Démolition de la tour UAP : un chantier avant Incity…
Dans quelques mois il ne restera bientôt rien de la tour UAP. Commencée en début d’année, la déconstruction avance au rythme d’un étage tous les 10 jours. Dans quelques mois, le chantier de la tour Incity pourra commencer.
La tour UAP aura bientôt totalement disparu du paysage lyonnais. Construite en 1972, cette dernière n’était plus occupée depuis des années. Un désamiantage avait été opéré en 2010, préalablement à sa démolition effective, qui n’a véritablement commencé qu’en janvier-février. Mais depuis l’été 2011, la déconstruction avait déjà débuté de l’intérieur. En décembre, la grue servant à la démolition effective de l’édifice avait été installée.
La première tour BBC en Europe

« On est très fier de ce chantier car il a beaucoup eu d’impact, y compris en Europe. Incity sera la première tour BBC en Europe, avant Paris. Je pense que Lyon a une exigence d’exemplarité » expliquait ainsi Jean Claude Condamin (en photo ci-dessus), lors de la présentation de la stratégie tertiaire du Grand Lyon en février dernier. Le promoteur et les équipes de GFC – Bouygues, en charge de la déconstruction, ont voulu pousser cette démarche encore plus loin, en faisant de la démolition de la tour UAP un chantier là aussi exemplaire, tant en termes technique que d’impact sur son environnement immédiat.

Le processus de déconstruction de la tour ne date d’ailleurs pas d’hier. Une première étape s’était en effet achevée en avril 2010, celle-ci consistant à enlever tout ce qui se trouvait dans la tour, c’est-à-dire les sols, les cloisons, les équipements électriques et thermiques. Ce « curage vert » a permis aux matériaux enlevés d’être triés, colisés, puis évacués en centre de traitement de déchets spécialisés. Toute l’évacuation s’est ainsi faite sans impact sur l’extérieur de la tour : les 850 tonnes de matériaux enlevés ont été évacués par l’intérieur de la tour, tout cela pour laisser les façades en place et minimiser les nuisances dues au bruit.
Les Halles de Lyon préservées

Les équipes chargées de la déconstruction se sont tout d’abord installées en périphérie de la tour, avant de déconstruire la couronne qui se trouvait dans la partie basse de la tour, qui faisait jusqu’ici usage de parking. Cette couronne en partie basse de la tour a été démolie à l’aide d’une pelle mécanique équipée d’une pince, qui permettait d’éclater le béton sans le taper, afin notamment de minimiser le bruit. Le groupe de BTP a donc pu monter une tour au sol à l’arrière et s’isoler des Halles de Lyon (voir la photo ci-dessous montrant la désolidarisation de la tour et des halles) , qui étaient jusqu’ici mitoyennes du chantier.

Un certain nombre de dispositifs ont par la suite été installés, dont des échafaudages, qui sont entièrement recouverts de panneaux métalliques pour former et un écran visuel. Une protection très particulière a été mise en place sur les Halles afin de se prémunir contre toute chute de gravillons, celles-ci étant recouvertes d’une verrière.
La grue montée, la coiffe ôtée

Une fois son socle ôté, la grue à tour Liebherr HC 355 à flèche relevable, d’une capacité de 35 tonnes à 16 mètres – l’une des plus puissantes actuellement montées en France – a été installée et arrimée à la tour. Sa cabine, qui s’élève à 103 m de hauteur, a en outre été fabriquée spécialement pour ce chantier. La grue est donc ancrée dans les sous-sols de la tour, sur un massif de 100m3 de béton, pour être ainsi au plus près de la tour, et augmenter de facto ses performances en termes de levage. Celle-ci a permis d’ôter la structure métallique qui se trouvait en haut de la tour.

Plutôt que d’aller déconstruire celle-ci en haut de la tour, les équipes ont descendu cette structure de 17 tonnes en une fois, pour la couper par la suite très rapidement, en l’espace de deux heures, avant d’être évacuée en centre de déchets agrée. Avantage : le personnel n’est pas mis en danger, et les nuisances sont fortement réduites.Par la suite, les équipes de GFC ont commencé par grignoter le dernier étage de la tour, l’étage technique, pour pouvoir mettre en place la structure de déconstruction, la coiffe.

Ce procédé, qui n’avait été testé jusqu’ici que dans le cadre de démolition de cheminée, constitue une première dans le cadre d’un immeuble. Cette coiffe métallique, qui pèse 250 tonnes, prend ainsi appui directement sur le bâtiment à déconstruire, et non pas sur le sol.

Elle repose en permanence sur douze vérins, lesquels s’appuient eux-mêmes sur les douze poteaux porteurs de la tour.

Le principe consiste à couper les poteaux qui se trouvent sous chaque vérin en position haute. Suite à cette opération, le vérin est déplié et vient s’appuyer sur l’étage inférieur. Après avoir répété cette opération douze fois, la coiffe se trouve suspendue en position haute sur les douze vérins dépliés.

Quand la plateforme repose sur ses douze pieds à l’étage inférieur, elle peut être descendue d’un niveau, pour de nouveau réitérer l’opération. A chaque étage, les engins de démolition grignotent la structure, rasent l’intérieur de la construction et font descendre le gravat par l’ancienne cage d’ascenseur.

Limitation des nuisances
L’intérêt de recourir à une telle coiffe est double: d’abord assurer la sécurité des hommes, mais également assurer un certain confort aux riverains. Les intervenants sur le chantier peuvent en effet travailler sur 3 étages dans un environnement clos, éclairé et sécurisé.

Avec l’installation d’une bâche de plus de 1000m2 sur l’ensemble de la coiffe, les hommes travaillant sur le chantier sont protégés de la pluie. Cette dernière assure également la bonne isolation des travaux et préserve l’environnement du chantier.

En bas, les gravats sont triés, avec une séparation du béton et de l’acier. Les matériaux sont ensuite évacués par camion, les poussières ayant été préalablement traitées par un procédé de micro-nébulisation. Afin de limiter au maximum toute nuisance sonore, les entreprises évitent au maximum l’utilisation du brise roche, le sciage, et recourent le plus souvent possible à la pince. En périphérie, des capteurs sonores et vibratoires sont placés en différents points stratégiques pour mesurer l’impact du chantier sur l’environnement immédiat. Si des limites sont dépassées, les responsables du chantier sont alertés directement et peuvent corriger le tir en permanence.

Début février, les équipes ont commencé cette « descente » de la tour, avec le grignotage du premier étage. La coiffe devrait descendre jusqu’au 5ème étage de la tour. Dès lors, la coiffe de déconstruction, conçue et dirigée par l’entreprise italienne Despe, sera démontée, et il ne restera plus aux équipes en charge de la déconstruction qu’à démonter le restant du socle. Au début du deuxième semestre, après cette longue phase de démolition, le chantier de la construction de la tour Incity pourra alors véritablement commencer.

Crédits Photos: photo 1 et 3 à 15: DR/Sogelym Dixence. Photo 2 et 16: Sylvain D’Huissel et LPI
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