La baisse des taux de la BCE ne devrait pas avoir de grand impact sur le marché des crédits immobiliers. Même si la tendance des taux de crédit reste baissière sur le fond.
La baisse de 25 points de base du principal taux directeur et celle de 50 points de base des taux de facilité de prêts, ne devrait guère avoir d’impact sur son taux directeur. Car si la Banque Centrale a fait le choix d'assouplir sa politique monétaire, une telle décision ne peut avoir d’impact direct que sur les taux fixes.
Car en baissant les taux de 25 points de base, la priorité est une nouvelle fois de faciliter le crédit en amoindrissant son coût. Surtout, la BCE pourrait bien ne pas vouloir être accusée de rester bras croisés face à un chômage au plus haut en zone euro, alors même que l’inflation diminue sans cesse. L’indice d’inflation IPCH en zone euro est en effet ressorti à 1.2% le mois dernier, un niveau loin du seuil des 2% visé par la Banque centrale.
« C’est une bonne nouvelle pour notre économie, un plus pour la consommation et surtout les entreprises, car ce sont les prêts courts ou révisables qui vont en bénéficier», a de son côté indiqué Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de Cafpi, même si pour lui, la mesure devrait avoir, en ce qui concerne les prêts immobiliers, « pas beaucoup d’incidence sur les taux à long terme », lesquels étant « déjà historiquement bas ».
Des emprunts d’État attractifs
Certes, pour l’OAT, les taux sont déjà bas. Mais rien ne dit que les planchers soient atteints, au vu des dernières évolutions en termes de perspectives de croissance. Bruxelles a en effet indiqué en fin de semaine un report de l’objectif du ratio des 3% de déficit public sur PIB, ce qui devrait soulager le gouvernement dans sa recherche d’économies, et permettre d’échelonner dans le temps la réduction des déficits. De meilleures perspectives de croissance sur 2014 et 2015 pourraient ainsi avoir un impact positif sur le rendement de la dette. Rien ne dit que ceci ne puisse pas être interprété positivement sur les marchés de taux. On constate d'ailleurs pour l'heure une attractivité accrue de la dette française (qui se traduit actuellement par une baisse des taux de l’OAT).
Outre ce premier fait, le changement de la politique monétaire récemment intervenu au Japon, et l’accélération prévisible de la production monétaire, a provoqué un mouvement vendeur de la part de certains investisseurs sur les obligations d’Etat japonaises par crainte d’une reprise de l’inflation. Ces derniers ont arbitré en priorité en faveur de la dette européenne, et en particulier sur les dettes italiennes et françaises, qui ont toutes deux vu leurs rendements s’effondrer. On ne peut pas exclure la poursuite de ce mouvement, même si le geste de la BCE va effectivement réduire l’écart de rémunération entre les OAT françaises et les T-Bonds américaines. Si tel était le cas, une baisse des taux longs aurait nécessairement un impact à la baisse sur la courbe des taux de crédit immobilier. Ce sont donc principalement des éléments exogènes à la politique de la BCE qui expliquent pour l'heure cette baisse des taux de l'OAT 10 ans.
Car l’impact direct de la baisse des taux de la BCE sur ceux du crédit immobilier devrait être très limité, y compris sur les taux variables. Selon le courtier Emprunt Direct, « la baisse des taux de la BCE, et notamment celle qui touche la facilité de prêt marginal, pourrait avoir un très léger impact baissier sur les taux de l’Euribor 3 mois, lesquels sont le plus souvent pris en référence pour les prêts à taux variables ». Le repli de l’Euribor, qui représente le taux auquel se prêtent les banques sur les marchés interbancaires, sera toutefois nécessairement limité, lui-même gravitant autour de 0.20%.
