80 000 m², restent dans le sillage de 2012, avec un 2ème trimestre quasiment blanc. Le marché marseillais est susceptible de rebondir fortement avant la fin du 3ème trimestre avec des négociations très avancées sur près de 200 000 m².
Investissements en dehors de la Dorsale, en Bourgogne et Alsace
La consommation s’est développée en dehors de la dorsale, sous l’impulsion continue des industriels et des chargeurs de la grande distribution. Le développement du commerce électronique est consommateur d'entrepôts. L'investissement d'Amazone en Bourgogne, aidé par les collectivités est emblématique.
La Bourgogne montre un réel démarrage après plusieurs années plutôt calmes, avec près de 80 000 m² (3 transactions supérieures à 20 000 m²). Champagne-Ardennes montre aussi des signes de développement (56 000 m² dont le clé-en-main de 44 000 m² de Scapest à Chalon-en-Champagne). L’Alsace-Lorraine figure dans le peloton de tête des régions avec 50 000 m² placés.
L’offre immédiatement disponible repart légèrement à la hausse sur la dorsale en raison de la tiédeur du marché. Les prestataires logistiques moins sollicités libèrent des volumes de stockage. Les capacités foncières des opérateurs restent significatives, à l’exception de Lyon, mais l’anémie de la demande n’encourage toujours pas les constructions en blanc connue il y a quelques années.
Les valeurs locatives prime sont stabilisées à 51€/m²/an en Ile-de-France et de 41 à 43 € sur le reste de la dorsale. Des ajustements à la baisse sont observés ponctuellement sur certains secteurs sur-offreurs en bâtiments de classe B et de surface moyennes (Sud de l’Ile-de-France, Lyon Nord Isère).
michel.deprost@enviscope.com
