« La demande est bien trop importante par rapport à l’offre »

Nicolas Bouscasse est le président de la Chambre du Rhône de la FNAIM. Nous évoquons avec lui les chiffres de l'année 2019 en matière d'immobilier résidentiel à Lyon.

La Chambre du Rhône de la FNAIM a dévoilé ce matin les chiffres de l’immobilier ancien dans le Rhône et à Lyon. 2019 aura été une année exceptionnelle en termes de transactions, avec des volumes records…

Les ventes ont progressé pour dépasser le million de ventes au niveau national. Le Rhône suit cette tendance. On reste avec un secteur intermédié légèrement en érosion, mais qui reste très fort, à plus de 70%. En termes de prix, les augmentations restent importantes, mais ne sont pas détachées de celles que l’on avait eu en 2018. Il n'y a pas eu d' « effet turbo » en 2019. Avec les mouvements sociaux, on aurait pu craindre un report de certains achats, notamment en investissement, ce qui n’a pas été le cas, tant avec les gilets jaunes qu’avec les retraites. Le mouvement autour de la réforme des retraites en fin d'année a même peut-être donné l'idée à certains de se constituer un patrimoine immobilier...

Avez-vous constaté une part plus grande d'investissement locatif en 2019 par rapport à 2018 ?

On continue à acheter pour sa retraite, pour ses enfants. Contrairement à ce que notre président souhaitait, la réorientation de l’épargne des ménages vers le secteurs de l’entreprise et des marchés ne se fait pas. Dans une société qui va de plus en plus vite, et qui se cherche un peu, la pierre rassure. Et les ménages ne se trompent pas… Quelqu’un qui a acheté il y a 10 ans dans le Rhône a gagné au moins un tiers de la valeur vénale, tout en percevant des loyers. La pierre reste très attractive...

Si l’on veut faire un peu de perspectives, pour 2020, l'année devrait être la copie conforme de 2019. Tout est au vert. Au niveau économique, on a eu des tensions sur le Brexit, entre les Etats-Unis et la Chine, l’Iran, qui pourraient peser sur le marché national de l’immobilier… Et ce n’est pas le cas. Et apparemment, un bon nombre de ces problèmes sont réglés ou en passe de l’être. Au niveau de l'économie, on a des taux qui sont bas, et nous n'avons pas de prévisions d'augmentation de taux en 2020. On a par ailleurs une Métropole qui gagne 15.000 habitants par an, avec un secteur social qui n'arrive pas à tout absorber, et la construction qui n’a pas produit suffisamment de logement, du fait du retard du PLU-H, puis de la campagne politique. Je ne vois donc pas où est le feu rouge.

2020 sera donc le prolongement de l'année 2019 du point de vue des volumes...

Il sera sans doute un peu difficile de faire mieux, étant donné leur niveau... Mais on restera dans la même configuration.

Verra-t-on, selon vous, une modération de la hausse des prix en 2020 ?

Il n'y a aucune raison. Que quelqu'un développe des arguments sur une baisse des prix de l'immobilier à Lyon, je suis prêt à l'écouter…

Sans parler de baisse de prix, pourrait-on voir une modération de la hausse ? Bordeaux, qui avait vu ses prix nettement augmenter en 2018, a enregistré en 2019 une augmentation nettement moins marquée…

Non, car on ne peut pas comparer Bordeaux à Lyon. Lyon est le deuxième bassin économique de France, où il existe des projets d'implantation de structures plus ou moins importantes, continueront à se réaliser. Après, il y a un report vers l’aire urbaine pour des raisons de prix, mais aussi de modes de vie, qui sont un peu différents. Cette aire urbaine ne comprend pas que Lyon et la Métropole mais aussi Vienne, Villefranche, Bourgoin-Jallieu… Le constat d’une baisse de la dynamique, nous ne sommes pas prêts à le faire…

De la même façon, la perspective de voir se stabiliser des taux de crédit désormais très bas n'est-elle pas un élément de nature à contraindre la hausse des prix ?

Je ne pense pas qu’il n’y ait que le taux qui joue. Sur un an, on a perdu, en pouvoir d'achat immobilier, 2 m². L'économie est simple, c'est la loi de l'offre de la demande. Et aujourd'hui, la demande est bien trop importante par rapport à l'offre. Donc forcément, on a des augmentations de prix. Après, celles-ci sont bien sûr disparates, mais elles sont de manière générale assez fortes.

