Jacqueline Osty, Grand Prix de l’urbanisme 2020

La paysagiste avait à deux reprises été lauréate du Grand prix national du paysage. Elle est l’auteur de nombreux parcs qui sont l’occasion de penser la relation entre ville et territoire.

Jacqueline Osty a été désigné Grand Prix de l’urbanisme 2020. Le jury, qui s’est réuni le 9 juillet 2020 à l’initiative d’Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au logement, a en effet décerné ce prix à cette paysagiste, qui a été déjà été lauréate à deux reprises du Grand prix national du paysage, en 2005 et en 2018.

Jacqueline Osty, née le 14 février 1954, est l’auteur de nombreux parcs en France et à l’international. Ceux-ci sont l’occasion de penser la relation entre ville et territoire, comme le parc Saint Pierre à Amiens, qui crée des liens entre la ville médiévale, celle des faubourgs, la ville de la reconstruction et des grands ensembles, ou encore le parc de Clichy Batignolles à Paris qui offre la nature en ville dans une approche écologique des sols vivants. Ce Grand Prix de l’urbanisme sera remis à la lauréate lors d’une cérémonie à la fin de l’année 2020.

Jacqueline Osty « conçoit aujourd’hui des morceaux de ville en s’inscrivant dans une géographie et l’urbanisme existant, et permettant d’être davantage résilients face aux bouleversements sociaux, économiques, climatiques et culturels », note le ministère chargé du logement. Parmi ses réalisations, on notera notamment le quartier Flaubert à Rouen qui fabrique une ville nature au bord de l’eau, ou la nouvelle phase du développement de l’île de Nantes remettant la Loire au centre du projet urbain qu’elle conduit avec l’urbaniste Claire Schorter.

« Un art urbain porteur d’une poétique de la nature »

« Jacqueline Osty fait partie d’une génération de l’école de paysage de Versailles marquée par la figure de Michel Corajoud. Elle fait preuve d’un fort engagement dans l’enseignement et la transmission de son savoir-faire à l’école du paysage de Blois. Le jury a salué la poésie de son œuvre, source d’émerveillement pour les usagers. Elle démontre que l’écologie est l’occasion de développer un art urbain porteur d’une poétique de la nature qui peut mettre en scène en pleine ville le spectacle des saisons », indique le ministère.

Le contexte dans lequel a été décerné ce Grand prix tend à valider l'approche de la paysagiste. Le 5ème Conseil de Défense Écologique du 27 juillet a en effet affirmé l’objectif de diviser par deux le rythme de l’étalement urbain dans les dix prochaines années, pour la protection de la nature et des terres agricoles. « Il est nécessaire de promouvoir et diffuser de nouveaux modèles d’aménagement qui prennent davantage en compte la place des sols naturels, forestiers et agricoles, d’innover pour transformer l’urbanisme existant et proposer une autre forme d’habitat qui offre à la fois qualité de vie, lien social et accès facile aux services et à la nature. À cet égard, l’apport de Jacqueline Osty est considérable : ses réalisations montrent de façon concrète que ces changements sont possibles et contribuent à un cadre de vie désirable », note le ministère.

Des nominés de qualité

Parmi les autres nominés, ont trouvait certains professionnels présents sur le territoire de la métropole de Lyon. Le jury a ainsi salué la très haute qualité des trois nominés, dont celle de l’AUC, présente à la Part-Dieu. L’équipe fondée en 1996 par Djamel Klouche, Caroline Poulin et François Decoster a participé à la réflexion sur le Grand Paris en 2008, et s’est engagée dans la régénération des grands ensembles comme les Courtilières à Pantin, et la reconversion de friches industrielles comme Fives-Cail à Lille. Outre la transformation du quartier de la Part-Dieu à Lyon, elle a également travaillé sur de nouveaux quartiers comme la Chapelle Internationale dans le XVIIIème arrondissement de Paris.

Le jury a également salué la qualité du travail de Laurent Davezies, économiste urbain, enseignant et auteur de nombreux ouvrages tels que « La République et ses territoires », « La crise qui vient » ou encore « Le nouvel égoïsme territorial ». Ses travaux portent sur des questions de développement régional et urbain, et l’analyse des mécanismes de redistribution inter-territoriale des revenus liés aux budgets publics et sociaux. Ils ont nourri des politiques urbaines locales, nationales et internationales.

L’autre nominé était Jean-Marc Offner, chercheur et enseignant, qui a travaillé notamment sur les sujets de la mobilité́, de l’action publique locale et de la gouvernance métropolitaine ou encore des procédures de planification. A la tête de l’A’urba (agence d’urbanisme Bordeaux- Aquitaine) depuis 2009, il publie en 2020 Anachronismes urbains, ouvrage qui ambitionne de briser les dogmes de la pensée urbaine qu’il considère obsolètes sur lesquels s’appuient l’urbanisme contemporain.

Un jury présidé par Stéphanie Dupuy Lyon

Parmi le jury du Grand prix de l’urbanisme 2020, on notera que la présidence était assurée par Stéphanie Dupuy Lyon, directrice générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN). Parmi les membres, on trouvait des élus, tels que Eric Piolle, maire de Grenoble, et Jean Rottner, président de la Région Grand Est, mais aussi des personnalités internationales, comme Kaye Geipel, rédacteur en chef adjoint de Bauwelt, Philippe Close, maire de Bruxelles, ou encore des professionnels.

Parmi eux, on trouvait ainsi Frédéric Bonnet, Grand prix de l’urbanisme, Alain Bourdin, chercheur et professeur à l’Ecole d’urbanisme de Paris, directeur de la Revue Internationale d’Urbanisme, Emmanuelle Cosse, consultante et ancienne ministre, Michel Desvigne, Grand prix de l’urbanisme, Eric Chenderovky, directeur de l’aménagement à la métropole de Strasbourg, Claire Guihéneuf, directrice générale de Brest Métropole aménagement, Guillaume Hébert, d’ « Une fabrique de la ville », et lauréat du palmarès des jeunes urbanistes, Ruth Marquès, présidente de section au Conseil général de l’environnement et du développement durable et enfin Delphine Négrier, Alphaville, lauréate du palmarès des jeunes urbanistes

Le jury comprenait également des personnalités qualifiées, telles que Antoine Loubière, rédacteur en chef de la revue Urbanisme, et Laurent Miguet, journaliste au Moniteur, ainsi que Aurélie Cousi, directrice chargée de l'architecture, adjointe au directeur général des patrimoines au ministère de la culture et de la communication.






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