Sur le marché locatif, tire-t-on les mêmes constats ?

On a des problèmes de volume, avec une offre qui est inférieure à la demande. Le délai de relocation, lequel part de l'état des lieux de sortie jusqu'à l'état des lieux d'entrée, est aujourd’hui de 30 jours à Lyon. Or, dans ce délai, on compte toute la constitution du dossier. En réalité, pour louer un bien, il nous faut 15 jours. Et encore moins si c'est un bien à bon prix et bien placé…

Aujourd’hui, je n’ai pour ma part que quelques biens à louer. Depuis l’été 2018, je n’ai jamais connu ça. Avant l’été 2018, ce n’était pas comme ça, on avait des biens en grand nombre. A cette époque là, nous avions un grand nombre d’appartements à louer.

Nous avons donc une grande problématique d’offre. Ça se traduit en revanche moins sur l'augmentation des prix, du fait de la réglementation en matière de hausses de loyers.






Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Commentaires

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

(requis)

(requis)


Meilleursagents prévoit une baisse des prix à Paris et Lyon d’ici un an

nullSi le spécialiste de l’estimation immobilière en ligne anticipe une prévision de l’ordre d’1,1 million de ventes d’ici fin 2022, le cabinet anticipe pour 2023 un retournement du marché immobilier.


Immobilier : un volume de transactions en légère érosion en France

L’INSEE a fait part de ses indices des prix des logements anciens réalisées avec les notaires au titre des logements anciens.


Immobilier : des ventes en recul, mais des prix toujours en hausse

nullLe volume de transactions est en chute de plus de 7% en rythme trimestriel glissant, mais ceci n’impacte pas les prix, selon LPI Seloger. Ceux-ci restent en hausse, surtout en dehors de l’Ile-de-France.


Accalmie du marché immobilier, selon Immonot.com

Le site a fait part de son enquête réalisée en juillet 2022 sur la tendance du marché immobilier auprès d’études notariales réparties sur toute la France. Celle-ci confirme un ralentissement des ventes.


Les prix en baisse dans les arrondissements centraux de Lyon

Selon le baromètre mensuel de LPI-Seloger, les villes moyennes voient leur prix toujours en nette progression. Mais la hausse est moins marquée à Lyon, où les prix reculent même dans l’hypercentre.


Les notaires de France évoquent une stabilisation du marché immobilier

Dans leur dernière note de conjoncture, les notaires indiquent même qu’une décrue est enclenchée.


Les prix de l’immobilier reculent à Lyon

nullC’est ce qu’a indiqué la FNAIM dans son dernier baromètre mensuel de l’immobilier.


Guy Hoquet décrit « une période charnière » pour le marché immobilier

Le réseau a fait part cette semaine de son baromètre trimestriel. Il a notamment détaillé les principales tendances observées dans les marchés de la région, dont Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand et Annecy.


Les villes moyennes, moteur de la hausse des prix de l’immobilier

nullC’est le constat dressé par Orpi à l’occasion de son état des lieux du marché immobilier de ces 6 derniers mois.


La FNAIM évoque une « zone de turbulences » pour l’immobilier

nullLa fédération nationale de l’immobilier a tiré un bilan du marché immobilier sur la première partie de l’année. Si les prix sont en hausse dans la plupart des villes de France, ils reculent à Lyon et Paris.


Century 21 fait état de prix de l’immobilier records en France

Le réseau d’agences franchisées a fait part de son point trimestriel sur le marché immobilier national.


Lyon : les prix de l’immobilier en baisse

nullLPI-Seloger a communiqué son baromètre des prix de l’immobilier au titre du mois de mai. Ceux-ci reculent globalement dans la ville, et dans 4 arrondissements sur 9.


Les prix de l’immobilier progressent de 7%

L’INSEE a fait part vendredi de ses indices de prix des logements neufs et anciens au titre du premier trimestre 2022.


Immobilier : les prix demeurent en hausse, malgré une stabilité des ventes

Les indices Notaires-Insee des prix des logements anciens au titre du premier trimestre ont été publiés ce mardi. Une même tendance est perceptible en Auvergne-Rhône-Alpes.


La FNSafer appelle à la préservation du foncier agricole

La fédération nationale des Safer attend un renouvellement des générations en favorisant l’émergence de nouvelles solutions pour permettre concrètement les installations.